Le week-end dernier, l’Ultimate Cup Moto faisait étape sur le circuit de Lédenon pour la deuxième manche de la saison. L’occasion pour nous d’y être invités afin de participer à la 700 Cup. Anciennement R7 Cup, cette coupe monotype se dispute à armes égales : seul le pilotage fait la différence à bord de la Yamaha R7. Voici ce qu’il faut savoir de l’Ultimate Cup, sur son coût, la préparation de la moto, le déroulement d’un week-end de course…
Crédits photo : Thery GO2 Creation.
Photo Thery Go2création
Ultimate Cup : 30 pilotes dont près de la moitié de pilotes amateurs ce qui en fait une formule accessible aux pilotes débutants
Habitué du circuit de Lédenon, c’était un choix assez naturel pour moi de participer à cette manche en tant qu’invité du week-end. Pourtant, en dehors de l’essai de la R7 2026 réalisé un mois plus tôt et de deux sessions effectuées il y a deux ans sur le circuit d’Alès, la R7 reste une quasi découverte, surtout dans sa version préparée pour la course. En outre, ce n’est que ma seconde course. Je suis donc logiquement engagé en catégorie Challenger, réservée aux pilotes sans palmarès en compétition. Nous sommes 13 dans ce cas ce week-end, pour un plateau total d’environ 30 pilotes. Voilà qui montre que l’Ultimate Cup reste amplement accessible à un public de pistard amateur à l’inverse d’une catégorie comme le FSBK (championnat de France Superbike) au sein duquel tous les pilotes ont passé de nombreuses heures sur les tracés de France et de Navarre…
Ultimate Cup : le calendrier 2026
Lédenon constitue la deuxième manche du championnat, qui en compte cinq au total, soit largement de quoi rouler et avec le Castellet en octobre, le risque de pluie est assez limité :
- Magny-Cours début avril
- Lédenon en mai
- Le Vigeant en juillet
- Nogaro en août
- Le Castellet en octobre

Organisation du week end en Ultimate Cup : deux jours bonus pour rouler beaucoup !
La semaine de course débute dès le mercredi soir pour s’installer dans le paddock, puisque l’Ultimate Cup propose deux journées d’essais : le jeudi en format track day et le vendredi en essais privés chronométrés.
La journée du jeudi permet de se familiariser avec le circuit, ouverte à tous les pilotes, répartis en trois groupes de niveau. On y retrouve toutefois principalement les compétiteurs. Seuls deux ou trois pilotes extérieurs débutants s’étaient glissés dans le groupe 3, correspondant globalement à un niveau confirmé, la majorité roulant déjà sous les 1’40. Le vendredi bascule ensuite sur des essais privés, organisés en quatre groupes de roulage avec chronos. Le groupe le plus faible est d’ailleurs largement composé de Yamaha R7, ce qui permet de rouler ensemble en amont des roulages officiels.

Pour ma part, j’ai roulé uniquement le jeudi (moins cher que le vendredi), soit 6 sessions pour un total de 2h20 de roulage, ce qui m’a permis de découvrir la R7 sur ce tracé. Les premiers essais officiels débutent samedi matin avec deux séances libres de 15 minutes, suivies d’une séance qualificative en début d’après-midi de 20 minutes, puis de la course 1 à 18h. Le meilleur temps au tour réalisé en course 1 détermine la grille de départ de la course 2, prévue dimanche matin à 10h.
Le planning peut légèrement évoluer selon les week-ends de course.

Louer une R7 à l’Ultimate Cup :
L’Ultimate Cup propose une formule location qui est assez inédite dans sa formule, pour celles et ceux qui ne veulent pas investir dans une moto de course et qui ne veulent faire qu’une partie du championnat. La Yamaha R7 proposée à la location pour la journée du vendredi et le week-end est au tarif de 2 490 €. En gros, 830 euros par jour, hors caution (voir plus bas).

