Après une fracture du dos qui avait stoppé son projet en 2025, le double champion du Dakar s’élancera de Londres le 5 septembre à bord d’une Triumph Tiger 1200 Rally Explorer, dans l’espoir de battre un record vieux de plus de vingt ans.
Sam Sunderland, double vainqueur du Dakar, remet son projet sur les rails : tenter de devenir le pilote le plus rapide à boucler un tour du monde à moto. Soutenu par Red Bull et Triumph, l’Anglais quittera Londres le 5 septembre prochain aux commandes d’une Tiger 1200 Rally Explorer, un an après avoir dû reporter sa tentative suite à une fracture du dos survenue à l’entraînement.
Il visera un chrono resté inchangé depuis 2002 : 19 jours, 8 heures et 25 minutes, établi par le couple britannique Kevin et Julia Sanders. Un repère qu’il considère comme le plus légitime qui soit, homologué en son temps par le Guinness World Records et jamais battu depuis vingt ans.
Plus de 29 000 km à travers cinq continents
Pour effacer ce record, Sunderland devra parcourir plus de 29 000 km à travers cinq continents, dans un seul sens de rotation autour du globe, en revenant à son point de départ et en passant par deux points antipodaux. De quoi imposer une moyenne d’environ 1 690 km par jour, soit l’équivalent de la longueur du Royaume-Uni à parcourir quotidiennement, et ce pendant 19 jours consécutifs.
Le tracé passera par Istanbul, puis l’Asie du Sud-Est (de Bangkok à Kuala Lumpur), avant de rejoindre l’Australie (Perth-Sydney) puis la Nouvelle-Zélande dans toute sa longueur. Suivra la portion la plus longue du parcours, à travers l’Amérique du Nord, où Sunderland doit notamment passer par les Bonneville Salt Flats, avant un retour vers Londres via Casablanca. Le pilote assure que la quasi-totalité du trajet se fera sur bitume, jugé plus efficace pour accumuler les kilomètres.
Une Triumph Tiger 1200 Rally Explorer quasiment de série
Sunderland effectuera sa tentative sur une Tiger 1200 Rally Explorer à la livrée Red Bull, une machine qu’il juge idéale pour l’exercice grâce à son régulateur de vitesse et son grand réservoir. Les modifications restent minimes : les valises ont été adaptées pour transporter du matériel média et l’échappement d’origine a cédé sa place à une ligne Akrapovič. Pour le reste, la moto reste proche de la série, pneus Michelin d’origine compris.
Un défi avant tout mental
Contrairement au Dakar, où l’adrénaline et la compétition directe rythment chaque étape, Sunderland décrit ici une épreuve solitaire, sans concurrents ni navigation complexe. Sa préparation a été marquée par plusieurs mois de rééducation après sa fracture du dos, avec un passage par le Red Bull Athlete Performance Centre pour des examens complets. Pour tester sa forme, il s’est notamment aligné sur le Romaniacs, une épreuve de hard enduro exigeante, au guidon d’une Tiger 900.
Le pilote ne sous-estime pas la difficulté à venir : pannes d’essence potentielles dans l’outback australien, retards aux frontières, problèmes mécaniques ou autres usagers de la route font partie des aléas anticipés. S’y ajoute l’épreuve de la solitude et de la fatigue accumulée sur la durée, qu’il compte affronter en appelant régulièrement des proches pour tenir le rythme.
Un record non homologué, mais toujours la référence
Le Guinness World Records n’homologuera pas officiellement cette tentative, ses règles actuelles n’encourageant plus les records impliquant des vitesses moyennes élevées sur route ouverte. Sunderland a par ailleurs salué la récente tentative de Ryan Kluftinger, soutenue par Ducati, où le chronomètre tournait en continu entre étapes et vols. Il précise toutefois viser un objectif différent : le record originel, homologué en son temps, sur lequel son projet s’est construit dès le départ.
Red Bull a pris en charge une large partie de la logistique — tracé de l’itinéraire, visas et carnets de passage pour la moto — et est resté en contact avec Kevin et Julia Sanders pour recueillir leurs conseils. Sunderland prévoit de s’entretenir avec eux avant son départ.


