Full sensations ! Nous avons participé à une manche de la Kawasaki ZX-4RR Cup sur le splendide et technique circuit de Pau Arnos, dans le cadre des coupes de France Promosport. La Kawasaki ZX-4RR est elle fun à piloter ? Est ce une bonne moto de course ? Voici notre avis sur cette coupe de marque.
Décidément… Après une participation à la Suzuki GSX-8S Cup l’an passé à Pau, je me retrouve sur le même tracé cette année pour participer à une manche de la Kawasaki ZX-4RR Cup, presque à la même date sur le calendrier. Il faut dire que le tracé de Pau Arnos a un goût de reviens-y tant il est magnifique, technique, sensationnel. A mes yeux, l’un des plus beaux circuits de France.
Et la Kawasaki ZX-4RR, je l’avais adorée lors de la présentation presse à Alès (son essai), une vraie petite bombe ! Du coup, c’est tout naturellement que j’avais postulé auprès de Kawasaki France pour bénéficier d’une « Wild Card » sur la moto presse-vip-partenaire. Au départ, j’avais demandé à rouler au circuit Carole car il se situe proche de chez moi (Le Havre à 2H de Paris, comme le veut le slogan), mais ce cher Thierry Capela, directeur commercial de GP Racing (le magazine sport au sein de notre groupe), m’a littéralement volé cette manche ! Diantre… tant pis, je retourne alors à Pau ne voulant pas entendre parler de la manche de Lédenon (ce sera pour Rémi de MJ), ni de celle de Nevers Magny Cours en octobre, donc sous la neige… en octobre, à Nevers, c’est connu, il neige quand on ne croise pas des loups dans le paddock.
Pau Arnos, en juillet, il fait pas froid…
En ce week-end de course du 24 au 26 juillet à Pau, il aura fait 34° le vendredi, 36° le samedi, 21° le dimanche. Une belle amplitude thermique ! Pour le premier jour, soit le vendredi, tous les participants de la coupe kawa ont le droit à trois séances d’essai libres, mais une bonne majorité des pilotes inscrits arrivent le mercredi soir pour participer à la journée libre (track day) du jeudi afin d’ajouter trois séances libres. Cela fait du roulage et permet d’élever son rythme pour les premiers essais officiels.
Je re découvre alors le tracé du Béarn qui a été re-surfacé durant l’hiver. Le bitume est encore neuf et accrocheur, mais les automobiles qui ont, peut être, roulé trop tôt à la ré ouverture du tracé ont dégradé un peu le bitume à certains endroits (surface légèrement arrachée) et la fameuse chicane du départ (100% big balls disent certains) comporte une magnifique bosse au point milieu… séance de rodéo assurée si l’on passe dessus ! Cela m’est arrivé une fois, ça m’a servi de leçon ! Un tel mouvement de direction à 150 km/h environ à la sortie, merci bien.
L’environnement du circuit de Pau Arnos est magnifique. C’est un plaisir renouvelé à chaque tour de rouler ici. La Kawasaki ZX-4RR se dévoile rapidement. Avec la transformation pour la coupe (détails ici), elle s’est allégée d’environ 10 kg (déjà trois bons kilos dans la ligne d’échappement) pour culminer à moins de 180 kg tous pleins faits. L’agilité, déjà très bonne de série, se trouve donc ici bonifiée par l’allègement et la monte pneumatique imposée au sein de la coupe (Pirelli Diablo Supercorsa SC2). La moto plonge vraiment très bien à la corde et l’on peut garder du frein sans la voir se figer grâce au travail des suspensions peaufinées avec le kit K-Tech.