Et à ce prix-là, le traitement est digne d’un pilote pro. Tout est pris en charge : transport de la moto, contrôle technique, essence remise entre chaque session, installation sur béquilles avec couvertures chauffantes dès le retour au box. Un train de pneus neuf est monté pour les qualifications, puis conservé pour les deux courses (règlement oblige), avec vérification des pressions avant chaque départ. Les mécaniciens sont là pour les réglages si nécessaire, et même tout le matériel de prégrille est fourni : béquilles, couvertures, groupe électrogène… tout est prêt, tout est orchestré, il n’ y a plus qu’à rouler !


En résumé, vous arrivez avec votre équipement et votre licence, l’organisation s’occupe du reste. Un dispositif qui permet de se concentrer uniquement sur son week-end de course mais aussi de venir seul sur un week-end ce qui n’est pas possible normalement.
Outre le prix de la location, une caution au montant bien salé est également demandée : 5 000 €. Une sécurité logique sur ce type de prestation, puisque, dans les faits, vous payez ce que vous cassez. Sur le papier, cela paraît normal. Et, de toute façon, une fois le casque sur la tête, on oublie vite le chèque laissé en garantie. Mais il faut être honnête : avant de partir en piste, une certaine appréhension est bien présente.

Comment est préparée la Yamaha R7 de L’Ultimate Cup ?
Cette R7 est préparée en fonction du règlement technique de la Cup et pour gagner en performance. On retrouve notamment une ligne Akrapovič ainsi que des suspensions différentes de l’origine. À l’avant, seul un kit cartouche est autorisé, tandis qu’à l’arrière on retrouve un amortisseur Öhlins. Son châssis, rendue plus rigide, se veut plus rigoureux, même si elle pardonne encore beaucoup les erreurs de pilotage. En cas de chute, la moto reçoit des carénages en polyester avec sabot récupérateur pour les fluides, mais aussi des protections de carters et des tampons de protection. Le règlement impose également une mousse dans le réservoir ainsi qu’un bocal de récupération des fluides et un feu de pluie. Côté pilotage, on gagne aussi en efficacité avec des platines reculées sur lesquelles les repose pieds sont ajustables, un shifter Up uniquement à cause de l’accélérateur par câble (shifter up et down sur la nouvelle génération équipée du ride by wire et de la centrale inertielle), et surtout la suppression de l’ABS afin de retrouver un freinage totalement direct. Mais celui-ci ne doit pas être utilisé de trop car avec 74cv il faut garder un maximum de vitesse de passage pour ressortir au mieux des virages. Enfin, toutes les motos sont équipées de Michelin Power Cup 2 afin de garantir une stricte égalité. Tout ce qui touche au moteur reste entièrement d’origine, y compris la démultiplication ! Ce qui est assez étrange car il y a parfois besoin d’adapter sa transmission finale aux différents tracés – on ne roule pas avec le même braquet à Carole ou au Paul Ricard. En revanche, cette non modification est aussi un gage d’équité et nécessite moins de mise au point durant les week-ends de courses. Certains pilotes montent tout de même des demi-guidons adaptables ou remplacent le neiman par un simple bouton ON/OFF, mais cela reste facultatif. La marque des équipements est libre pour toutes les pièces. On n’est pas obligé de choisir un échappement Akrapovic ou des platines gilles tooling par exemple même si ce sont les plus répandus.

