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Pourquoi Eva Huault est l’un des meilleurs espoirs du cinéma français
À mille lieues des nepo babies et des étudiants du Cours Florent, la jeune Eva Huault a été serveuse dans un bar-tabac de Saint-Denis avant de réaliser une entrée fracassante dans le cinéma français. Alors qu’elle multiplie les projets en 2026, on a rencontré l’un des plus espoirs des films d’auteur hexagonaux.
propos recueillis par Violaine Schütz.
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Il y a quelque chose chez elle de la jeune Béatrice Dalle… La fraîcheur, l’insolence, le côté sans filtre, la gouaille… On perçoit chez cette jeune femme de 28 ans quelque chose d’instinctif, de sensuel et d’indompté qui séduit instantanément. Surtout en plein règne des nepo babies. La talentueuse actrice Eva Huault, 28, a fait une entrée fracassante dans le cinéma français avec son jeu débordant de naturel, sa bouche pulpeuse, ses cheveux de jais et ses looks tout sauf policés qui en font une petite sœur de Fran Fine made in 93.
Eva Huault, nouveau visage fascinant du cinéma français
C’est dans un bar-tabac de Saint-Denis que son sort s’est joué… Elle était serveuse quand la réalisatrice Lila Pinell la retrouve, dix après l’avoir découverte dans une colonie de vacances. Aujourd’hui, elle est l’une des comédiennes les plus demandées du moment, entre séries remarquées (Privilèges) et cinéma d’auteur (Des preuves d’amour, Shana). Alors qu’elle est à l’affiche du show Surveillant!, disponible sur Disney+, et qu’elle partagera l’affiche de Ni vue, ni connue avec Isabelle Huppert le 7 octobre 2026, rencontre avec l’un des meilleurs espoirs du cinéma hexagonal.
L’interview de l’actrice Eva Huault
Numéro : Vous êtes à l’affiche de nombreux projets en 2026, notamment Surveillant! et Ni vue, ni connue…
Eva Huault : Oui, 2026 est une année assez folle pour moi. Il y a évidemment Shana de Lila Pinell qui tient une place énorme dans mon parcours, mais aussi L’affaire Laura Stern, Paul, la série, Le Bain des sirènes, Privilèges, Ni vue, ni connue et Surveillant!, la série Disney+ avec Jean-Pascal Zadi, Audrey Lamy et Benjamin Tranié… C’est un projet que j’ai adoré tourner et je suis trop heureuse qu’il arrive enfin devant le public. Et puis j’ai d’autres choses qui se préparent, mais je ne vais pas tout vous spoiler non plus (rires).


“Avec le film Shana, je me suis dit que peut-être, comédienne était mon métier pour de vrai.” Eva Huault
Y a-t-il eu pour vous un avant et un après le film Shana qui a reçu un très bel accueil en juin dernier ?
Oui, je pense. C’est la première fois que je porte un film comme ça : je suis à l’écran du début à la fin, et beaucoup de gens m’ont vraiment découverte avec Shana. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis dit : “Peut-être que désormais, comédienne c’est mon métier pour de vrai !”
Qu’y a-t-il de vous dans le personnage que vous incarnez dans Shana, une jeune femme attachante qui traverse de nombreuses galères, entourée des copines, et dont le compagnon toxique sort de prison ?
Il y a forcément un peu de moi en elle. Il y a des émotions et certaines fragilités que je peux comprendre, même si son histoire n’est pas la mienne. J’ai juste essayé de me rapprocher d’elle le plus possible, de la comprendre sans la juger et de l’incarner avec le plus de sincérité possible.


“Petite, je m’inventais des personnages avec ma cousine et une amie.” Eva Huault
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir actrice, et à quel moment avez-vous compris que ce métier pouvait réellement devenir le vôtre ?
Honnêtement, au début, je ne crois même avoir pensé “Je veux devenir comédienne”. J’aimais le cinéma et jouer. Petite, je m’inventais des personnages avec ma cousine Nana et mon amie d’enfance Marie Sarah. Mais ça me paraissait être un monde tellement éloigné de moi que je n’imaginais pas que ça pouvait vraiment devenir mon métier. Et puis j’ai commencé à tourner, à rencontrer des réalisateurs, à avoir des rôles de plus en plus importants… Et à un moment, je me suis dit : “Ah ouais, en fait, c’est vraiment ma vie maintenant.” Aujourd’hui, j’ai du mal à m’imaginer faire autre chose. Même si le cinéma s’arrêtait, je jouerais toute ma vie, car je le faisais déjà avant dans ma tête avant que ce soit mon métier.
La réalisatrice Lila Pinell vous a retrouvée dans un bar-tabac dix ans après une première rencontre lors d’une colonie de vacances. Comment ça s’est passé ?
C’est vraiment une histoire digne d’un film ! J’avais rencontré Lila quand j’étais enfant dans une colonie de vacances où elle tournait un documentaire. Et dix ans plus tard, complètement par hasard, elle me retrouve. Moi, j’avais continué ma vie, et je ne pensais pas du tout qu’elle se souvenait de moi. Et elle, elle me reconnaît dans ce bar-tabac ! C’est comme ça qu’elle m’a proposé Le Roi David. Ce film a complètement changé ma vie. Donc parfois, je me dis que si je n’avais pas croisé sa route ce jour-là, ma vie serait totalement différente. C’est assez fou.


