Honda Fun Race, 4 épreuves pour une journée complètement folle

Invités à participer à la Honda Fun Race 2026 en Suisse, nous avons rapidement compris que le week-end n’allait pas se résumer à de petit défi fun. Avec Céliane Pochon des éditions et Patrick Schneuwly journaliste d’AcidMoto nous avons découvert des motos atypiques de la gamme Honda et des épreuves particulièrement piégeuses. On était venu pour s’amuser mais on à fini par viser le podium face à des concessionnaires et des pilotes bien plus aguerris.

La Honda Fun Race est un concept assez difficile à classer. En Suisse, pas de circuit traditionnel donc on se retrouve sur une grande piste d’auto école, avec une succession d’épreuves où il va falloir faire une drag race en WN7, un parcours trialisant en moto trial, tenir une endurance d’une heure sur une Grom de 15 ch et, accessoirement, courir avec des lunettes censées reproduire l’état d’un conducteur affichant 1,6 g d’alcool dans le sang. Nous sommes donc partis à trois pour défendre les couleurs du Media Crew face à 22 équipes, avec une seule ambition au départ, s’amuser. Enfin bon… quelques heures plus tard, nous étions en train de calculer les points et de parler podium.
En parallèle de la compétition, Honda organise également le Honda Rides & Vibes, un rendez-vous ouvert au public qui permet de venir assister aux différentes épreuves tout en profitant de nombreuses activités autour de l’univers de la marque. Cette année, près de 650 motos ont fait le déplacement pour participer à l’événement et profiter de cette ambiance particulièrement conviviale.

Entrée du Honda Rides and Vibes

Démonstration avec une Honda 6 devant le public

Première épreuve, le départ arrêté en Honda WN7

Première découverte et première appréhension avec la Honda WN7. C’est notre première expérience sur une moto électrique sans embrayage et nous allons devoir mettre les gaz en grand sans même avoir pu essayer la machine auparavant. Notre stratégie est de maintenir un peu de gaz tout en gardant le frein avant, puis tout relâcher dès que les feux s’éteignent. 

Céliane ouvre le bal face à Clément, du garage Michel Moto, et remporte ses deux départs. La première manche est assez nette, tandis que la seconde se joue de peu. Vingt points sont déjà dans la poche, chaque manche remportée rapportant dix points. De mon côté, j’enchaîne face à Kevin, du Garage Moderne Vevey. Il anticipe largement le premier départ, ce qui nous offre dix points presque sans avoir à batailler. La deuxième manche est nettement plus disputée, mais je prends rapidement quelques mètres d’avance au départ et parviens à conserver l’avantage jusqu’à la ligne d’arrivée.

Reste alors le troisième duel de la matinée, cette fois face à Patrick. Et là, tout ne va pas exactement se passer comme prévu. Après avoir découvert qu’il est possible de maintenir la WN7 sur le frein tout en mettant du gaz, Patrick remporte son premier run. Pour le deuxième départ, les choses se compliquent. La trappe de recharge s’ouvre et un mécanicien intervient pour la remettre en place alors que les feux orange commencent déjà à s’allumer. Patrick remet alors un peu trop de gaz et met la moto en contrainte. La roue arrière se met à patiner et part dans un énorme burn. Avec le bruit ambiant, il ne l’entend pas et, lorsque les feux s’éteignent, la roue arrière patine toujours. La moto part en travers et il lui faudra plusieurs dizaines de mètres avant de retrouver suffisamment de grip pour repartir correctement. Nous venons de laisser filer dix points, mais l’essentiel reste positif. Avec 50 points sur 60, le Media Crew démarre la journée sur une très bonne dynamique.

Patrick et son départ en burn

Céliane prend l’avantage

La vidéo ! 

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Deuxième épreuve, l’offroad ne pardonne rien

Changement complet d’ambiance avec une Montesa Cota 4RT 260R et un parcours tout-terrain à parcourir en relais. 30 minutes avant nous avons repéré à pied la partie boisée, notamment une zone de graviers profonds, un pierrier et un slalom entre les arbres. Une reconnaissance très importante pour déterminer la trajectoire idéale. 

