En 2026, Harley-Davidson fait évoluer sa gamme Grand American Touring avec des modèles appelés Limited finalement très proches, dans l’esprit, des modèles Ultra Limited. Les Street Glide Limited et Road Glide Limited adoptent des évolutions à tous les niveaux : moteur Milwaukee Eight VVT 117, partie cycle revue pour un meilleur confort et une meilleure garde au sol, équipement électronique complet, ce sont deux motos américaines toujours plus à l’aise sur nos routes d’Europe. Un grand pas en avant ? Oui, à l’exception de la marche arrière…
La présentation presse Européenne des nouvelles tourer Limited représente un temps fort de la marque Harley-Davidson pour ce millésime 2026. Il y en a d’autres, une belle présence au salon de la moto de Lyon, toujours les festivals de la marque qui connaissent un succès certain pour les fans et même un public plus large, l’arrivée de la marque en MotoGP avec un contest de Bagger ultra préparés, le repositionnement de certains modèles comme la Nightster qui devrait connaitre une carrière relancée, bref, il y a des évènements pour le géant américain en 2026 qui en a bien besoin, les ventes étant en net repli depuis 10 ans, mais l’arrivée d’un nouveau directeur général accompagné de son plan pourrait être bénéfique.
Dans ce contexte, Harley Davidson nous présente les nouvelles Street Glide et Road Glide Limited. Elles endossent le rôle de nouvelles références pour la famille Grand American Touring, en remplacement des modèles Ultra Limited, plus âgés de conception. Restent au sommet de la hiérarchie, les modèles CVO (Custom Vehicule Operation) naturellement.
Harley-Davidson Street Glide & Road Glide Limited 2026 : les points clés
- Deux motos Touring qui ont la vocation de voyager loin et à deux.
- Les mêmes recettes que les modèles Grand American Touring de 2024 en améliorant tous les points.
- Street Glide Limited, Road Glide Limited à partir de 35 500 €
- Deux salles, deux ambiances. Sept couleurs et deux finitions pour la chaine cinématique moteur : chrome ou noir
- Street Glide, carénage Batwing et Road Glide, carénage Shark Nose
- Nouvelles roues usinées en aluminium coulé, Très belles au passage !
- Nouvelles commandes aux pieds, sélecteur double branche, plus des repose pieds highway, pour les longues distances.
- Nouveau Tour pack hyper logeable, 159 litres de bagages en comptant les valises
- Nouveau système audio 200 watts, haut parleurs Avant et Arrière
- Nouvelles selles chauffantes
- Nouveau design des sacoches avant, intégrant des rangements.
- Moteur Milwaukee Eight VVT 117. Distribution variable, cotes typées longue course
- 117 Cubic Inches, soit 1923 cm3. Culasses refroidies par liquide, cylindre arrière déconnectable pour limiter la chaleur du moteur, lubrification augmentée en 2026.
- Puissance : 107 ch à 5 020 trs/min
- Couple : 175 Nm à 3 500 trs/min
- Emission de CO2 : 140 g CO2 par KM, conso de 5,9 l/100 km
- Hauteur de selle : 740 mm
- Longueur : + de 2m60
- Poids en ordre de marche : 405 kg pour la Street Glide, 417 kg pour la Road Glide
- Réservoir : 22,7 litres
- Techno : Ecran TFT hyper large, et tactile. Connecté Bluetooth Apple Carplay
- Prise USB C et A
- Eclairage full leds et nouvel éclairage intégré aux petites sacoches avant
- Freinage ABS, freinage interconnecté, contrôle de traction, modes moteur, contrôle du couple
La vidéo de l’essai :
Les conditions de l’essai : Une pleine journée de Nevada… dans le sud espagnol !
Une pleine journée d’essai dans le sud de l’Espagne pour tester les deux motos à tour de rôle. Peu d’autoroute, mais des belles nationales et départementales pour environ 160 km d’essai. Conditions sèches, températures de 10 à 20°C au moment de l’essai.
Premiers regards, finitions : 5/5
La note maximale est atteinte, tout simplement parce que ces deux motos, pour le genre cruiser, sont vraiment très belles. Le style est évidemment conforme au design connu sur ces belles américaines, mais la qualité d’ensemble est très élevée. Ceci, indépendamment de leur lieu de fabrication, USA ou Thaïlande, sans que l’on puisse en deviner l’origine (en fabriquant en Thaïlande, H-D contourne les diverses taxations).
