Essai ZX MOTO 500 RR : aussi creuse que pleine !

Enfin ! Nous avons enfin essayé la nouvelle ZX MOTO 500 RR ! Une nouveauté 2026 qui arrive tardivement et qui marque surtout l’arrivée du constructeur chinois ZX Moto sur le marché français. La 500 RR revendique une sportivité affirmée, des performances élevées pour une « 500 cc » et une qualité au top. Il fallait vérifier tout cela !

ZX MOTO, encore une marque chinoise et j’entends déjà certains lecteurs crier au scandale devant l’enthousiasme de l’intro de cet article. Et c’est vrai… Nous essayons tellement de motos chinoises. Ce n’est plus moto-station, mais china-station… Ces lecteurs n’auront pas tout à fait tort, mais en même temps (dit Macron, oups !), nous ne faisons que suivre l’actualité du marché. Et si l’on se réfère au dynamisme de ces néo constructeurs, il est alors impossible de passer outre. Et d’autant plus que le marché moto est largement porté par les immatriculations des motos de chez CF MOTO, Voge, Benda, Zontes ou QJ Motor et ZX MOTO qui vient maintenant enrichir cette offre.

La ZX MOTO 500 RR est donc : 

  • Une nouveauté chinoise, encore une !
  • La première moto de la gamme ZX Moto à être vendue en France
  • Une sportive, homologuée permis A et A2, répondant à Euro5+
  • Une phase 1 puisqu’il y aura par la suite une phase 2
  • Une moto aussi creuse en moteur que pleine de potentiel et, déjà, de vraies qualités
  • 6 999 €, garantie 3 ans, un équipement au top, une fabrication étonnante à ce prix, ça semble imparable

Les conditions de l’essai : merci à Cottard Moto

Exceptionnellement, nous avons sollicité un revendeur pour faire ce premier galop d’essai. Tout simplement parce que la présentation presse officielle se déroulera sous peu, alors que certains essais ont été publiés sur youtube ou le net. S’il s’agissait d’une moto lambda, passons, mais la ZX MOTO 500 RR est une moto sensible, marquant l’arrivée d’un constructeur que toute la presse attend et pas que… Les importateurs japonais et les autres distributeurs chinois scrutent tout particulièrement cette venue, ZX Moto ayant beaucoup fait parler d’elle par ses performances en mondial supersport, le positionnement dynamique de la marque, les déclarations de son patron fondateur Zhang Xue qui incarne tellement sa marque à l’instar des grands patrons Européens de la moto alors que les patrons chinois se font totalement discrets. Aussi, merci beaucoup à Quentin Levrier, de l’emblématique concession Cottard Moto à Maromme (76) près de Rouen pour le prêt de la moto. En Normandie, c’est chez Cottard Moto que vous retrouverez les ZX Moto.

Vidéo de l’essai de la nouvelle ZX MOTO 500 RR : 

YouTube video

Premier regard, style et finition : 4/5

Ça commence fort ! 4/5 alors que nous attribuons rarement cette note, c’est pas comme les avis pipés sur Google… toutefois, nous donnons la note presque maximale à ce chapitre en prenant évidemment en compte le prix ahurissant de la moto : 6 999 €. Et c’est vrai qu’une fois ce paramètre intégré, il est réellement difficile de faire autrement.

Le style est réussi, sans être très original. Clairement, la ZX Moto 500 RR rappelle beaucoup de motos sportives, dont la CBR 1000 RR par exemple, la Ducati Panigale V4 aussi, bref, elle n’est pas innovante, mais elle est bien dessinée, bien proportionnée, la taille mannequin aussi sans être anorexique. Pour les ailerons, on va dire que c’est une question de goût et de mode… Les MotoGP vont partiellement abandonner cela en 2027 et, comme on le pressent, les sportives aussi vont suivre cette tendance. Et vous verrez que la prochaine sportive à connaitre le succès sans avoir d’ailerons sera suivie d’une floppée de motos qui vont aussi s’en débarrasser car l’utilité réelle de ces appendices relève d’un usage extrême sur circuit et à haute vitesse ou fortes accélérations, donc bon, sur la route à 90 km/h…

