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Les meilleurs films d’horreur féministes à (re)voir pour Halloween
De Jennifer’s Body à Grave, ces films d’horreur mettent en scène des héroïnes qui échappent aux normes, reprennent le contrôle de leur corps ou se transforment en véritables cauchemars pour la société. Voici 7 œuvres pour frissonner devant autre chose que des monstres.
par Chloé Multon,
et Violaine Schütz.
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Et si, cette année, Halloween était l’occasion de regarder l’horreur (au cinéma) autrement ? Derrière les corps mutilés et les scènes insoutenables, certains films racontent surtout ce que signifie être une femme dans une société qui cherche à contrôler son corps ou ses désirs.
De la vengeance sanglante aux métamorphoses monstrueuses, le cinéma d’horreur est devenu l’un des terrains de jeu privilégié pour les réalisatrices qui détournent ses codes et renversent les rapports de force. Des héroïnes qui refusent de se laisser dicter leur conduite aux créatures qui incarnent les peurs les plus enfouies, voici les meilleurs films d’horreur féministes à (re)découvrir pour Halloween.
Les films d’horreur féministes à voir pour Halloween
Le plus intense : The Substance avec Demi Moore
Dans The Substance (2024), un contenu mystérieux permet à Elisabeth Sparkle, ancienne star de la télévision incarnée par Demi Moore, de donner naissance à une version plus jeune et plus séduisante d’elle-même, interprétée par Margaret Qualley. Une promesse de perfection qui se révèle rapidement destructrice, à mesure que les deux femmes se livrent une lutte sans merci pour exister.
Derrière ses métamorphoses et sa mise en scène volontairement outrancière, le film dénonce une industrie du divertissement qui condamne les femmes à vieillir dans l’ombre. Cette critique prend une dimension particulière à travers son casting. D’un côté, Demi Moore, dont la carrière a elle-même été marquée par les injonctions physiques d’Hollywood et qui a eu recours à la chirurgie esthétique. De l’autre, Margaret Qualley, qui possède une allure de mannequin. Ensemble, elles révèlent deux facettes d’une même obsession : celle d’une société qui valorise la jeunesse tout en condamnant celles qui tentent par tous les moyens de la conserver. (CM)
The Substance (2024) de Coralie Fargeat, disponible sur Canal VOD.
Le plus radical : Revenge de Coralie Fargeat
Avant la claque The Substance, Coralie Fargeat signait avec le brutal et radical Revenge (2017), une première claque sanglante. Matilda Lutz y incarne Jennifer, une jeune femme violée puis laissée pour morte dans le désert après une partie de chasse organisée par trois amis dont l’un est son amant. Sa survie déclenche une traque envers des hommes puissants : trois riches chefs d’entreprise quarantenaires, mariés et pères de famille. Entre le thriller de survie et le rape and revenge movie, le long-métrage met en scène la revanche violente et gore d’une femme agressée, interrogeant au passage la manière dont on traite et regarde les victimes de VSS. Il renverse d’ailleurs les rôles, tranchant avec beaucoup d’autres films réalisés par des hommes : dans une grande partie des scènes montrées, ce sont les hommes qui sont traqués. (VS)
Revenge (2017) de Coralie Fargeat, disponible sur Canal VOD.
Le plus gore : Grave avec Garance Marillier
Une école vétérinaire, un bizutage et un morceau de viande crue : il n’en faut pas davantage pour faire basculer le quotidien de Justine dans l’horreur. Avec Grave (2017), Julia Ducournau suit une adolescente végétarienne dont les premières expériences à l’âge adulte réveillent un appétit inavouable. Le cannibalisme devient le point de départ d’une exploration troublante du désir et des limites du corps humain.
Sorti en 2017, le film a marqué les esprits par ses scènes sanglantes, parfois difficiles à soutenir, qui lui ont valu une réputation sulfureuse. Mais réduire Grave à ses images choc serait passer à côté de ce qui fait sa singularité. Julia Ducournau filme la découverte de soi comme une expérience physique, faite de sensations nouvelles, de honte et de pulsions impossibles à contenir. Un premier film osé, dans lequel Garance Marillier subjugue, où les excès du gore servent une question plus intime : que faire de cette part de soi que l’on préférerait ne jamais découvrir ? (CM)
Grave (2017) de Julia Ducournau, disponible sur HBO Max.
