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Pourquoi les Parisiennes succombent au vestiaire intemporel de Veronica Beard
Après avoir ouvert leur première boutique parisienne en juin dernier, Veronica Swanson Beard et Veronica Miele Beard poursuivent leur conquête de la capitale avec le Trailblazer Atelier, une expérience dédiée à leur célèbre Dickey Jacket. De passage à Paris, les fondatrices de Veronica Beard ont accordé un entretien à Numéro autour du style américain, des femmes qui les inspirent et de leur obsession pour le vestiaire idéal.
propos recueillis par Nathan Merchadier.
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Le rêve parisien de Veronica Beard
C’est dans les élégants salons du Plaza Athénée, à Paris, que l’on rencontre Veronica Miele Beard et Veronica Swanson Beard, belles-sœurs à la ville et associées en affaires, par un après-midi ensoleillé d’automne. Depuis le lancement de leur marque en 2010, “les Veronica’s” vivent un rêve éveillé. Il suffit de les écouter parler de leur marque pour mesurer l’enthousiasme qui les anime, tandis que les deux New-Yorkaises se renvoient la balle avec une complicité communicative.
De passage dans la capitale pour présenter leur dernière déclinaison autour du blazer, pièce maîtresse du vestiaire féminin qu’elles réinventent avec panache, les créatrices poursuivent une ambition qui n’a rien perdu de sa force. À savoir, imaginer une garde-robe élégante et intemporelle.
Depuis ses débuts, Veronica Beard cultive ainsi l’art des pièces bien pensées, qui allient allure et fonctionnalité. À l’image de son emblématique veste Dickey, un blazer orné d’un plastron zippé interchangeable. Rapidement adoptée par une clientèle internationale, la marque compte parmi ses adeptes des personnalités comme Kate Middleton, Selena Gomez ou encore Emma Watson.
Après avoir développé sa présence en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, la marque s’est offert, au mois de juin dernier, une adresse parisienne. Un choix évident, tant la ville lumière demeure une destination incontournable de la mode, que pour l’intérêt que les deux créatrices portent au style des Françaises.
Installée au 56 rue François-Ier, au cœur du Triangle d’Or, la boutique se déploie sur deux niveaux dans un décor chaleureux aux accents de boudoir. Pensée comme un véritable écrin, cette nouvelle adresse reflète l’élégance naturelle et le raffinement qui ont fait le succès de la marque. Une parenthèse luxueuse au cœur de Paris, appelée à devenir l’un des rendez-vous les plus désirables de la capitale. Rencontre.


L’interview des fondatrices de Veronica Beard
Numéro : On raconte que vous avez troqué l’effervescence new-yorkaise contre le charme de la ville lumière le temps de quelques jours. Qu’aviez-vous envie de venir célébrer à Paris ?
Veronica Swanson Beard : Nous sommes ici pour présenter notre Trailblazer Atelier, une expérience autour de notre veste Dickey, la pièce avec laquelle tout a commencé. Un blazer doté d’une fermeture Éclair, sous lequel viennent se fixer différents plastrons, que nous appelons les Dickeys.
Veronica Miele Beard : Ces Dickeys prennent la forme d’un sweat à capuche gris, d’un col en fausse fourrure, d’un pull en laine et même d’une veste en jean. L’idée est de créer un effet de superposition, sans avoir à porter toutes ces couches. Notre idée est de proposer une pièce que l’on peut porter de multiples façons. En voyage, par exemple, il suffit d’emporter plusieurs Dickeys pour composer des silhouettes très différentes à partir d’une seule veste. C’est à la fois un trompe-l’œil et un système interchangeable qui permet de réinventer son vestiaire sans cesse.
Veronica Swanson Beard : Nous proposons également de personnaliser la veste avec des mantras ou de petits messages. Sur la mienne, j’ai inscrit “Make it happen”, une phrase que j’aime beaucoup, ainsi que mes initiales. J’ai aussi ajouté “Marry me” sur un modèle que je porte avec mon jean Levi’s vintage ! Le blazer Dickey rencontre un formidable succès, et nous sommes ravies de voir à quel point les clientes se l’approprient.


Une mode intemporelle
Lorsque vous avez lancé Veronica Beard en 2010, vous expliquiez vouloir créer la garde-robe que vous ne trouviez pas ailleurs. Seize ans plus tard, qu’est-ce qui a changé dans la façon dont les femmes s’habillent ?
Veronica Swanson Beard : Au fond, notre cliente n’a pas beaucoup changé. Elle recherche toujours des vêtements dans lesquels elle se sent forte, élégante et sûre d’elle. Ce qui a changé, c’est la vitesse à laquelle la mode évolue. À nos débuts, nous disposions de six mois, voire d’un an, pour développer une collection. Aujourd’hui, tout se joue en trois mois à peine, avant que l’attention ne se porte déjà sur la prochaine nouveauté.
Veronica Miele Beard : En revanche, notre marque a énormément grandi pour devenir un vestiaire complet, avec des collections de denim, de chaussures, de maroquinerie et de bijoux. Je dirai également que notre développement international nous a encouragées à nous intéresser à des femmes aux modes de vie très différents.
Veronica Swanson Beard : Mais notre philosophie reste la même. Nous avons toujours voulu créer des pièces intemporelles, qui accompagnent les femmes saison après saison. Une veste parfaitement coupée, un beau jean, un manteau bien construit…
Après plusieurs années marquées par le règne du “quiet luxury”, constatez-vous le retour à une mode plus expressive, plus joyeuse ?
Veronica Miele Beard : Nous constatons un vrai retour du plaisir de s’habiller. Pendant plusieurs saisons, l’esthétique du “quiet luxury” imposait une approche très minimaliste. Aujourd’hui, la mode redevient plus expressive, plus personnelle.
Veronica Swanson Beard : On le voit notamment à travers les accessoires. Les ceintures, les foulards, les bijoux ou les gants retrouvent une place centrale. Ce sont de petits détails qui transforment complètement une silhouette.