Côté finition, à 6 999 €, avoir un aussi joli monobras en alu, une belle jante arrière comme celle-ci, un beau té de fourche usiné, des retours de carénage impeccables et des câbles super bien guidés, et bien, c’est redoutable. Mais, et c’est maladroit de la part de ZX Moto, le sticker ZX Moto qui prend place sur le réservoir est indigne des qualités de cette moto. Une bavure ! Reste que, à ce prix, que valent les matériaux qui ont servi à la construction ? L’aluminium du monobras de cette moto est il d’une qualité similaire à celui d’une moto à 15 000 € ? 20 000 € ? On peut se poser la question et alors quid du vieillissement de la moto ? En voyageant en Chine pour visiter quelques usines les mois derniers, nous avons appris que les industriels chinois conçoivent leurs motos pour une durée moyenne de 10 ans, de 30 000 km, c’est très éloigné de la vision des constructeurs japonais. Surtout des motos japonaises haut de gamme des années 90-2000, dont bon nombre sont tout simplement increvables. Mais c’est un autre débat…

Vie à bord : 4/5

Découvrir la moto, la détailler, c’est bien et si nous en prenions les commandes. La 500 RR ne triche pas sur sa cylindrée, à la limite, elle se montre presque plus compacte qu’elle ne le laisse croire. C’est une 470 cm3 et l’on pourrait dire qu’elle rivalise avec les 400/450 4 cylindres du marché. La moto apparait légèrement longue, ce que son empattement de 1395 mm ne confirme pas, bien au contraire, mais elle est logeable en longueur. On peut se reculer aisément à bord. Côté hauteur de selle, avec 800 mm, elle est vraiment raisonnable. Si l’on y ajoute son étroitesse de petit cigare, cela nous donne une vraie moto compacte. Tant mieux, il y a des sportives de 600/650 qui font « grosse vache »… Certes, pour se sentir bien à bord de la ZX, mieux vaut ne pas dépasser 175 ou 180 cm. Sans quoi, la moto pourrait vous apparaitre petite, mais c’est une 500 cm3 après tout.

Le triangle de position n’est pas extrême. Mieux, la 500 RR est assez reposante de position pour une sportive avec des demi guidons montés avec un déport pour les relever et une distance selle-repose-pied qui déplie suffisamment les « jambons ». Moralité, la position est loin d’être un critère inquiétant dans le cadre d’un usage sur route et voire-même au quotidien. Il faudra, bien sûr, ne pas se cantonner à la ville avec une telle mini fusée.

Moteur : 3,5/5

Il y a du très bon, du bon, du moins bon. Du côté du très bon, citons la sonorité. Quelle bonheur ce chant cristallin de 4 cylindres en ligne qui chante dans les aigues ! ni trop faible, ni trop fort, presque une bande son façon racing homologué ! Di-vin ! C’est un argument à plus d’un niveau et même pour une balade de 30 minutes, la bande son participera pleinement au plaisir, le top !

Mettre des coups de gaz, grâce à cette expression pleine de promesses, est déjà un vrai ravissement. Aussi, cela permet de constater la clarté du moteur, l’absence marquante de vibrations durant les montées en régime, la bonne connexion poignée (par câble) et injection. Comme une bonne japonaise en fait… se dit-on à ce moment-là.

Allez, c’est parti. La première est engagée et la sélection est précise, elle n’accroche pas, se verrouille bien. Et durant ce petit galop de moins de 100 km, il n’y aura eu aucun faux point mort, aucune vitesse ratée sur un bloc accusant 470 km. En outre, le point mort est facile à trouver.

La connexion, soit le feeling, entre la poignée et le pneu arrière est très bonne. C’est souvent le cas avec les accélérateurs par câble, mais ça se confirme ici, avec une cartographie d’injection qui ne souffre pas d’un ralenti instable, d’un défaut de remplissage à mi régime au passage des régimes de test des normes, etc,. Bref, ça répond proprement et c’est très bien fait. Tout ceci est donc bon, voire très bon.