On tombe face à “Moto Bättig 1”. L’un des trois adversaires porte un équipement tout-terrain, tandis que les deux autres sont en équipement route. Mais la tenue ne veut pas forcément dire grand-chose car notre équipe est pareille. Notre expérience cumulée en tout-terrain reste assez limitée. Patrick a pratiqué un peu l’enduro, j’ai fait du trial dans ma jeunesse et Céliane n’a réellement découvert le off-road qu’à l’occasion des deux comparatifs trail 450 réalisés pour notre chaîne Motorlive. Le tirage au sort est donc loin d’être anodin, car face à une équipe composée d’enduristes aguerris, nous aurions eu du mal. Cette fois, 50 points sont en jeu.

Céliane prend le départ et réalise une première boucle particulièrement propre. Malgré son manque d’expérience par rapport à ses deux équipiers, elle maintient un rythme étonnamment soutenu dans les cailloux et les passages techniques. Elle nous ramène la machine exactement au même moment que l’équipe adverse et Patrick prend immédiatement le relais. Son passage se déroule également sans encombre et il me transmet le guidon alors que nos adversaires ne sont toujours pas revenus. Je pars dans les bois en suivant la trajectoire que nous avions repérée avant le départ. J’essaie de maintenir le rythme, sans vraiment savoir où se trouve mon adversaire. J’arrive dans la partie technique et vois alors les commissaires me faire de grands signes pour ralentir. Je comprends que l’autre pilote est tombé et ne parvient pas à redémarrer. Je peux donc passer sans pression et profiter du reste de mon tour pour m’amuser un peu. J’en profite même pour emprunter une partie technique qui n’était pas obligatoire. 

Ce passage n’était pas obligatoire (heuresement)

Lorsque je franchis finalement la ligne, notre adversaire direct n’est toujours pas revenu. La victoire est donc pour nous et les 50 points tombent dans notre escarcelle. Deuxième épreuve, deuxième réussite. Et forcément, avec déjà 100 points engrangés, on commence sérieusement à se demander jusqu’où cette journée peut nous mener.

Troisième épreuve, 60 minutes de guerre sur une Grom

C’est évidemment l’épreuve que nous attendions le plus. 22 Honda MSX125 Grom identiques, 15 ch chacune et une heure de course. Avec autant de motos et surtout des niveaux aussi différents, tous les ingrédients sont réunis pour un joyeux chaos. Certains ont roulé en Grand Prix, comme Jean-Michel Bayle, tandis que d’autres enfilent un cuir pour la première fois.

Départ de l’endurance

Je prends le départ après avoir tiré au sort la deuxième place sur la grille. Le départ type Le Mans est donné et je prends immédiatement les devants. Les premiers tours servent autant à découvrir le tracé qu’à apprivoiser la Grom, qui n’est pas franchement accueillante. La position est particulièrement recroquevillée et ma botte a même du mal à passer sous le sélecteur. Quant au circuit, il est particulièrement technique. Une grande parabolique à droite permet de poser le genou, mais impose surtout de conserver beaucoup de vitesse en sortie. Vient ensuite une chicane bricolée avec un pneu de tracteur et des pneus de voiture. Je ne compte rapidement plus le nombre de fois où je viens embrasser les pneus avec les repose-pieds, à l’entrée comme à la sortie. Avec moins de 15 ch, la vitesse de passage est essentielle. Chaque virage conditionne directement toute la portion suivante. Le circuit enchaîne ensuite un droite qui passe à fond, un gauche plus délicat marqué par une grosse compression et plusieurs raccords de goudron, puis une épingle à droite légèrement inclinée où il faut garder un maximum de vitesse. La moindre erreur de rapport se paie immédiatement. Le tout se termine par une ligne droite suivie d’un gros freinage sur l’angle à droite propice aux dépassements, avant un gauche très serré.

Sur le haut de l’image on distingue le parcours de l’endurance

Autant dire que les premiers tours, malgré un chrono qui tourne autour des 50 secondes, demandent une sacrée concentration. J’essaie de creuser l’écart, mais Jean-Michel Bayle me reprend dès le quatrième tour. Peu après, un autre concurrent me dépasse également alors que nous commençons à rattraper les retardataires. Et là, la course change complètement de physionomie. Les dépassements deviennent permanents, les trajectoires difficiles à anticiper et la moindre erreur derrière un retardataire peut coûter très cher. La différence de niveau est énorme et il m’arrive de passer 3 concurrents sur 1 freinage. 