Samedi Jour de course de l’Ultimate Cup : en immersion avec Moto Station
Première séance chrono avec les autres pilotes : 1’36”3. Je suis le premier surpris en voyant le chrono tomber, avec une seconde gagnée par rapport au jeudi, mais encore plus en découvrant le classement : P2 en Challenger. De quoi rapidement prendre confiance, même si je sais que cette première séance ne veut pas dire grand-chose tant le niveau global reste relevé.
Lors de la deuxième séance, je teste plusieurs choses sur mes trajectoires et mes freinages. Le chrono remonte en 1’36”9 pendant que les autres améliorent nettement. Je sens alors que le niveau monte d’un cran et, honnêtement, je n’aborde pas la qualification avec une énorme confiance. Je savais qu’en testant certains repères que je n’avais pas travaillés le jeudi, je n’allais pas forcément améliorer, surtout avec des pneus en fin de vie, mais je pensais tout de même refaire le même chrono. L’attente jusqu’à 15h est longue et la pression commence à monter…
A faire au moins une fois ! Et combien coûte un week end de course en Ultimate Cup ?
Avec sa R7 préparée :
- 456 € pour l’engagement à la première et dernière manche
- 414 € pour l’engagement à chaque manche intermédiaire
- environ 200 € pour les essais du vendredi (facultatif)
- environ 150 € pour les essais du jeudi (facultatif)
- environ 400 € pour un train de Michelin Power Cup 2
- environ 18 litres d’essence uniquement pour le week-end, comptez 50 litres pour les 4 jours
Naturellement, suivant votre lieu de résidence, vos frais de déplacement seront différents. Les pistards du sud et de Lyon font régulièrement des économies car ils parcourent moins de distance que les pistards du nord de la France.
C’est une expérience unique que propose l’Ultimate avec cette formule tout compris. Pendant les qualifications et les courses, vos proches ainsi que vos sponsors auront également la possibilité de suivre l’événement grâce au live de l’Ultimate Cup. Les courses étant retransmises en direct sur YouTube et Twitch, il est aussi possible de les revoir après coup. En revanche, si vous n’êtes pas dans le top 5, votre temps d’antenne reste forcément plus limité, les réalisateurs se concentrant principalement sur l’avant du plateau, surtout pendant les courses.

Qualification : 20 minutes décisives ! La pression monte et pas que celle des pneus !
Pneus neufs montés pour la séance, il faut maintenant aller chercher le chrono sur un tour. Je pars immédiatement, mais impossible d’avoir un tour totalement clair. Entre le trafic et quelques pilotes plus lents dans certains secteurs, je peine à enchaîner proprement. Après seulement trois tours, je rentre avec un 1’35”7. Satisfait de l’amélioration, mais je sais qu’il reste encore de la marge.
Je repars ensuite en espérant accrocher une bonne roue, mais je me retrouve une nouvelle fois gêné. Finalement, dans le dernier tour, la piste s’ouvre enfin devant moi. Je peux rouler sans perturbation, même si personne n’est là pour me tirer. Le chrono tombe : 1’35”0. Je ressors malgré tout satisfait de cette qualification. Ce temps me place 11e au général et surtout P3 en Challenger pour la course prévue trois heures plus tard. Devant, Enzo Dupuis pose un chrono de référence en 1.30.9 à 1.5 secondes de sa poursuivante Carla Mulot. Elle fait partie des 5 féminines engagées sur cette manche et elle vise le WorldWCR l’année prochaine soit le championnat du monde féminin. Nous lui souhaitons bon courage !
Course 1 : prendre un départ de course est une réelle expérience motarde !
Bon envol au départ. J’effectue un premier tour propre sans me faire piéger dans le peloton. À la fin du premier tour, je suis alors 10e et 2e Challenger. Le rythme est soutenu devant et je décroche progressivement.

Après six tours de course, le troisième Challenger tente une attaque dans le dernier virage. Je le recroise en sortie, mais il me fera la même au tour suivant et je ne parviendrai pas à m’accrocher. Je décide alors de ne pas prendre de risques en fin de course. Je sais que je suis 3e et que mon poursuivant pointe à plus de 8 secondes derrière, alors j’assure jusqu’au drapeau à damier. Devant Enzo est parti seul en tête et va gagner cette course avec près de 10 secondes d’avance. Derrière c’est une lutte à 3 entre Eliott Carvalho, Noa Bennati et Théo Eisen. Malheureusement, dans le dernier virage du dernier tour, Théo va percuter un retardataire et chuter laissant le podium à Eliott suivi de Noa.
En challenger, Tom Dutour l’emporte devant Alexandre Losson et moi même
Je termine donc P10 au général et P3 Challenger. Un premier podium en course qui fait forcément plaisir. Je profite pleinement de la douche de champagne et le stress retombe immédiatement. Je me sens beaucoup plus détendu avant d’aborder la deuxième course du lendemain. Mais avant ça, la soirée organisée par l’Ultimate au cœur du village Yamaha 700 finit de détendre l’atmosphère. On refait la course avec mes concurrents, chacun l’ayant vécue à sa manière.
Ce moment d’échange, autour d’une fontaine de punch et d’une paëlla au coucher du soleil, a quelque chose de particulier. Pendant quelques heures, la pression retombe complètement. Le paddock retrouve une ambiance simple et conviviale, loin de la pression de la piste et de la compétition ; il y a de la fraternité dans ce sport et à ce niveau amateur, tout simplement parce que nous savons tous que personne ici n’ira un jour en MotoGP, au mieux, ce sera une bonne place dans un team d’endurance non officiel. Un vrai régal.
Une fontaine de punch, léger le breuvage évidemment et à consommer avec modération, pour finir la soirée
Paëlla dans le village Yamaha, un lieu d’échanges et de totale décontraction.
Dimanche : confirmer le résultat
Course 2, départ depuis la 13e position sur la grille à cause de mon temps en course 1. Je pars à l’extérieur et ça me convient bien. Une nouvelle fois, l’envol est bon. Je gagne rapidement plusieurs places dans les premiers virages et je boucle le premier tour aux portes du top 10. Très vite, je me retrouve derrière un concurrent (Jonas Zajac), avec qui je vais passer une grande partie de la course roue dans roue, avec un autre pilote juste derrière moi.