Ce qui est moins bon, c’est en premier lieu, le côté assez creux et partiellement attendu de ce moteur. Moins de 500 cc, 470 cm3 exactement et 4 cylindres en ligne, forcément, c’est creux. Sauf qu’il m’est apparu plus creux encore que ce à quoi je m’attendais. Sous 8 000 trs/min, il n’y a rien d’autre que de la disponibilité linéaire, de la souplesse typique d’un 4 en ligne.

Certes, c’est souple et quand même onctueux, mais il y a un léger palier à 4 000 trs/min, un léger rebond à 6 000 trs/min, puis ça se réveille à 8 000 pour commencer à pousser vers 9 000 trs/min. Donc, c’est creux, c’est certain. Sur circuit, on s’en fichera, il faudra rouler entre 10 000 trs/min et 13 500 trs/min pour ceux qui savent le faire. Sur la route, il y a le mode d’emploi de ces petites sportives explosives à 4 petits pistons.

En outre, après 20 kilomètres, je me suis quand même dit que la Kawasaki ZX4RR ou la QJ Motor SRK 421 apparaissent moins creuses à l’essai, de souvenir certes, mais tout de même. Mais, c’est aussi la faute à une démultiplication qui apparait très longue sur la ZX Moto. Voilà qui n’arrange rien pour les reprises et les relances à mi régimes, mais à l’inverse, cela soulage le moteur sur autoroute. La ZX MOTO pourra cruiser à 130 km/h voire plus sans fatiguer car elle affichera environ 8 000 trs/min à son régime et il reste beaucoup d’allonge derrière.

En revanche, passé 9 000 trs/min, là, ça envoie ! ça envoie fort, ça tire jusqu’au bout, ça miaule, ça chante dans la boîte à air, les rapports défilent sous la charge et avec le shifter up. Grisante, bouillante, énergisante ! Et là, on devine le potentiel de cette ZX Moto 500 RR qui apprécie d’être pilotée comme elle doit l’être. Pour le fun, les perfs, c’est génial et on s’éclate, mais il faudra choisir son terrain d’expression. Le circuit évidemment, une bonne spéciale de course de côte, mais loin des radars jumelles des hommes en bleu. La sanction sera de la partie sinon.

Un petit mot sur la consommation avec ce court test. 5,3 l/100 km avec l’huile de rodage, moteur non rodé et quelques accélérations… sans doute pas révélateur, mais tablons que 5 l/100 km de moyenne doivent être jouables.

Comportement : 4/5

Disons-le de suite, le comportement est globalement très bon. Déjà, la légèreté de la moto est palpable rien que lors des mouvements : 158 kg à sec, 168 kg en ordre de marche, c’est annoncé très léger cette moto ! Pour autant, les 168 kg annoncés le sont-ils avec le plein à 100 % ? Il faudra peser la moto à la rédaction pour en être certain. En dehors de ces considérations suspicieuses, la moto est réellement très légère. Les premiers kilomètres le montrent, l’allure plus dynamique encore davantage ! La ZX MOTO 500 RR est une vraie lame en virage. Toutefois, peut être était ce une question de profil de pneus (CST racing), mais le déclenchement du virage est un peu désagréable, légèrement pataud. On a l’impression d’avoir un pneu arrière légèrement aplati par l’usure sur autoroute alors qu’il était neuf. Idem, nous n’avons pas vérifié la pression, mais Quentin de la concession qui ne plaisante pas avec ce genre de détail a appliqué la pression conseillée, laquelle mériterait peut-être d’être remise en question pour corriger ce point. A voir lors de notre prochain test plus complet. D’une façon générale, sans doute que personne ne remettra les pneus CST de série qui ne seront pas commandés pour des raisons logistiques. Pour la route, des excellents Bridgestone S23 ou des non moins excellents Dunlop SportSmart MK4 feront l’affaire et pour le circuit, des Pirelli Supercorsa et gaz !