Les peintures sont profondes, pailletées, l’assemblage impeccable et Harley Davidson a beaucoup travaillé sur la dissimulation des câbles et la qualité de la visserie, deux aspects réclamés par les clients en Europe. Des belles motos, mais reconnaissons que nous n’en attendions pas moins vu le positionnement très haut de gamme. Enfin, le style général est tout de même sans réel audace, elles sont dans la continuité de ce que l’on connait chez Harley-Davidson et, de ce fait, elles n’apportent pas un vrai sentiment de renouveau.
Vie à bord, position, ergonomie : 4/5
Là encore, il faut considérer ces Harley Davidson Street Glide et Road Glide Limited 2026 dans leur contexte. Ce sont d’imposants cruisers réfléchis et conçus outre Atlantique. Les dimensions sont donc hors normes avec plus de 2,60 m de long et plus de 400 kg sur la balance. A elles deux, elles pèsent le poids d’une petite voiture thermique d’il y a quelques années ! Harley-Davidson cherche tout de même à limiter le poids de ces modèles « vitrines de la marque », mais pas au point de recourir à l’aluminium pour le châssis ou au plastique pour l’habillage. Non, ici, c’est du métal et même du heavy métal !
Le heavy métal, vous pouvez aussi l’avoir dans les oreilles avec le nouvel ensemble audio haute définition. Les motos ne sont pas démarrées, l’essai n’a pas débuté, que déjà, nous sommes plusieurs à tester les basses et l’amplitude du système audio… Inutile de mesurer 1m80 pour grimper à bord avec la selle très basse, mais, ne croyez pas que ces engins là se destinent uniquement aux petits gabarits car il va falloir relever la moto de son unique béquille latérale et là, il faut déclencher un bon coup de hanche et d’épaule pour relever chacune d’elles. Bigre, c’est du lourd !
Quelque part, le poids de ces motos constitue aussi l’un de leurs problèmes majeurs. Certains clients, plus tout jeune ou pas, se détournent d’elles simplement en raison de leurs poids. Clairement, c’est dissuasif !
En parallèle, la position de conduite est relaxante, avec des formes de guidon qui sont très distinctives d’une moto à l’autre. Sur la Road Glide, le guidon est vraiment plus haut et les poignées reviennent vers le pilote. On roule alors bras ouverts, écartés et les coudes en semi hauteur. La direction apparait plus éloignée du pilote que sur la Street Glide qui possède un guidon bien plus bas et avancé de quelques centimètres. Nous le verrons plus tard, mais la Street Glide est plus à l’aise lors des évolutions lentes.
Dans tous les cas, la position de conduite est sénatoriale, assis sur un fauteuil de président avec les reins bien maintenus… C’est quand même la classe ! En détaillant les commodos et le tableau de bord semi tactile, on devine qu’il faudra un peu de temps avant de parfaitement connaître l’ensemble des fonctions de bord, un peu à la manière d’un avion de ligne, mais cela fait partie du plaisir de ces motos et, après coup, la Motor Company s’est bien débrouillée de la navigation dans les menus.
Tous les moteurs sont allumés, les twins vrombissent, mais dans une sonorité d’échappement contenu. Et oui, ces belles américaines respectent scrupuleusement les normes alors n’en attendez pas trop côté sonorité. C’est conforme au genre custom, c’est dans la philosophie Harley-Davidson, mais la bande son ne vous abimera pas les tympans… Et à titre perso, je la trouve un peu fade pour le mythe Harley-Davidson, mais il parait que cette notion est totalement dépassée de nos jours, soit… et tant pis si je m’apparente à un dinosaure.
Au moment de partir, il y a deux virages à effectuer en descente dans les graviers et il est évident que ces manœuvres demandent un peu de concentration avec ces porte-avions sur roues… Pour partir de l’hôtel, ça passera, au retour, un confrère que je ne nommerai pas aura allonger une Road Glide sur le flanc. Je n’ai pas fait mieux en cours de journée sur un demi-tour sur un parking présentant une vicieuse pente latérale… sans dommage lorsque ces motos sont posées à vitesse nulle, mais il faut trouver des bons samaritains pour les relever. Seul et avec le dévers, c’est impossible.
Moteur, agrément, performances : 4/5
Dieu soit loué, nos motos jouissent de la présence du double sélecteur et j’adore ça ! Monter les rapports au talon s’avère très plaisant, mais ça ne séduit pas tout le monde. A ce titre, la sélection est impeccable, ferme juste ce qu’il faut avec un verrouillage franc et sonore. L’ensemble mécanique Milwaukee Eight VVT 117 est, il est vrai, bourré d’agrément. Harley-Davidson, afin de réussir à passer les normes tout en conservant de la puissance et du couple, a utilisé certaines technologies comme le refroidissement mixte (culasses refroidies par eau) du bloc qui reçoit aussi une distribution variable. Bref, les chiffres sont éloquents : 117 Cubic Inches, soit 1923 cm3, une puissance de 107 ch à 5 020 trs/min et un couple de 175 Nm à 3 500 trs/min. Du costaud, de l’épaisseur, de la densité, mais le comportement moteur est très linéaire à l’usage et presque feutré eu égard aux données chiffrées. Point de vibration et une ambiance très lisse.
