World Supersport (SSP) : Albert Arenas (Yamaha R9), champion du monde 2026 de la régularité

De la même manière que Marc Marquez en MotoGP en 2013, Albert Arenas ne s’est pas contenté d’être le meilleur rookie de l’année pour sa première saison, il est allé chercher le titre World Supersport 2026 au Portugal sur le circuit d’Estoril sur sa Yamaha R9. Valentin Debise a, lui, été sacré vice-champion pour la première saison avec sa ZX MOTO 820 RR.

Albert Arenas n’a pas eu besoin de gagner à Estoril pour devenir champion du monde Supersport. Une quatrième place lors de la première course du week-end, le samedi 10 octobre, lui a suffi pour assurer le titre avant la seconde manche du dimanche et la dernière épreuve de la saison qui se disputera à Jerez. À une manche de la fin, l’Espagnol comptait 73 points d’avance sur Valentin Debise, son dernier rival mathématique. Un week-end complet offrant 50 points au maximum, le suspens a pris fin.

Ce sacre récompense avant tout une saison particulièrement solide et régulière. Pour sa première année en WorldSSP, Arenas a rapidement trouvé ses marques au guidon de la Yamaha R9 de l’AS BLU CRU Racing Team et cela dès l’ouverture en Australie. Transfuge du championnat Moto2 au sein duquel il avait montré sa vitesse, tout comme lors de sa pige en Endurance EWC au sein du SERT pour la manche de Suzuka, Arenas a donc trouvé une place de choix en championnat Supersport, faute de décrocher un accès en MotoGP. Le pilote espagnol avait pourtant encore beaucoup à apprendre sur une partie des circuits du championnat WSS et avait abordé la saison avec une préparation limitée. Cela ne l’a pas empêché de remporter la course 2 dès l’ouverture à Phillip Island, puis de s’imposer au Balaton Park et à Misano.

Mais le chiffre le plus parlant reste celui de ses podiums. Arenas en a signé 16 en 21 courses, dont 11 sur la deuxième marche. Dans une catégorie où neuf pilotes différents ont remporté au moins une course cette saison, sa capacité à rester aux avant-postes et sa régularité ont fait la différence.

Du Champion Moto3 au Champion Supersport

A 29 ans, le pilote espagnol peut espérer une belle carrière en Supersport et Superbike, voire en Endurance.

Arenas connaît déjà la douce saveur d’un titre mondial. En 2020, il avait remporté le championnat Moto3, avant de poursuivre sa carrière en Moto2. Son passage dans la catégorie intermédiaire lui a permis d’accumuler de l’expérience au plus haut niveau, mais ça ne voulait pas dire que l’adaptation au Supersport sur des motos nettement moins rigides, serait facile. La réponse est désormais claire. L’Espagnol a signé l’une des saisons de rookie les plus convaincantes de ces dernières années.

Son sang-froid a également compté. Lorsqu’il ne pouvait pas jouer la victoire, Le n°75 a su limiter les dégâts et préserver son avance. Une approche qui contraste avec les erreurs et les incidents ayant parfois coûté cher à certains de ses adversaires, à commencer par Can Öncü, auteur d’une chute à Estoril alors qu’il figurait parmi les principaux animateurs de la course. Dans un championnat aussi disputé, la moindre erreur coûte tout de suite très cher au championnat et le pilote Turc est aussi véloce que prompt à trop en faire.

La Yamaha R9 s’adjuge de nombreux titres. Le modèle Yamaha a pu aussi s’appuyer sur le nombre de R9 alignées au départ.

Transfuge du Moto2, Arenas est un pilote complet, qui roule vite sur tous les circuits.

En Supersport, Arenas a retrouvé la bataille que l’on peut voir en Moto3 !

À Estoril, Arenas a d’ailleurs dû batailler jusqu’au bout. Parti de la troisième ligne, il s’est rapidement retrouvé dans le groupe de tête et a même pu envisager la victoire. Il a finalement terminé quatrième, derrière Tom Booth-Amos, Oli Bayliss et Jeremy Alcoba. Une place en dehors du podium, suffisamment rare cette saison pour être soulignée, mais qui l’a sacré champion, offrant par la même occasion un douzième titre constructeurs en WorldSSP à Yamaha qui fait alors briller la R9, remplaçante de la R6, une icône parmi les motos du championnat.

Valentin Debise et ZXMOTO, une première saison remarquable

Face à Arenas, Valentin Debise a pourtant disposé d’un argument de poids, la victoire. Le Français a remporté deux fois plus de courses que l’Espagnol, mais il a moins souvent terminé sur le podium. Le Français compte neuf podiums, contre seize pour son rival. Cette différence résume assez bien la saison. Le pilote ZXMOTO a souvent réussi à tirer très bon parti de sa moto chinoise, mais n’a pas réussi à maintenir le même niveau de constance sur l’ensemble du championnat.

Mais, à l’image de son week-end à Estoril, le n°53 a souvent fait preuve de détermination au cours de la saison, même lorsque les batailles semblaient perdues d’avance. Parti de la 17e position après une Superpole compliquée au Portugal, Debise est retombé jusqu’au 22e rang dans le premier tour avant de remonter jusqu’à la sixième place.

Valentin Debise, World Supersport Phillip Island, ZXMoto

Valentin Debise qui a réellement fait briller les couleurs du nouveau constructeur chinois ZX MOTO. Sous l’ombrelle n’est autre que Zhang Xue, le patron de la marque. Même si cette présence relève d’un coup de communication, cela démontre l’intérêt du fondateur de la marque pour le sport moto.

Avec la ZXMOTO engagée par Evan Bros, le Français a contribué à installer le nouveau constructeur parmi les références du WorldSSP dès la première saison de cette machine. Ses victoires ont démontré le potentiel de la 820 RR, tandis que ses performances ont régulièrement bousculé les marques déjà établies. Le titre lui échappe, mais le bilan sportif de cette campagne reste particulièrement encourageant pour la suite du projet. Et il peut quand même  se consoler avec le « titre » de vice-champion du monde Supersport.

 


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