En dehors de cela, le comportement apparait très bon, même si nous avons manqué de roulage. La tenue de cap sur autoroute a été très convaincante, la moto ne bouge pas. La rigueur en virage est très bonne et ZX a bien bossé sur la géométrie. On peut légèrement freiner sur l’angle sans voir la direction se raidir et la moto tendre à se relever. A l’inverse, le frein arrière en courbe apporte de quoi resserrer une trajectoire, mais surtout, par dessus tout, la ZX Moto est très efficace dès lors qu’il faut plonger à la corde au relâché de frein et aussi serrer le virage à l’intérieur. Là, elle est redoutable de facilité et déconcertante de légèreté. En fait, elle donne vraiment envie de rouler sur piste. Cette moto se dégustera pleinement sur un petit tracé bien technique et sinueux.

Le freinage est à la hauteur, aucun problème avec les étriers Taisko et la puissance est là avec un matériel à peine rodée alors. Du côté des suspensions, visiblement, la moto est arrivée de Chine sans aucun accord de suspensions. L’avant était plutôt bon, avec un comportement cohérent en enfoncement (compression) comme en détente. L’amortisseur, lui, était une pompe à vélo. Du coup, la moto était aussi légèrement affaissée de l’arrière, mais même ainsi, elle était déjà plaisante sur la route. Avec un peu plus de temps, il aurait fallu ralentir les hydrauliques, modifier la précontrainte, bref, il y avait un peu de boulot, à faire sur une portion test. Mais les suspensions YU-AN semblent travailler correctement. Il y aura un autre essai sur route et un sur circuit pour mieux évaluer cet aspect. Et puis, ne l’oublions pas, les entreprises qui fabriquent des suspensions (Ohlins, Bitubo…) proposeront rapidement des kits pour cette moto.

Equipement : 4/5

De série, rappelons quelques équipements et données : 

  • Pistons forgés  / Traitement de l’axe par DLC (diamond Like Carbon) pour renforcer l’axe
  • Revêtement céramique anti friction pour diminuer les inerties, assurer de meilleures montées en régime
  • Embrayage anti dribble, marque non mentionnée
  • Arbre à cames en alliage choisi par ZX MOTO pour assurer la résistance malgré les hauts régimes
  • Centrale inertielle 6 axes Bosch Freinage en courbe
  • Alimentation Bosch
  • Cadre en acier de 13,5 kg , partie arrière non boulonnée et donc solidaire du cadre avant pour une logique d’économie
  • Monobras oscillant en alu, très beau ! quid du vieillissement des matériaux ?
  • Poids 168 kg en ordre de marche mais sans savoir si c’est à 100% plein ou pas ?
  • Puissance : 84 ch à 13 500 trs/min (ce qui est moins de régime que la Kawasaki ZX-4RR)
  • Couple : 46 Nm à 11 500 trs/min
  • Suspensions YU-AN ajustables
  • Fourche inversée diam 41 mm
  • Etriers et freins de chez Taisko
  • Pneus CST, pneu arrière en 180/55 X 17, dimension classique
  • Empattement 1395 mm
  • Selle : 800 mm
  • Réservoir 15 litres
  • 3 modes de conduite + 2 modes paramétrables
  • Quick shifter up
  • accélérateur par câble
  • Launch control pour enregistrer le zéro à 100 km/h

Conclusion : une 500 RR qui respire la passion ! une nouveauté qui va booster le segment des sportives de moins de 600 cm3

Ce premier essai nous l’attendions comme un fan de Marvel attend la sortie du nouveau spiderman… Et sans doute un peu trop d’ailleurs car il faut savoir tempérer son enthousiasme en descendant de la moto. C’est le cas ici, rassurez vous ! Déjà, soulignons la qualité globale, la finition des pièces périphériques, le soin apporté à la moto – immonde sticker de réservoir excepté – Ensuite, c’est une moto facile, pas radicale pour une sportive et qui montre un haut niveau de performances. L’agrément, lui, souffre du caractère creux (auquel on s’attendait) mais aussi d’un braquet très long visiblement. Donc, c’est un point à améliorer. Pour le reste, sonorité envoutante, prises de régimes grisantes, agilité de tous les instants et l’envie qu’elle donne de rouler sportivement… C’est vraiment une moto passion et ça fait du bien de voir arriver de telles propositions. Enfin, 6 999 €, pour une moto comme ça… c’est redoutable. A confirmer par un vrai essai.