Certes, si vous basculez du mode moteur route à sport, l’accélération se montre plus tonique et plus instantanée, mais sans jamais devenir « sauvage » comme on pourrait l’imaginer. On le comprend, Harley-Davidson ne souhaite pas bousculer sa clientèle cible qui l’utilisera en mode balade à deux et en amoureux, mais ce bloc Milwaukee Eight VVT 117 brille bien davantage par sa rondeur, sa souplesse pour la cylindrée, sa disponibilité de 2 200 à près de 5 500 trs/min plutôt que par un envoutant caractère. Les normes, je vous le dis, n’y sont pas étrangères. Alors, à défaut de s’extasier à chaque rotation de la poignée à 3 000 trs/min, on se régalera de l’utiliser aux allures usuelles sur le réseau secondaire avec son côté élastique, sa force naturelle. Attention tout de même aux excès de vitesse car ce gros moteur a besoin de rouler à plus de 90 km/h en sixième pour donner le meilleur de lui-même, et à l’usage, on roule souvent entre 110 et 130 km/h, un peu vite pour les départementales.
Comportement, confort, sécurité : 4/5
Qui a dit que les Harley ne tenaient pas la route ??? Certainement pas nous et cela depuis un moment. En effet, depuis de nombreuses années, plus de 10 ans, Harley-Davidson a réellement pris en considération les attentes et les besoins des motards qui « tournent », donc, les motards Européens. Désolé de ce raccourci un rien arrogant, mais les motards américains sont plus habitués à prendre des itinéraires rectilignes que nous autres, motards du vieux continent. En cela, la tenue de route est saine, les prises d’angle ne sont pas si contraignantes que cela grâce à une garde au sol vraiment convenable pour ce genre de motos.
Le freinage est également performant. Certes, les motos sont très lourdes et cela se ressent lors des ralentissements en descente par exemple, mais compte tenu du gabarit, c’est vraiment satisfaisant. La sécurité est donc au rendez-vous. D’ailleurs, elle a évolué d’un point de vue électronique avec des assistances plus fines : contrôle de traction et freinage qui prend en compte le degré d’inclinaison… Certes, en roulant relax, elles ne servent pas à grand chose, mais les revêtements humides ne seront plus le piège d’il y a quelques années avec ces motos très coupleuses – rouler sur les pavés mouillés avec autant de couple peut réserver des vilaines surprises.
Côté confort, au delà du superbe accueil réservé à l’équipage, les suspensions font un bon boulot sur les bons et moyens revêtements. Sur les bitumes très fripés, les nids de poule dignes d’être dénoncés par la FFMC, il n’y aura pas de miracle à la Donald Trump pour préserver vos vertèbres. Normal avec si peu de débattements, mais on s’y attendait et les pilotes de méga cruisers savent les éviter.
Equipement : 4/5
L’équipement global de ces motos est pléthorique, bien conçu, bien pensé. Pour voyager loin et à deux, c’est le top du genre et la capacité d’emport est très bonne avec le généreux Tour Pack et les sacoches latérales qui peuvent engloutir beaucoup de vêtements bien pliés dans des sacs souples. Musique, playlist, GPS, protection des occupants, ce sont des motos faites pour rouler loin et si bien.
En revanche, l’absence de marche arrière est un vrai préjudice. A deux, on s’en sort toujours avec le passager qui peut pousser la moto depuis le phare ou la tirer depuis le porte paquet, mais seul et si l’on se gare au mauvais endroit ou ne serait ce que sur des graviers, l’affaire peut vite tourner à la vraie galère. Monsieur Harley-Davidson, si Honda dote sa GoldWing d’une marche arrière, vous en êtes capable pardi !
Conclusion : Les tourers ont évolué, on ne les achète plus pour les mêmes raisons ?
