La start-up française dévoile sur son site Internet la Taran : moto électrique surpuissante à deux roues motrices. Une machine dont la silhouette n’est pour l’instant que numérique, même si en coulisses le développement progresse.
Furion : nous vous en avions parlé en février dernier. A l’époque, cette toute petite structure (six personnes) installée près du Mans, faisait enchaîner les tests dynamiques à un équipage plutôt singulier : Adrien Chareyre, champion de supermotard, au guidon et, sous les fesses de ce dernier, le prototype M2, une moto hybride emmenée par un twin Yamaha CP2 mais aussi et surtout une roue avant électrique motrice (moteur dans le moyeu). Six mois plus tard, Furion fait de nouveau parler de lui avec une nouvelle moto. Enfin, disons plutôt l’esquisse d’une nouvelle moto. Depuis début septembre, la petite start-up affiche sur son site Internet la Taran, une moto à deux roues motrices mais cette fois-ci 100 % électrique. Attention toutefois : si la machine dessinée par le japonais Takumi Yamamoto (par ailleurs collaborateur de Citroën) est séduisante, elle n’est pas réelle au sens physique du terme.
Elle n’existe pour l’instant que numériquement et figure ce que à quoi ressemblerait la première Furion si elle rentrait en production : une machine 100 % électrique, racée, surpuissante (plus de 300 chevaux répartis sur les deux roues motrices), particulièrement efficiente en termes de récupération d’énergie au freinage et dont l’effet gyroscopique est modulable par le pilote. Cette dernière caractéristique ne relève pas de la science-fiction : le prototype M2, qui accumule les tests dynamiques depuis des mois, possède déjà cette roue avant à moteur axial, dont la gyroscopie est pilotable au guidon (une masse mobile à l’intérieur du moyeu peut tourner plus ou moins vite dans le sens inverse de la rotation de la roue). Et cette même roue avant motrice démontre depuis des mois des possibilités étonnantes (selon les tests menés par Furion : une agilité accrue de 7 % par rapport à une roue non motrice, et une récupération d’énergie au freinage 540 % plus importante que celle permise via la roue arrière d’une moto électrique d’architecture classique).
Ce qui, en revanche, n’existe pas encore, c’est donc cette Taran. Furion, qui pour l’instant ne fonctionne qu’avec des moyens financiers limités (500 000 € : une somme dérisoire dans l’industrie), distingue deux chemins pour parvenir à concrétiser un jour l’engin. Le premier : réussir à lever au moins deux millions d’euros afin de poursuivre le développement d’une machine haut de gamme qui sortirait en toute petite série. Le second : parvenir à intéresser un grand industriel de la moto avec cette chaîne de traction si particulière. Le système fonctionne, ses avantages sont avérés, les brevets sont déposés et d’après nos infos, un grand constructeur est actuellement en train faire décortiquer ce système « Eversor » (du nom que lui a donné Furion) par ses ingénieurs, afin de juger de son intérêt et éventuellement d’initier une collaboration. Si cette Taran n’existe pas physiquement, le projet est donc bien tangible et pourrait se prolonger là où on ne l’attend pas forcément…