Enfin ! Nous avons enfin essayé la nouvelle ZX MOTO 500 RR ! Une nouveauté 2026 qui arrive tardivement et qui marque surtout l’arrivée du constructeur chinois ZX Moto sur le marché français. La 500 RR revendique une sportivité affirmée, des performances élevées pour une « 500 cc » et une qualité au top. Il fallait vérifier tout cela !

ZX MOTO, encore une marque chinoise et j’entends déjà certains lecteurs crier au scandale devant l’enthousiasme de l’intro de cet article. Et c’est vrai… Nous essayons tellement de motos chinoises. Ce n’est plus moto-station, mais china-station… Ces lecteurs n’auront pas tout à fait tort, mais en même temps (dit Macron, oups !), nous ne faisons que suivre l’actualité du marché. Et si l’on se réfère au dynamisme de ces néo constructeurs, il est alors impossible de passer outre. Et d’autant plus que le marché moto est largement porté par les immatriculations des motos de chez CF MOTO, Voge, Benda, Zontes ou QJ Motor et ZX MOTO qui vient maintenant enrichir cette offre.

La ZX MOTO 500 RR est donc : 

  • Une nouveauté chinoise, encore une !
  • La première moto de la gamme ZX Moto à être vendue en France
  • Une sportive, homologuée permis A et A2, répondant à Euro5+
  • Une phase 1 puisqu’il y aura par la suite une phase 2
  • Une moto aussi creuse en moteur que pleine de potentiel et, déjà, de vraies qualités
  • 6 999 €, garantie 3 ans, un équipement au top, une fabrication étonnante à ce prix, ça semble imparable

Les conditions de l’essai : merci à Cottard Moto

Exceptionnellement, nous avons sollicité un revendeur pour faire ce premier galop d’essai. Tout simplement parce que la présentation presse officielle se déroulera sous peu, alors que certains essais ont été publiés sur youtube ou le net. S’il s’agissait d’une moto lambda, passons, mais la ZX MOTO 500 RR est une moto sensible, marquant l’arrivée d’un constructeur que toute la presse attend et pas que… Les importateurs japonais et les autres distributeurs chinois scrutent tout particulièrement cette venue, ZX Moto ayant beaucoup fait parler d’elle par ses performances en mondial supersport, le positionnement dynamique de la marque, les déclarations de son patron fondateur Zhang Xue qui incarne tellement sa marque à l’instar des grands patrons Européens de la moto alors que les patrons chinois se font totalement discrets. Aussi, merci beaucoup à Quentin Levrier, de l’emblématique concession Cottard Moto à Maromme (76) près de Rouen pour le prêt de la moto. En Normandie, c’est chez Cottard Moto que vous retrouverez les ZX Moto.

Vidéo de l’essai de la nouvelle ZX MOTO 500 RR : 

YouTube video

Premier regard, style et finition : 4/5

Ça commence fort ! 4/5 alors que nous attribuons rarement cette note, c’est pas comme les avis pipés sur Google… toutefois, nous donnons la note presque maximale à ce chapitre en prenant évidemment en compte le prix ahurissant de la moto : 6 999 €. Et c’est vrai qu’une fois ce paramètre intégré, il est réellement difficile de faire autrement.

Le style est réussi, sans être très original. Clairement, la ZX Moto 500 RR rappelle beaucoup de motos sportives, dont la CBR 1000 RR par exemple, la Ducati Panigale V4 aussi, bref, elle n’est pas innovante, mais elle est bien dessinée, bien proportionnée, la taille mannequin aussi sans être anorexique. Pour les ailerons, on va dire que c’est une question de goût et de mode… Les MotoGP vont partiellement abandonner cela en 2027 et, comme on le pressent, les sportives aussi vont suivre cette tendance. Et vous verrez que la prochaine sportive à connaitre le succès sans avoir d’ailerons sera suivie d’une floppée de motos qui vont aussi s’en débarrasser car l’utilité réelle de ces appendices relève d’un usage extrême sur circuit et à haute vitesse ou fortes accélérations, donc bon, sur la route à 90 km/h…

