Harley-Davidson va rapatrier la production de son bloc Revolution Max — qui équipe la Pan America, la Sportster S et la Nightster — de la Thaïlande vers ses usines de Pennsylvanie et du Wisconsin. Objectif : des motos 2028 entièrement fabriquées aux États-Unis.
Harley-Davidson vient d’annoncer le rapatriement de la production de sa plateforme Revolution Max pour le marché nord-américain. Jusqu’ici assemblé en Thaïlande, le moteur qui anime la Pan America, la Sportster S et la Nightster sera désormais fabriqué dans les usines américaines de la marque, en Pennsylvanie et au Wisconsin. La transition doit être achevée avant le lancement de la production des modèles 2028, prévu en 2027.
Concrètement, ce sont l’usinage, l’assemblage du groupe motopropulseur, la peinture et l’assemblage final des véhicules qui reviennent sur le sol américain. Harley-Davidson indique que cette décision soutiendra plusieurs dizaines d’emplois industriels supplémentaires, dont des postes syndiqués. La marque prévoit par ailleurs de produire plus de 100 000 motos sur son seul site de York, en Pennsylvanie, au cours de l’année 2027. On imagine que ce choix conviendra à la politique du président des États-Unis d’Amérique.
Un contexte commercial et politique favorable et des emplois américains préservés
L’annonce s’inscrit dans la stratégie « Back to the Bricks » (retour aux fondamentaux) que le PDG Artie Starrs — arrivé à la tête de l’entreprise après une carrière chez TopGolf — met en œuvre depuis sa prise de fonction. Harley-Davidson cite explicitement les évolutions de la politique commerciale américaine sous l’administration Trump comme facteur ayant rendu possible cet investissement dans la production domestique. Le timing n’est pas anodin : la marque faisait face ces derniers jours à une campagne d’influenceurs sur les réseaux sociaux l’attaquant précisément sur son recours à la fabrication offshore. La décision était toutefois en préparation depuis plusieurs mois, selon la marque.
Bill Davidson, vice-président et ambassadeur de la marque, arrière-petit-fils du cofondateur William A. Davidson, s’est exprimé sur le sujet : « Ma famille a passé des générations à travailler dans cette entreprise, et j’ai vu de mes propres yeux la fierté, le savoir-faire et le travail qui entrent dans la fabrication des motos Harley-Davidson en Amérique. Ramener ce travail à la maison est une nouvelle étape importante. »
Une plateforme en plein essor
Le Revolution Max 1250 cc est le moteur bicylindre en V à refroidissement liquide qui a permis à Harley-Davidson de s’ouvrir à de nouveaux segments. Lancé sur la Pan America en 2021, il a depuis équipé la Sportster S et la Nightster. Plus récemment, Harley a présenté le concept RMCR (Revolution Max Cafe Racer), très bien reçu et dont une éventuelle version de série reste dans les discussions. Le rapatriement de la production ne porte donc pas sur une gamme marginale : elle concerne l’axe de développement moderne de la marque.
Sur le plan industriel, ce mouvement va à contre-courant d’une tendance générale dans le secteur : Triumph produit en Thaïlande, tout comme Ducati pour sa gamme Asie-Pacifique ou encore BMW en Inde pour certains modèles. Harley choisit ici une direction inverse, en misant sur son ancrage américain comme argument de marque autant que comme levier industriel. De notre côté, lors de nos récents essais, nous n’avons pas constaté de différences entre une Harley-Davidson made in USA et une made in Thaïlande… Les process étant rigoureusement les mêmes, mais il en va sans doute différement pour le ressenti de l’acheteur. Acheter une Harley-Davidson, c’est acheter un petit morceau des États-Unis.