Nous devions initialement changer de pilote après vingt minutes, mais notre position nous incite à prolonger mon relais. Grâce aux intercoms Cardo, nous pouvons communiquer entre les stands et la piste. Je peux donc transmettre des informations sur les rapports à utiliser, les trajectoires ou les pièges du circuit. Je reste finalement en piste jusqu’à la demi-heure, en plein trafic à chaque tour. Les autres concurrents commencent à changer de pilote et leurs nouveaux relayeurs doivent alors découvrir la moto et le circuit, tandis que j’ai désormais pris mes marques.

Au moment où je rentre enfin aux stands, nous sommes en tête avec deux tours d’avance. Céliane prend le guidon après nos deux arrêts et se retrouve immédiatement plongée dans le grand bain. Avec une seule journée de piste à son actif, elle doit découvrir une machine en pleine course tout en gérant les dépassements. À l’intercom, elle nous fait rapidement comprendre qu’elle ne trouve pas son rythme et souhaite passer le relais à Patrick. Chaque membre de l’équipe devant obligatoirement effectuer au moins un tour, Patrick part en piste à la quatrième position. Les pilotes les plus rapides ne tardent pas à le reprendre et il peine à conserver sa position. Après seulement 10 minutes, il rentre donc aux stands et me rend le guidon pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Je ressors neuvième, avec trois tours de retard sur la tête de course. Le podium, deux tours devant, est désormais hors de portée à la régulière. En revanche, le quatrième est dans le même tour que moi. Je me lance donc à sa poursuite.

Le fameux banking

Je double rapidement les huitième, septième et sixième, puis le quatrième chute. Je me retrouve alors à une seconde du pilote qui occupe désormais cette position. Nous roulons au même rythme, mais je profite mieux du trafic. À quatre tours de l’arrivée, je suis finalement dans sa roue et parviens à porter mon attaque grâce à un retardataire. Il reste trois tours. Je sais que je n’ai plus le droit à l’erreur et ferme toutes les portes pour tenter de conserver ma position. Mais à l’avant-dernier tour, le numéro 14 plonge à l’intérieur dans le banking. Je ne parviens pas à conserver suffisamment de vitesse pour le recroiser. Le dernier tour devient alors insoutenable. Je cherche une ouverture, mais rien ne passe. Nous franchissons finalement la ligne avec seulement deux dixièmes d’écart. Et comme un dernier clin d’œil, nous réalisons tous les deux notre meilleur tour de course dans l’ultime boucle.

Forcément, il y a un peu de frustration. Mais après une heure à se battre avec une machine de 15 ch, une chose est certaine. La Honda Fun Race porte parfaitement son nom. Nous empochons 83 points supplémentaires et à ce stade, nous n’avons toujours aucune idée de notre position au classement général.

5ème place et 84 points de plus

Quatrième épreuve, la course la plus improbable

Pour terminer, place au Dizzy Ride. Pas de moto cette fois, mais un parcours complètement absurde avec des lunettes simulant 1,6 g d’alcool dans le sang. Cerceau, cible à toucher avec une balle, échelle de fitness, piscine et corde à sauter. Le tout en relais et avec des accessoires pour ne surtout pas passer inaperçu.

Attentif pendant le passage des équipes précedentes

Pas si simple la piscine !

Céliane lance notre équipe face aux Girls on Bike 2. Elle réalise un premier relais très solide et nous permet de prendre rapidement l’avantage. Patrick prend ensuite le relais et creuse encore l’écart, notamment dans la partie piscine et à la corde. Je n’ai finalement plus qu’à assurer pour franchir la ligne en tête et gagner encore 50 points plus un paquet de points bonus que nous ne connaissons pas grâce à nos déguisements.

Ca glisse !

Nos magnifiques déguisements !

Quatre épreuves, quatre ambiances totalement différentes et, surtout, beaucoup plus de compétition que ce que nous avions imaginé en arrivant en Suisse. Lorsque le classement tombe, nous ne savons toujours pas exactement où nous nous situons. Le Media Crew est finalement annoncé troisième avec 230 points, derrière Swiss Pilots et Ricci Motos.

Un podium inespéré !

Nous étions venus pour découvrir la Honda Fun Race et passer un bon moment. Nous repartons avec un podium. Entre les départs arrêtés, la Montesa, une heure de bagarre sur une Grom et une course sous lunettes alcoolisées, difficile d’imaginer une meilleure manière de découvrir l’univers Honda. Et surtout, difficile de ne pas déjà avoir envie de remettre ça l’année prochaine.

Monsieur Wayne Gardner était présent aussi

Plus de 650 motos étaient venues profiter du spectacle.


Analyse


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