Côté finition, à 6 999 €, avoir un aussi joli monobras en alu, une belle jante arrière comme celle-ci, un beau té de fourche usiné, des retours de carénage impeccables et des câbles super bien guidés, et bien, c’est redoutable. Mais, et c’est maladroit de la part de ZX Moto, le sticker ZX Moto qui prend place sur le réservoir est indigne des qualités de cette moto. Une bavure ! Reste que, à ce prix, que valent les matériaux qui ont servi à la construction ? L’aluminium du monobras de cette moto est il d’une qualité similaire à celui d’une moto à 15 000 € ? 20 000 € ? On peut se poser la question et alors quid du vieillissement de la moto ? En voyageant en Chine pour visiter quelques usines les mois derniers, nous avons appris que les industriels chinois conçoivent leurs motos pour une durée moyenne de 10 ans, de 30 000 km, c’est très éloigné de la vision des constructeurs japonais. Surtout des motos japonaises haut de gamme des années 90-2000, dont bon nombre sont tout simplement increvables. Mais c’est un autre débat…

Vie à bord : 4/5

Découvrir la moto, la détailler, c’est bien et si nous en prenions les commandes. La 500 RR ne triche pas sur sa cylindrée, à la limite, elle se montre presque plus compacte qu’elle ne le laisse croire. C’est une 470 cm3 et l’on pourrait dire qu’elle rivalise avec les 400/450 4 cylindres du marché. La moto apparait légèrement longue, ce que son empattement de 1395 mm ne confirme pas, bien au contraire, mais elle est logeable en longueur. On peut se reculer aisément à bord. Côté hauteur de selle, avec 800 mm, elle est vraiment raisonnable. Si l’on y ajoute son étroitesse de petit cigare, cela nous donne une vraie moto compacte. Tant mieux, il y a des sportives de 600/650 qui font « grosse vache »… Certes, pour se sentir bien à bord de la ZX, mieux vaut ne pas dépasser 175 ou 180 cm. Sans quoi, la moto pourrait vous apparaitre petite, mais c’est une 500 cm3 après tout.

Le triangle de position n’est pas extrême. Mieux, la 500 RR est assez reposante de position pour une sportive avec des demi guidons montés avec un déport pour les relever et une distance selle-repose-pied qui déplie suffisamment les « jambons ». Moralité, la position est loin d’être un critère inquiétant dans le cadre d’un usage sur route et voire-même au quotidien. Il faudra, bien sûr, ne pas se cantonner à la ville avec une telle mini fusée.

Moteur : 3,5/5

Il y a du très bon, du bon, du moins bon. Du côté du très bon, citons la sonorité. Quelle bonheur ce chant cristallin de 4 cylindres en ligne qui chante dans les aigues ! ni trop faible, ni trop fort, presque une bande son façon racing homologué ! Di-vin ! C’est un argument à plus d’un niveau et même pour une balade de 30 minutes, la bande son participera pleinement au plaisir, le top !

Mettre des coups de gaz, grâce à cette expression pleine de promesses, est déjà un vrai ravissement. Aussi, cela permet de constater la clarté du moteur, l’absence marquante de vibrations durant les montées en régime, la bonne connexion poignée (par câble) et injection. Comme une bonne japonaise en fait… se dit-on à ce moment-là.

Allez, c’est parti. La première est engagée et la sélection est précise, elle n’accroche pas, se verrouille bien. Et durant ce petit galop de moins de 100 km, il n’y aura eu aucun faux point mort, aucune vitesse ratée sur un bloc accusant 470 km. En outre, le point mort est facile à trouver.

La connexion, soit le feeling, entre la poignée et le pneu arrière est très bonne. C’est souvent le cas avec les accélérateurs par câble, mais ça se confirme ici, avec une cartographie d’injection qui ne souffre pas d’un ralenti instable, d’un défaut de remplissage à mi régime au passage des régimes de test des normes, etc,. Bref, ça répond proprement et c’est très bien fait. Tout ceci est donc bon, voire très bon.

