MotoGP Mugello : Marco Bezzecchi triomphe devant son public

En venant remporter sa quatrième victoire de la saison au Mugello, Marco Bezzecchi a surtout réalisé un rêve de gosse. Celui de gagner une course MotoGP devant une foule de tifosis en délire…

Pour un pilote MotoGP, gagner devant son public procure une émotion à nulle pareille. Johann Zarco en sait quelque chose. Aussi, pour Marco Bezzechi qui n’était encore jamais monté sur le podium au Mugello en catégorie reine, le 31 mai 2026 restera gravé à jamais dans la mémoire du pilote de Rimini. Un jour de grâce qui n’a rien d’une surprise tant le pilote Aprilia – qui offre aussi à la firme de Noale sa première victoire à domicile – n’a cessé de démontrer qu’il avait les épaules d’un futur champion depuis le début de saison. Ce fut le cas encore au Mugello avec une course intelligente, d’abord passé à observer le tempo d’un Pecco Bagnaia survolté devant ses fans avant de déborder son compatriote et s’échapper vers une victoire certaine. Une démonstration qui n’enlève rien à l’émotion. « Je suis très heureux, savoure Bez. C’est un rêve que j’avais depuis mon enfance parce qu’on venait voir les courses avec ma mère, mon père et ma sœur. La pole position était belle mais ça, c’est dix fois mieux. En termes d’émotions, c’est similaire à ma première victoire en MotoGP. » Il faut dire qu’avec un record de fréquentation, on se serait cru aux grandes heures de l’Italie venant assister aux exploits de Valentino Rossi. Sauf que cette fois, la star, c’était Bezzecchi. « Sur le podium, voir toute la ligne droite remplie de monde, avec mes drapeaux, les cornes de brume… La foule était incroyable, ils suivaient mes mouvements. Je me suis senti comme une superstar ! Je sens que je fais partie de cette foule, parce qu’il n’y a pas si longtemps, j’étais parmi eux. C’est pour ça que ça signifie tant pour moi. »

Cela signifie aussi maintenir son avance sur un Jorge Martin qui a remis les choses à l’endroit en Italie après un week-end mouvementé du côté de Barcelone et ne cède que deux points à son coéquipier après les deux courses du week-end. L’Espagnol était satisfait de sa course, malgré une mise en action un peu moins bonne que le n°72. « J’ai fait quelques erreurs en début de course et je pense que j’ai perdu une chance de me battre pour la victoire. Dans les trois derniers tours, mes pneus étaient finis et j’étais aussi fini physiquement, donc j’ai juste décidé de rester à ce rythme et de prendre ces points, qui sont très bons. Un week-end très solide. Marco me fait de plus en plus repousser mes limites pour essayer de le battre, mais ça fait aussi progresser l’usine. »

Une usine Aprilia qui a bien failli s’offrir un deuxième triplé historique après celui obtenu au Mans grâce à un Ai Ogura supersonique dans les derniers tours, comme à son habitude. Il s’en sera fallu de peu pour que Pecco Bagnaia conserve sa place sur le podium, une troisième place qui avait des allures de victoire. « J’ai eu peur dans le dernier tour, avoue le pilote Ducati. Quand j’ai vu que Ai Ogura était mon plus proche poursuivant, Je me suis dit « Il va revenir ». Il est incroyable dans les derniers tours. J’ai commencé à entendre sa moto au virage 12 et je me suis dit « Je dois freiner aussi fort que possible au dernier virage pour ne pas lui laisser la place, et s’il essaie de me doubler, il sortira large. » La stratégie a été la bonne mais un peu à la limite ! Perdre le podium dans le dernier virage, après une telle course, ça aurait été un désastre. Je ne voulais pas partir du podium et je voulais profiter de la foule. Les émotions étaient fortes, même si je n’ai pas gagné, parce que je sens qu’on a vraiment mérité ce résultat. »

Un team Ducati officiel qui retrouve peu à peu des couleurs avec le retour en piste d’un Marc Marquez seulement 7e à l’arrivée et encore loin d’être à 100% de son potentiel physique, mais désormais débarrassé de ses mauvaises sensations dans le bras droit. « Pour moi, le plus important ce week-end est justement que cet engourdissement n’était plus là, a expliqué l’Espagnol. J’ai ressenti quelque chose de nouveau dans mon bras et c’était l’objectif principal de l’opération. À partir de maintenant, peu importe où se situe mon 100%. Je vais simplement essayer d’atteindre mon maximum chaque jour, que je me sente fatigué ou non. Je vais pousser ce bras à sa limite et voir jusqu’où cela peut me mener. »

Sprint

Trop irrégulier à son gout depuis le début de saison, Raul Fernandez était cette fois au maximum de son potentiel pour le Sprint de 11 tours samedi au Mugello. Et quand on conjugue talent et meilleure moto du plateau, cela donne un premier succès en Sprint presque plus émouvant que sa première victoire un dimanche à Phillip Island l’an passé. « Je pleurais un peu dans le dernier virage, lâche le pilote Trackhouse à l’arrivée. C’est très important pour moi parce que cette fois, ma famille et mon frère sont avec moi. Ils me soutiennent toujours quand la situation n’est pas idéale, ils me font confiance. Je suis aussi super ému parce que quand les résultats ne viennent pas et que tu continues à travailler, tout finit par arriver. » De quoi devancer en tout cas un Jorge Martin qui continue de mettre la pression sur son coéquipier Marco Bezzecchi avec une belle deuxième place, quelques heures après avoir battu le record de vitesse absolu d’une MotoGP à 368,6 km/h. Un rythme impossible à tenir pour un Fabio di Giannantonio qui se positionnait une nouvelle fois comme meilleur pilote Ducati en Sprint et savoure une excellente médaille de bronze sur ses terres.

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