Le plus métaphorique : It Follows avec Maika Monroe
L’excellent It Follows est un film qui nous poursuit longtemps après visionnage. Sorti en 2015, le long-métrage de David Robert Mitchell (Under The Silver Lake) met en scène Jay, une jeune femme (incarnée par la formidable Maika Monroe) d’une banlieue de Detroit qui a une relation sexuelle avec un jeune homme qui finit par l’endormir avec du chloroforme. Quand l’étudiante se réveille, elle apprend qu’une entité mystérieuse la traquera sans relâche, en prenant parfois l’apparence d’inconnus. Elle va devoir fuir sans arrêt. Métaphore des agressions sexuelles et des traumatismes qui nous poursuivent, It Follows explore la sexualité sous un angle des plus effrayants. Un film d’épouvante aussi profond que visuellement splendide. (VS).
It Follows (2015) de David Robert Mitchell, disponible sur Canal VOD.
A Girl Walks Home Alone at Night
Le titre du film A Girl Walks Home Alone at Night évoque d’emblée la peur féminine universelle qui consiste à ne pas se sentir rassurée lorsqu’on marche, le soir ou la nuit, seule, dans le noir. Derrière cette formulation, se cache un long-métrage iranien réalisé par une femme (Ana Lily Amirpour) qui séduit par son noir et blanc sublime et sa façon, originale, d’aborder le vampirisme sous un prisme féminin dans une ville iranienne fictive, Bad City. Ici, la cinéaste renverse les rôles : l’insécurité ressentie par les femmes et l’angoisse du harcèlement et des agressions dans des rues sombres change de camp. En effet, ici, c’est une femme qui joue le rôle du prédateur qui punit les hommes violents. (VS)
A Girl Walks Home Alone at Night (2014) d’Ana Lily Amirpour, disponible sur Canal VOD.


Le plus culte : Jennifer’s Body avec Megan Fox
Jennifer’s Body (2009) détourne les codes du teen movie pour en faire une comédie horrifique sanglante. Campée par Megan Fox, Jennifer est la lycéenne dont tous les garçons rêvent, jusqu’à ce qu’une possession démoniaque transforme sa beauté en arme de séduction meurtrière. Sa meilleure amie Needy, interprétée par Amanda Seyfried, assiste impuissante à cette métamorphose et tente de protéger ceux qui croisent désormais le chemin de la jeune femme.
Entre humour noir et scènes gores, le film joue avec l’image de la bombe adolescente pour mieux en renverser les codes. Derrière son apparence de film d’horreur pour adolescents se dessine une satire des fantasmes masculins et de la manière dont le corps féminin est transformé en spectacle. Porté par le duo contrasté formé par Megan Fox et Amanda Seyfried, le film mêle fantastique, horreur et comédie sans renoncer à son ton insolent. (CM)
Jennifer’s Body (2009) de Karyn Kusama, disponible sur Netflix et Disney+.
Le plus teenage : Carrie au bal du diable
Avec le film initiatique culte Carrie au bal du diable (1976), Brian De Palma adapte Stephen King en suivant une lycéenne persécutée par ses camarades et élevée par une mère fanatique. Lorsque ses pouvoirs télékinétiques se manifestent, les humiliations accumulées trouvent une issue terrifiante. Difficile d’oublier la fameuse scène des vestiaires qui en dit long sur la cruauté des mécaniques de groupe et la difficulté d’être une adolescente.
Sissy Spacek est phénoménale dans la peau de Carrie White qui se retrouve perturbée par le nouveau fonctionnement de son corps. Sa féminité devient alors une faute et quelque chose de monstrueux et elle a honte de qui se passe. Et ses camarades la punissent. Sa vengeance résonne comme une émancipation salvatrice et sanglante. (VS)
Carrie au bal du diable (1977) de Brian De Palma, disponible sur Prime Video et sur Canal+.