Ce qui est moins bon, c’est en premier lieu, le côté assez creux et partiellement attendu de ce moteur. Moins de 500 cc, 470 cm3 exactement et 4 cylindres en ligne, forcément, c’est creux. Sauf qu’il m’est apparu plus creux encore que ce à quoi je m’attendais. Sous 8 000 trs/min, il n’y a rien d’autre que de la disponibilité linéaire, de la souplesse typique d’un 4 en ligne.

Certes, c’est souple et quand même onctueux, mais il y a un léger palier à 4 000 trs/min, un léger rebond à 6 000 trs/min, puis ça se réveille à 8 000 pour commencer à pousser vers 9 000 trs/min. Donc, c’est creux, c’est certain. Sur circuit, on s’en fichera, il faudra rouler entre 10 000 trs/min et 13 500 trs/min pour ceux qui savent le faire. Sur la route, il y a le mode d’emploi de ces petites sportives explosives à 4 petits pistons.

En outre, après 20 kilomètres, je me suis quand même dit que la Kawasaki ZX4RR ou la QJ Motor SRK 421 apparaissent moins creuses à l’essai, de souvenir certes, mais tout de même. Mais, c’est aussi la faute à une démultiplication qui apparait très longue sur la ZX Moto. Voilà qui n’arrange rien pour les reprises et les relances à mi régimes, mais à l’inverse, cela soulage le moteur sur autoroute. La ZX MOTO pourra cruiser à 130 km/h voire plus sans fatiguer car elle affichera environ 8 000 trs/min à son régime et il reste beaucoup d’allonge derrière.

En revanche, passé 9 000 trs/min, là, ça envoie ! ça envoie fort, ça tire jusqu’au bout, ça miaule, ça chante dans la boîte à air, les rapports défilent sous la charge et avec le shifter up. Grisante, bouillante, énergisante ! Et là, on devine le potentiel de cette ZX Moto 500 RR qui apprécie d’être pilotée comme elle doit l’être. Pour le fun, les perfs, c’est génial et on s’éclate, mais il faudra choisir son terrain d’expression. Le circuit évidemment, une bonne spéciale de course de côte, mais loin des radars jumelles des hommes en bleu. La sanction sera de la partie sinon.

Un petit mot sur la consommation avec ce court test. 5,3 l/100 km avec l’huile de rodage, moteur non rodé et quelques accélérations… sans doute pas révélateur, mais tablons que 5 l/100 km de moyenne doivent être jouables.

Comportement : 4/5

Disons-le de suite, le comportement est globalement très bon. Déjà, la légèreté de la moto est palpable rien que lors des mouvements : 158 kg à sec, 168 kg en ordre de marche, c’est annoncé très léger cette moto ! Pour autant, les 168 kg annoncés le sont-ils avec le plein à 100 % ? Il faudra peser la moto à la rédaction pour en être certain. En dehors de ces considérations suspicieuses, la moto est réellement très légère. Les premiers kilomètres le montrent, l’allure plus dynamique encore davantage ! La ZX MOTO 500 RR est une vraie lame en virage. Toutefois, peut être était ce une question de profil de pneus (CST racing), mais le déclenchement du virage est un peu désagréable, légèrement pataud. On a l’impression d’avoir un pneu arrière légèrement aplati par l’usure sur autoroute alors qu’il était neuf. Idem, nous n’avons pas vérifié la pression, mais Quentin de la concession qui ne plaisante pas avec ce genre de détail a appliqué la pression conseillée, laquelle mériterait peut-être d’être remise en question pour corriger ce point. A voir lors de notre prochain test plus complet. D’une façon générale, sans doute que personne ne remettra les pneus CST de série qui ne seront pas commandés pour des raisons logistiques. Pour la route, des excellents Bridgestone S23 ou des non moins excellents Dunlop SportSmart MK4 feront l’affaire et pour le circuit, des Pirelli Supercorsa et gaz !