“J’aime beaucoup les personnages qui ne sont pas tout lisses, qui ont des contradictions, des défauts.” Eva Huault
Qu’est-ce qui vous attire d’abord dans un film ou une série : l’histoire, le personnage ou le réalisateur ?
Le personnage. Il faut qu’il me fasse quelque chose au moment de lire le scénario. J’aime beaucoup les personnages qui ne sont pas tout lisses, qui ont des contradictions, des défauts, des endroits un peu sombres, mais aussi beaucoup d’humanité et d’empathie. Et qu’ils soient touchants et drôles. Après évidemment, le réalisateur et l’univers du film comptent aussi. Mais si en lisant le scénario, je commence déjà à imaginer comment le personnage parle, marche et regarde les gens et que le script me fait pleurer ou rire, généralement, c’est bon signe.
Y a-t-il un film qui a particulièrement fait évoluer votre manière d’appréhender le métier d’actrice ?
Le Roi David restera toujours très important pour moi parce que c’est là que tout a commencé. Mais il y a aussi la série L’Affaire Laura Stern, dans laquelle je joue Audrey, une mère de famille victime d’un féminicide. Ce rôle m’a vraiment bouleversée. Je crois que c’est la première fois que j’ai compris qu’on ne laisse pas toujours un personnage sur le plateau quand on rentre chez soi. Il y a des choses d’Audrey que j’ai ramenées avec moi, et ça m’a appris à essayer de me protéger un peu plus quand je joue.


“Édith Piaf me fascine depuis toujours.” Eva Huault
Quelles actrices vous ont donné envie de faire ce métier ?
Il y en a plein. J’aime énormément les actrices qui ont quelque chose de très libre et qui sont belles avec leurs yeux remplis de failles, de fragilités et d’amour. Je pense à Simone Signoret, Viola Davis, Adèle Exarchopoulos… Ce sont des comédiennes très différentes, mais je crois toujours à ce qui se passe à l’écran quand elles sont là.
Y a-t-il des performances d’actrice qui vous ont marquée ?
Ce qui me touche le plus, c’est quand j’oublie complètement que je regarde une actrice jouer. Je viens de voir le film Garance au cinéma et il m’a bouleversée. Je me suis énormément reconnue dans le personnage principal, notamment dans son rapport à l’alcool. Le personnage de Garance (joué par Adèle Exarchopoulos) existe ou n’existe pas, peu importe, mais pour moi, pendant le film, elle existait vraiment et j’ai eu l’impression de comprendre plein de choses chez elle. Et aujourd’hui elle existe dans ma vie. Je la connais. Et puis je citerai Marion Cotillard dans La Môme. Édith Piaf est une femme qui me fascine depuis toujours. J’ai des affiches d’elle partout chez moi. J’aurais rêvé de l’incarner à l’écran. Là aussi, son histoire, ses excès, l’alcool, ses blessures, sa façon d’aimer… Tut ça me touche énormément. Garance et Édith, ce sont deux femmes très différentes, mais il y a chez elles une chose dans laquelle je me reconnais beaucoup. Je les aime très fort.


“Je m’habille bien quand je suis heureuse et mal quand je vais mal.” Eva Huault
Quels sont vos films préférés ?
J’aime vraiment des cinémas différents, tant qu’ils me font ressentir quelque chose. Mes films préférés n’ont d’ailleurs rien à voir les uns avec les autres. Il y a Baby Boy, Danny the Dog, Thelma et Louise, Tout ce qui brille, La Môme, Nos jours heureux, Quatre Frères, Pretty Woman, Mon roi, La Haine, Old Boy, Les Visiteurs, Astérix et Obélix. Il y en a plein. Je peux regarder un film très dur comme un long-métrage qui me fait mourir de rire. Tant que j’y crois et que ça me touche…
Quel est votre rapport à la mode ?
En réalité, je me moque un peu de la mode, mais j’aime bien me faire coquette et j’adore comment Fran Fine (campée par Fran Drescher) s’habille dans le show Une nounou d’enfer. J’aime le rose, les strass et le léopard et j’ai toujours trouvé des petites astuces pour m’habiller pas cher. Par exemple, en chinant au marché. Après, je suis comme tout le monde : j’ai déjà regardé un sac Gucci à 100 000 euros en me disant : “Oh la la, qu’est-ce que j’aimerais bien l’avoir celui-ci parce que je le trouve trop beau, mais que je ne peux pas l’acheter.” Sinon je pense que je m’habille bien quand je suis heureuse et mal quand je vais mal…
Surveillant! (2026), créée par John Wax et Gauthier Plancquaert, disponible sur Disney+.