Très vite, on comprend que la moto n’a pas beaucoup de couple, mais surtout de la vivacité et de l’allonge. Ce vrai 400, 399 cc sur la fiche technique, aime grimper dans les tours et la préparation avec la ligne d’échappement décatalysée lui apporte encore plus de fluidité et de vivacité. Le shifter up aide au rapide passage des rapports et il faut reconnaitre qu’avec la boîte inversée, ça marche super bien. Histoire de vérifier l’électronique, je repasse par la voie des stands pour mettre le traction control sur on, mais en un seul tour, je remarque que le système anti patinage n’est pas assez fin sur une telle moto avec des pneus de course. En outre, avec environ 83 ch et 40 Nm de couple une fois mise au point, il est conseillé de rouler sans assistance et de se référer à ses sensations pour caler son pneumatique à l’accélération. La ZX-4RR peut glisser et plus brutalement qu’avec un twin (Yamaha R7 cup par exemple) lorsque la puissance arrive (4 cyl oblige), mais elle est prévisible et le pneumatique Pirelli encaisse très bien. De fait, on savoure très rapidement ce petit 4 pattes qui hurle. Et qui hurle finalement pas autant qu’une 600 cc. Il ne prend finalement pas davantage de régime qu’une 600 R6 de promo et se veut plus linéaire également, mais c’est très bien comme ça. On retrouve tout de même toute la saveur d’un 4 cylindres de petite cylindrée, entre la sonorité rageuse, l’allonge, le crépitement d’échappement, quelques vibrations (à peine), c’est franchement, mais alors franchement du kiff et la ZX-4RR Cup possède un vrai petit caractère de moto de course.
Le freinage (étriers de série, plaquettes racing, durites tressées, plus d’ABS) est vraiment bon, avec un feeling au levier assez précis pour un tel matériel. Certes, lorsqu’il a fait chaud, en fin de course, la garde avait pas mal diminué, mais il y a eu du frein jusqu’au dernier tour. Le comportement de la partie cycle est vraiment bon entre la précision dans le placement et une moto pas trop nerveuse de châssis (cadre acier, partie arrière soudée). Alors certes, elle est courte (1380 mm d’empattement) et sa direction un peu fermée (23,5°), mais elle ne bouge pas trop sur les bosses et sa rigidité à la torsion apparait bien calculée par les ingénieurs Kawasaki. Sur la bosse, après la chicane, elle peut faire de sacrés mouvements, mais elle se rattrape presque toute seule. Quelques pilotes utilisent un amortisseur de direction pour se rassurer, non vissé à fond.
La ZX-4RR est elle une « bonne première moto de course » ?
La coupe Kawasaki témoigne d’une belle ambiance. Des rivalités sur la piste, quasiment pas en dehors et un apéro du samedi soir très convivial.
Bonne question… Si une bonne « première moto de course » est une moto qui pardonne beaucoup, qui absorbe tout, qui ne casse pas, alors c’est une Honda CB500 d’occasion préparée pour la piste et saine (si il en reste une en France…). La Kawasaki ZX-4RR pardonne quand même pas mal d’errances de pilotage car elle est très saine. Autre vrai atout, et pas des moindres, sa position de conduite. Équipée de bracelets un peu haut, de repose pieds ajustables, d’une selle à environ 810 mm, elle s’avère sportive de position mais absolument pas radicale. Certains pilotes choisissent d’ailleurs de l’équiper de guidons bracelets légèrement plus bas et plus ouverts pour davantage charger le train avant car l’assiette de la moto n’est pas très basculée sur l’avant pour une sportive. En effet, la position sur la moto n’a rien à voir avec celle d’une Yamaha R7 ou R6 par exemple ! C’est nettement plus soft. Cela n’empêche pas le pilotage et, pour débuter sur circuit, elle sera absolument reposante au fil des tours.
Autre bon point, la moto est assez robuste lors des chutes et glissades et, par exemple, la boucle arrière en acier peut se redresser assez facilement. A prendre en compte en cas de première année de track day. Si, pour le moment, la boîte de vitesses fait des siennes, le problème devrait être réglé sous peu car les compétiteurs espagnols n’en ont plus. Ils profitent alors d’une moto annoncée fiable, qui consomme peu d’huile et d’essence et elle consomme un peu moins de pneus qu’une 600 cm3. Normal, vu la perte de puissance et de couple. Alors sans aller dire que c’est une bonne première moto de course, la ZX-4RR est sans doute une très bonne moto de track day pour apprendre à rouler sur circuit, pour élever son niveau durant un an ou plus avant de se lancer en compétition. Et si vous ne chutez pas de trop, elle ne vous coûtera pas très cher à l’usage.
Qualification et courses mouvementées !