En dehors de cela, le comportement apparait très bon, même si nous avons manqué de roulage. La tenue de cap sur autoroute a été très convaincante, la moto ne bouge pas. La rigueur en virage est très bonne et ZX a bien bossé sur la géométrie. On peut légèrement freiner sur l’angle sans voir la direction se raidir et la moto tendre à se relever. A l’inverse, le frein arrière en courbe apporte de quoi resserrer une trajectoire, mais surtout, par dessus tout, la ZX Moto est très efficace dès lors qu’il faut plonger à la corde au relâché de frein et aussi serrer le virage à l’intérieur. Là, elle est redoutable de facilité et déconcertante de légèreté. En fait, elle donne vraiment envie de rouler sur piste. Cette moto se dégustera pleinement sur un petit tracé bien technique et sinueux.

Le freinage est à la hauteur, aucun problème avec les étriers Taisko et la puissance est là avec un matériel à peine rodée alors. Du côté des suspensions, visiblement, la moto est arrivée de Chine sans aucun accord de suspensions. L’avant était plutôt bon, avec un comportement cohérent en enfoncement (compression) comme en détente. L’amortisseur, lui, était une pompe à vélo. Du coup, la moto était aussi légèrement affaissée de l’arrière, mais même ainsi, elle était déjà plaisante sur la route. Avec un peu plus de temps, il aurait fallu ralentir les hydrauliques, modifier la précontrainte, bref, il y avait un peu de boulot, à faire sur une portion test. Mais les suspensions YU-AN semblent travailler correctement. Il y aura un autre essai sur route et un sur circuit pour mieux évaluer cet aspect. Et puis, ne l’oublions pas, les entreprises qui fabriquent des suspensions (Ohlins, Bitubo…) proposeront rapidement des kits pour cette moto.

Equipement : 4/5

De série, rappelons quelques équipements et données : 

  • Pistons forgés  / Traitement de l’axe par DLC (diamond Like Carbon) pour renforcer l’axe
  • Revêtement céramique anti friction pour diminuer les inerties, assurer de meilleures montées en régime
  • Embrayage anti dribble, marque non mentionnée
  • Arbre à cames en alliage choisi par ZX MOTO pour assurer la résistance malgré les hauts régimes
  • Centrale inertielle 6 axes Bosch Freinage en courbe
  • Alimentation Bosch
  • Cadre en acier de 13,5 kg , partie arrière non boulonnée et donc solidaire du cadre avant pour une logique d’économie
  • Monobras oscillant en alu, très beau ! quid du vieillissement des matériaux ?
  • Poids 168 kg en ordre de marche mais sans savoir si c’est à 100% plein ou pas ?
  • Puissance : 84 ch à 13 500 trs/min (ce qui est moins de régime que la Kawasaki ZX-4RR)
  • Couple : 46 Nm à 11 500 trs/min
  • Suspensions YU-AN ajustables
  • Fourche inversée diam 41 mm
  • Etriers et freins de chez Taisko
  • Pneus CST, pneu arrière en 180/55 X 17, dimension classique
  • Empattement 1395 mm
  • Selle : 800 mm
  • Réservoir 15 litres
  • 3 modes de conduite + 2 modes paramétrables
  • Quick shifter up
  • accélérateur par câble
  • Launch control pour enregistrer le zéro à 100 km/h

Conclusion : une 500 RR qui respire la passion ! une nouveauté qui va booster le segment des sportives de moins de 600 cm3

Ce premier essai nous l’attendions comme un fan de Marvel attend la sortie du nouveau spiderman… Et sans doute un peu trop d’ailleurs car il faut savoir tempérer son enthousiasme en descendant de la moto. C’est le cas ici, rassurez vous ! Déjà, soulignons la qualité globale, la finition des pièces périphériques, le soin apporté à la moto – immonde sticker de réservoir excepté – Ensuite, c’est une moto facile, pas radicale pour une sportive et qui montre un haut niveau de performances. L’agrément, lui, souffre du caractère creux (auquel on s’attendait) mais aussi d’un braquet très long visiblement. Donc, c’est un point à améliorer. Pour le reste, sonorité envoutante, prises de régimes grisantes, agilité de tous les instants et l’envie qu’elle donne de rouler sportivement… C’est vraiment une moto passion et ça fait du bien de voir arriver de telles propositions. Enfin, 6 999 €, pour une moto comme ça… c’est redoutable. A confirmer par un vrai essai.


Analyse


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