Après un an et demi d’intenses tractations et de désaccords entre les constructeurs et Liberty Media sur les montants que les marques sont en droits d’attendre de MotoGP SEG pour leur engagement, un accord a finalement été trouvé. Mais on ignore tout ou presque de son contenu…
Le MotoGP n’est rien sans les constructeurs qui y engagent leur moto et ces derniers en ont un besoin certain pour faire la promotion de leur marque. Une formule gagnant-gagnant qui a toutefois sérieusement battu de l’aile ces derniers mois, au moment de renouveler les contrats qui lient chaque constructeur au promoteur du MotoGP pour 5 ans. Les tractations en coulisses avec le nouveau propriétaire MotoGP SEG Liberty Media ont pris bien plus de temps que prévu et retardé les annonces des signatures de pilotes pour 2027, Aprilia, Ducati, Honda, KTM et Yamaha faisant ainsi planner la possibilité d’être absent de la grille la saison prochaine en l’absence d’accord.
Un scenario qui n’a jamais vraiment été envisagé et une bataille qui a finalement pris fin en marge du GP de Tchéquie où un accord a été annoncé pour définir les fondements réglementaires, sportifs et commerciaux des prochaines années. Une nouvelle phase lors de laquelle Liberty Media, qui entend transformer le MotoGP en véritable show (business), a demandé une plus grande implication des constructeurs pour que ces derniers étoffent leurs équipes de marketing et communication et que les pilotes participent à davantage d’évènements promotionnels en tout genre pour encore augmenter la visibilité du championnat. On imagine que cela ne sera pas du goût de tous…
Une évolution qui a un coût pour les 5 marques engagées qui ont en retour exigé plus de retombées économiques en provenance d’un promoteur qui entend faire exploser ses revenues dans les années à venir. Il est également question de supprimer une des deux motos du box, comme ce qui se fait dans toutes les autres catégories, pour faire des économies. Même si une deuxième moto en pièce détachées serait tout de même présente à l’arrière du box et que beaucoup s’interrogent sur les économies réalisées alors que dans le même temps une chute lors d’une séance d’essai mettrai un terme immédiat à la séance en l’absence de deuxième moto prête à prendre la piste. Une évolution qui pourrait ajouter de la pression sur les épaules des pilotes avec la crainte d’une chute sans moto de remplacement, tandis que les techniciens en seraient quitte pour des séances de mécanique intense et une moto reconstruite pose parfois question, offrant un feeling en retrait par rapport à la moto numéro 1.
Toujours est-il qu’aucune annonce ferme n’a encore été faite et que plus de détails sur l’accord signé et son contenu sont attendus dans les prochains mois – de là à dire que cet accord rappelle celui signé sur le détroit d’Ormuz… En attendant, pour limiter les risques au départ qui ont conduit aux crashs de Johann Zarco à Barcelone et Jorge Martin au Balaton Park, les holeshot device seront interdits au départ dès ce week-end à Assen. L’espace entre les lignes de départ passera également de 9 à 12 mètres à compter du GP d’Allemagne. Voilà qui va augmenter, certes, la distance entre les pilotes, mais ceux placés en fond de grille seront encore plus loin des pilotes de tête et arriveront au premier freinage avec quelques mètres de gaz ouvert en grand en plus.