Dans son jardin de Suzuka, le team d’usine HRC est parvenu à juguler la rébellion Yamaha pour s’offrir une cinquième victoire consécutive, la 32e de son histoire.
Suzuka a toujours été une épreuve à part pour Honda. D’abord parce que le constructeur japonais est propriétaire du circuit, ensuite parce qu’avec 32 victoires en 47 éditions, dire que la marque japonaise domine la mythique épreuve de 8 heures relève de l’euphémisme. Mais avec un équipage officiel Yamaha revanchard emmené par le trio Jack Miller, Andrea Locatelli et Katsuyuki Nakasuga (au départ de sa dernière course à Suzuka) qui n’avait aucune intention de terminer second comme en 2025, la tâche s’annonçait pourtant complexe. D’autant que Johann Zarco, qui avait contribué à remporter les deux dernières éditions pour Honda, étant convalescent, c’est un Somkiat Chantra moins rapide que Takumi Takahashi et Jonathan Rea qui complétait l’équipage de la Fireblade n°30. Mais l’équipe officielle du HRC n’a finalement même pas eu besoin des services du pilote thaïlandais pour aller chercher un cinquième succès de rang à domicile, grâce à la performance exemplaire de Rea et Takahashi sur une piste plus ou moins détrempée durant 8 heures.
Ce dernier en profite même pour remporter sa 8e victoire à Suzuka (record absolu), en dépit de la belle opposition de la R1 n°21 qui aura signé le meilleur tour en course grâce à Jack Miller, mais paye un début de course plus prudent que son adversaire du jour. Un succès qui a réjoui Jonathan Rea qui n’était plus monté sur le moindre podium depuis 2024. « Je suis tellement heureux de cette victoire ! Ces trois ou quatre dernières saisons ont été éprouvantes mentalement, mais cette moto a été incroyable. J’avais presque oublié ce que ça fait de doubler en ligne droite ! Merci de m’avoir rappelé que je suis toujours rapide. Dans ces conditions, avec la météo changeante et la pression, la moindre erreur était fatale. L’équipe a fait un travail incroyable et la moto était extraordinaire. Mon coéquipier a été fantastique, d’une régularité exemplaire, et moi, j’ai simplement fait mon travail. Je suis vraiment reconnaissant. »
Une course qui s’est révélée également éprouvante pour son ancien adversaire du Superbike Andrea Locatelli. « Les 8 Heures de Suzuka, c’est une course de fous. L’an dernier il faisait très chaud, cette année tout s’est passé sous la pluie, et huit heures sous la pluie, ça devient vite compliqué. Sans doute agréable à regarder depuis son canapé, mais sur la moto, ce n’était jamais simple à gérer, à chaque tour. Doubler des pilotes plus lents, de l’huile sur la piste laissée par une moto cassée… c’est toujours compliqué. Sur le sec, c’est un peu plus prévisible, on peut mieux gérer, mais sous la pluie on ne sait jamais. Au final, je pense qu’on a fait un travail remarquable. On termine encore deuxièmes cette année, mais je crois qu’on le mérite. »
Tout comme la BMW officielle mérite de monter sur la troisième marche du podium au bout d’une course accrochée avec la Yamaha du YART et l’autre BMW n°76, un premier podium à Suzuka pour une moto européenne. « Enfin, nous avons décroché le podium à Suzuka, s’est exclamé Markus Reiterberger à l’arrivée. Cela fait des années que je roule sur cette moto avec cette équipe, et cette fois, c’est fait. Bravo à toute l’équipe, elle le mérite amplement. Le chemin a été long et difficile. Nous espérions une piste sèche, car je pense que nous aurions pu faire encore mieux, mais sous la pluie, ce n’était pas si simple. L’équipe a réalisé un travail exceptionnel et nous voilà de retour dans la course au championnat du monde, ce qui est le plus important. » Un championnat où la Yamaha du YART garde le cap grâce à sa belle quatrième place japonaise devant la machine du team Ube Racing qui aura animé la course avec un grand Naomichi Uramoto.
La Suzuki du SERT termine de son côté à la sixième place et reste pleinement dans le coup pour jouer le titre au Bol d’Or, au contraire de la Kawasaki Trickstar seulement 13e ou de la Honda F.C.C. TSR arrivée 26e après avoir subi une panne d’essence. Une course également compliquée pour la Yamaha KM99 victime d’une chute sur de l’huile dans son premier relai après avoir réalisé le troisième temps des essais ou encore pour la Honda Tati Team qui a abandonné sur problème technique.
Classement