Pour en revenir au week-end de course, j’ai connu quelques rebondissements. De la difficulté à me mettre dans le rythme le vendredi, j’ai trouvé enfin une « roue » le vendredi après midi. Lors de la qualification, après 7 minutes environ, j’ai connu une panne d’essence (!!!?), qui m’a obligé à pousser dans la pit lane et a rendu impossible un ultime run, dommage ça allait mieux et j’avais perdu 2 secondes au tour, mais tous les autres ont aussi perdu 1 seconde avec les pneus neufs. Première course, je tire tout droit pour la première fois sur un faux point mort généreux après 6 tours sur 14 ; bac à graviers, aide des commissaires, bref, je prends un tour par le trio de furieux de tête dans le dernier tour de course, bah voilà. Le lendemain, bon départ, les petites gouttes de pluie freinent les ardeurs de certains et cela m’aide pour m’accrocher dans le wagon en début de course. Tour 4, drapeau rouge. Rider OK à la sortie du corkscrew (satanée chicane en descente je vous le dis !). Procédure de nouveau départ et je pars mollement, fichtre, dernier ! Re trois tours plus tard, re drapeau rouge dans le premier secteur ; ouf, rider OK, mais évacuation par ambulance. Là, l’ambiance change et le moral baisse un peu avec l’attente du nouveau départ. Deux drapeaux rouges, ça calme. Nous repartons pour 5 tours et je suis le petit train en queue de peloton. Je me suis franchement plus amusé lors du premier départ, mais c’est aussi ça la course.
En tant qu’invité, j’ai pu mesurer à quel point une immersion de la sorte s’avère difficile. En arrivant à Pau Arnos, soit la quatrième manche de la saison, je me devais de découvrir la moto au milieu de pilotes déjà bien au fait du pilotage de leur machine. Pas si simple pour espérer accrocher le bon wagon, mais je me suis très bien amusé au guidon d’un jouet particulièrement excitant et palpitant à piloter. La Kawasaki ZX-4RR Cup est un sacré jouet ! Elle vous propulse dans l’univers de la course avec un caractère entier, des performances maitrisables et l’ambiance globale d’une sportive à 4 cylindres sans la démesure des gros cubes ou la violence d’une 600 très affûtée. Cette mini 600 est une excellente base d’apprentissage et c’est bien tout ce que l’on demande à une moto de coupe de marque.
Galerie photos !
Le début d’un week-end de course commence avec les séances d’essai libres. Les commissaires veillent à l’équipement et au port des bracelets qui identifient les pilotes.
Prendre une roue, ça peut servir à descendre d’une seconde pleine en piste, mais encore faut il la prendre, la roue…
Le départ, toujours un grand moment à vivre, mais qui suit l’éprouvant moment de la pré grille avec cette sensation désagréable de fébrilité, ce goût acide dans la bouche, mais dès que les feux rouges s’éteignent, ça va mieux !
Il y a évidemment du niveau en ZX-4RR Cup. Le top5 roule très fort, comme souvent dans ce genre de formule. Ce sont, soit de jeunes pilotes au top de leur forme, soit des pilotes expérimentés qui veulent jouer la gagne.
Séance qualification. On ôte les couvertures chauffantes et c’est parti pour 20 intenses minutes à chercher un meilleur temps. Certains pilotes cherchent un lièvre, d’autres veulent rouler seul.
La descente du tire bouchon de Pau, totalement écrasée par la photo alors que c’est un petit toboggan !
Quelle photo parfaite pour une école de pilotage, le regard, le regard vers là où on doit aller ! Et là, le pilote voit même ce qui arrive loin derrière lui.
Avec les drapeaux rouges, il faut se re concentrer, s’hydrater, trouver une nouvelle motivation. On voit immédiatement ceux qui y parviennent !
Des pilotes et des trajectoires différentes !
Sophie, la féminine de la coupe, est concessionnaire Kawasaki à Villemandeur dans le Loiret. Elle rêvait de reprendre le panneau Kawasaki qu’avait tenu ses parents. Elle dispute sa première année de compétition car elle est tout juste grand mère : »si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferai jamais ». Auparavant, elle roulait en journées libres sur de nombreux circuits.
Louis Leneveu, 15 ans ! A dû attendre la seconde course de la saison car il n’avait pas l’âge. Il a été champion d’occitanie en Mini GP et troisième du championnat de France. Très grand, il a rapidement rejoint des catégories supérieures pour trouver une moto à sa taille. Il a gagné trois courses en Moto5.
Gaëtan Materne, concessionnaire Kawasaki à Strasbourg. Gaëtan a gagné le Trophée Pirelli 600 en France en 2018 et il a ensuite fait du 600 en championnat d’Europe Supersport avec une troisième place au classement final.