Une marque créée par des femmes pour les femmes
Vous êtes associées, mais également belles-sœurs, ce qui est assez rare dans la mode. Comment cette relation nourrit-elle votre processus créatif ?
Veronica Swanson Beard : Nous sommes présentes à chaque étape du processus et nous débattons beaucoup. Nous aimons dire que nous avons “deux points de vue, mais une seule vision”. Souvent, les pièces qui rencontrent le plus de succès sont celles sur lesquelles nous nous sommes le plus opposées avant de trouver le bon équilibre.
Au moment d’imaginer une nouvelle collection, cherchez-vous d’abord une référence ou une émotion ?
Veronica Swanson Beard : Les deux. Parfois, tout part d’une image, d’un lieu ou d’une idée très précise. Nous avons par exemple conçu une collection inspirée de l’univers Denim & Diamonds au Texas. D’autres fois, c’est beaucoup plus instinctif.
Veronica Miele Beard : Mais nous revenons toujours à certaines figures qui nous inspirent. Bianca Jagger, Jane Birkin ou encore Kate Moss, des femmes dont le style traverse les époques et qui incarnent une forme d’élégance universelle.
Quelles sont les femmes qui vous inspirent aujourd’hui ?
Veronica Swanson Beard : Lou Doillon en fait clairement partie. Elle incarne une forme d’élégance intemporelle qui ne semble jamais forcée. Son allure est naturelle, spontanée, profondément authentique. C’est une femme qui inspire sans jamais chercher à le faire.
Veronica Miele Beard : Nous sommes également fascinées par les grandes sportives. Serena Williams en est l’exemple parfait. Elle représente une forme de puissance féminine moderne qui dépasse largement le cadre du sport. Nous nous intéressons de plus en plus à celles qui excellent dans des univers comme le tennis, le football ou encore la Formule 1. Elles incarnent cette assurance que nous souhaitons transmettre à travers nos collections.


Une première boutique parisienne
À l’ouverture de votre première boutique parisienne, comment avez-vous abordé le dialogue entre l’identité américaine de Veronica Beard et l’élégance associée à la mode parisienne ?
Veronica Miele Beard : Au départ, nous avons ressenti une forme de syndrome de l’imposteur. Paris reste un symbole absolu de la mode. Puis, nous avons réalisé que personne n’exigeait que nous devenions une marque française. Les Parisiennes veulent découvrir notre vision, notre identité et notre manière très américaine de penser le vêtement.
Veronica Swanson Beard : Aujourd’hui, la mode est devenue un langage international. Les créateurs américains s’inspirent de Paris, les Japonais réinterprètent le sportswear américain et les collaborations multiplient les croisements culturels.
Veronica Miele Beard : Nous sommes fières de nos racines américaines. Veronica Beard s’inscrit dans la tradition héritée du sportswear, avec une approche pragmatique, toujours tournée vers l’élégance.
Habiller les femmes d’aujourd’hui
Seize ans après la création de Veronica Beard, qu’est-ce qui vous enthousiasme encore le plus dans cette aventure ?
Veronica Miele Beard : Honnêtement, nous adorons toujours autant ce que nous faisons. Chaque jour apporte son lot de nouvelles idées et cette énergie créative ne nous a jamais quittées.
Veronica Swanson Beard : Ce qui est le plus gratifiant, c’est de voir nos vêtements portés dans la vraie vie. À New York comme à Paris, nous croisons régulièrement des femmes qui portent Veronica Beard. Voir comment elles s’approprient les pièces est une source d’inspiration permanente.
Si vous deviez lancer Veronica Beard aujourd’hui, dans un paysage de mode radicalement différent, quel pari referiez-vous sans hésiter ?
Veronica Swanson Beard : Nous referions sans hésiter le même pari : celui de créer la veste parfaite. C’est souvent la première chose que l’on remarque lorsqu’une femme entre dans une pièce. Elle révèle quelque chose de sa personnalité, de son allure et de sa manière d’habiter l’espace.
Veronica Miele Beard : Bien sûr, bâtir une marque autour d’un tel produit demande du temps et de la patience. Mais c’est aussi ce qui lui donne sa force et sa longévité. Les tendances vont et viennent, tandis qu’une pièce bien pensée trouve naturellement sa place dans le vestiaire des femmes.