Le rythme monte immédiatement d’un cran. On enchaîne les tours en 1’34 et, pour la première fois du week-end, je commence vraiment à sentir que je peux tenir ce rythme sur la durée. Je suis 2e de ma catégorie et mon prédécesseur n’en fait pas partie, je n’ai donc pas l’obligation de le doubler immédiatement. J’attends patiemment, mais à Lédenon, suivre un pilote de près demande énormément de concentration avec ce relief si particulier et ces nombreux virages à l’aveugle. La moindre erreur se paie immédiatement. Devant Enzo se détache encore et la bataille à 3 pour les 2 places du podium continue.
À chaque passage sur la ligne, je regarde le panneautage. L’écart avec le troisième Challenger oscille autour d’1,5 seconde. Suffisant pour respirer un peu, mais certainement pas assez pour gérer complètement. Je reste donc concentré, sans prendre de risques inutiles. Devant moi, Jonas commence à commettre quelques petites erreurs. Rien de bien méchant, mais assez pour sentir qu’il est un peu plus en difficulté en fin de course. Dans plusieurs virages, je sais que je peux être plus rapide que lui, mais je n’arrive pas à passer. À trois tours de l’arrivée, il élargit légèrement à l’entrée du fer à cheval et j’en profite immédiatement pour porter mon attaque. Il repasse dans le droit qui suit par l’extérieur. Le tour suivant, je lui fais la même chose que lui et cette fois, je parviens à conserver l’avantage.
Dans les derniers tours, une chute devant nous me permet encore de gagner une position. Je franchis finalement la ligne à la 8e place au général et surtout 2e Challenger. Enzo Dupuis gagne pour la 4e fois consécutive de la saison prenant largement les devant au championnat. Le podium sera le même que la course 1 et Théo termine au pied du podium. Première féminine sur les 2 courses Carla se classe 4e et 5e.

Double podium pour mon tout premier week-end de course en Yamaha R7. Honnêtement, je ne m’attendais pas à repartir avec un tel résultat en arrivant ici quelques jours plus tôt sans quasiment connaître la moto. Entre la découverte de la machine, le niveau relevé du plateau et la pression d’un vrai week-end de course, ce résultat a forcément une saveur particulière. Une chose est sûre : ça donne envie d’y retourner très vite.

Le fait de rouler avec des motos strictement identiques permet de véritablement se battre à armes égales, quel que soit le niveau. Dans cette coupe, on retrouve aussi bien de très bons pilotes que des participants qui découvrent la compétition pour leur toute première course. Les niveaux et les âges sont donc très variés et les batailles en piste se trouvent à tous les niveaux.
Globalement, l’ambiance reste assez jeune, avec plusieurs pilotes de haut niveau encore mineurs, mais on retrouve surtout une vraie convivialité et une entraide marquée entre les participants, renforcée par la dynamique du village Yamaha. Une atmosphère à la fois détendue et stimulante, particulièrement propice à l’apprentissage et aux débuts en compétition. Je suis arrivé dans le paddock sans connaître personne et je suis reparti avec des amis et des pilotes avec qui je roulerai encore dans l’avenir.
