Facile vainqueur dans son jardin du Balaton Park, Marc Marquez a confirmé qu’il était revenu à son meilleur niveau en enchainant avec une superbe victoire sur le tracé bien moins favorable de Brno. Écarté de la lutte pour le titre après son opération, l’Espagnol est plus que jamais de retour dans le jeu.
Cette fois, Marc Marquez ne peut plus se cacher. Prudent depuis son opération à l’épaule sur ses capacités à retrouver son plein potentiel physique et à redevenir rapidement un sérieux prétendant à la victoire, le tenant du titre avait planté une première banderille en venant s’imposer en Hongrie, un circuit qui tourne à gauche sur lequel il avait déjà humilié ses adversaires en 2025. Un bon point, mais le test le plus important restait à venir pour le pilote Ducati avec une piste tchèque bien plus physique et partant dans le sens horaire. De quoi revoir ses ambitions à la baisse. « Mon objectif très optimiste était le podium, mais je savais que sur le papier j’étais quatrième en rythme de course, très proche de Pecco. DiGia et Ogura semblaient plus rapides que nous », expliquait l’Espagnol après son 75e succès en MotoGP.
Une victoire acquise de haute lutte face à son coéquipier Bagnaia et un Ogura qui signe son meilleur week-end en MotoGP. Mais l’un comme l’autre auront été un peu court face à celui qui s’offre un véritable jackpot au championnat et revient à seulement 40 points du leader du classement provisoire. Trop peu pour espérer se cacher plus longtemps. « Je ne peux plus dire le contraire, je vais jouer le titre, savoure Marquez. À l’hôpital, cela me paraissait complètement fichu. J’avais manqué deux courses, au Mans et à Barcelone, alors au Mugello j’étais sur la moto, mais c’était perdu pour moi. Et je ne sais pas pourquoi, je suis maintenant derrière les premiers à seulement 40 points ! »
De son propre aveu, il ne lui reste plus longtemps avant de retrouver son plein potentiel. « Il faut que je garde mon calme, que je survive à Assen, surtout parce que c’est un circuit sur lequel j’ai du mal, même quand je suis en forme. Il faudra que j’y sois calme et que j’essaye de comprendre si au Sachsenring, et ensuite après la pause estivale, on arrive à passer en mode attaque. » Un présage qui a de quoi faire froid dans le dos des deux pilotes Aprilia qui mènent le championnat et n’ont pas connu le week-end espéré en République tchèque, loin de là. À commencer par un Marco Bezzecchi qui a littéralement péter un plomb après une chute en Sprint en venant gifler le commissaire qui essayait de relever maladroitement sa RS-GP dans le bac à gravier, la mettant involontairement au rupteur. Un geste impardonnable durement sanctionné par la direction de course qui a empêché le pilote italien de prendre le départ le lendemain et pèse lourd dans son bilan comptable.
Un désastre dont n’a pas vraiment profité un Jorge Martin contraint d’effectuer deux Long Lap suite à sa faute au départ en Hongrie et seulement 9e à l’arrivée. Le camp Aprilia est heureusement sauvé par sa pépite japonaise Ai Ogura qui échouera finalement à seulement 4 dixièmes du vainqueur et d’une potentielle première victoire en MotoGP qui lui tendait les bras. « Les qualifications ont été très bonnes, dans le sprint j’ai eu un bon rythme et ce dimanche je pensais que mon rythme serait encore meilleur, particulièrement vers la fin de la course. Mais Marc en avait un peu plus que moi. Je me suis dit « allez, laisse-moi la gagner celle-ci, tu en as tellement ! » » Malheureusement pour lui, ce n’est pas le genre de la maison…
Sprint : le Bagnaia des grandes heures
Encore en phase de reconstruction après un an et demi qui ont sérieusement entaillé la confiance du pilote italien au guidon de sa Desmosedici, Pecco Bagnaia a fait un nouveau pas en avant en venant remporter son premier Sprint depuis Sepang 2025 à Brno. Le résultat d’un choix de pneu judicieux et du travail effectué ces derniers mois, même si le double champion du monde MotoGP a encore – de son propre aveu – de la marge pour retrouver son meilleur niveau. « Je réfléchis encore trop quand je pilote. Quand on pilote de façon naturelle, les choses viennent plus facilement. Mais ça fait partie du processus. L’année dernière, j’ai perdu beaucoup de confiance et j’ai besoin de reconstruire ma vitesse. J’ai le sentiment qu’on progresse là-dessus, on se rapproche, on travaille bien. » Suffisamment en tout cas pour résister dans les derniers tours à un Ai Ogura dont la réputation de finisher n’est plus à faire et surtout pour devancer son coéquipier Marc Marquez qui n’a pas si souvent terminé derrière lui depuis qu’ils partagent le même box.
Le classement complet
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