Les nouvelles tourers ou Grand American Touring de chez Harley-Davidson sont toujours des motos fabuleuses dans leur genre. Belles, bien fabriquées, iconiques, elles répondent parfaitement au besoin d’aventure à l’américaine qu’elles véhiculent. En cela, elles sont en progression à de nombreux niveaux, aussi bien sur l’aspect dynamique que la dotation d’équipement ou les performances du moteur. Bref, ce sont de très bonnes motos. Deux vrais regrets selon nous (ou selon moi), l’absence de marche arrière et le fait que ce moteur aussi complet soit il ne délivre au final que peu de sensations rapporté à sa cylindrée ou à son blason. Si on appelle la marque la Motor Company, c’est avant tout pour avoir des sensations moteur et c’est de moins en moins le cas alors que les moteurs n’ont jamais aussi gros et performants. C’est bien dommage… Nostalgie des good vibrations quand tu nous tiens, Euro5+ quand tu nous tues…
En 2026, Harley-Davidson fait évoluer sa gamme Grand American Touring avec des modèles appelés Limited finalement très proches, dans l’esprit, des modèles Ultra Limited. Les Street Glide Limited et Road Glide Limited adoptent des évolutions à tous les niveaux : moteur Milwaukee Eight VVT 117, partie cycle revue pour un meilleur confort et une meilleure garde au sol, équipement électronique complet, ce sont deux motos américaines toujours plus à l’aise sur nos routes d’Europe. Un grand pas en avant ? Oui, à l’exception de la marche arrière…
La présentation presse Européenne des nouvelles tourer Limited représente un temps fort de la marque Harley-Davidson pour ce millésime 2026. Il y en a d’autres, une belle présence au salon de la moto de Lyon, toujours les festivals de la marque qui connaissent un succès certain pour les fans et même un public plus large, l’arrivée de la marque en MotoGP avec un contest de Bagger ultra préparés, le repositionnement de certains modèles comme la Nightster qui devrait connaitre une carrière relancée, bref, il y a des évènements pour le géant américain en 2026 qui en a bien besoin, les ventes étant en net repli depuis 10 ans, mais l’arrivée d’un nouveau directeur général accompagné de son plan pourrait être bénéfique.
Dans ce contexte, Harley Davidson nous présente les nouvelles Street Glide et Road Glide Limited. Elles endossent le rôle de nouvelles références pour la famille Grand American Touring, en remplacement des modèles Ultra Limited, plus âgés de conception. Restent au sommet de la hiérarchie, les modèles CVO (Custom Vehicule Operation) naturellement.
Harley-Davidson Street Glide & Road Glide Limited 2026 : les points clés
- Deux motos Touring qui ont la vocation de voyager loin et à deux.
- Les mêmes recettes que les modèles Grand American Touring de 2024 en améliorant tous les points.
- Street Glide Limited, Road Glide Limited à partir de 35 500 €
- Deux salles, deux ambiances. Sept couleurs et deux finitions pour la chaine cinématique moteur : chrome ou noir
- Street Glide, carénage Batwing et Road Glide, carénage Shark Nose
- Nouvelles roues usinées en aluminium coulé, Très belles au passage !
- Nouvelles commandes aux pieds, sélecteur double branche, plus des repose pieds highway, pour les longues distances.
- Nouveau Tour pack hyper logeable, 159 litres de bagages en comptant les valises
- Nouveau système audio 200 watts, haut parleurs Avant et Arrière
- Nouvelles selles chauffantes
- Nouveau design des sacoches avant, intégrant des rangements.
- Moteur Milwaukee Eight VVT 117. Distribution variable, cotes typées longue course
- 117 Cubic Inches, soit 1923 cm3. Culasses refroidies par liquide, cylindre arrière déconnectable pour limiter la chaleur du moteur, lubrification augmentée en 2026.
- Puissance : 107 ch à 5 020 trs/min
- Couple : 175 Nm à 3 500 trs/min
- Emission de CO2 : 140 g CO2 par KM, conso de 5,9 l/100 km
- Hauteur de selle : 740 mm
- Longueur : + de 2m60
- Poids en ordre de marche : 405 kg pour la Street Glide, 417 kg pour la Road Glide
- Réservoir : 22,7 litres
- Techno : Ecran TFT hyper large, et tactile. Connecté Bluetooth Apple Carplay
- Prise USB C et A
- Eclairage full leds et nouvel éclairage intégré aux petites sacoches avant
- Freinage ABS, freinage interconnecté, contrôle de traction, modes moteur, contrôle du couple
La vidéo de l’essai :
Les conditions de l’essai : Une pleine journée de Nevada… dans le sud espagnol !
Une pleine journée d’essai dans le sud de l’Espagne pour tester les deux motos à tour de rôle. Peu d’autoroute, mais des belles nationales et départementales pour environ 160 km d’essai. Conditions sèches, températures de 10 à 20°C au moment de l’essai.
Premiers regards, finitions : 5/5
La note maximale est atteinte, tout simplement parce que ces deux motos, pour le genre cruiser, sont vraiment très belles. Le style est évidemment conforme au design connu sur ces belles américaines, mais la qualité d’ensemble est très élevée. Ceci, indépendamment de leur lieu de fabrication, USA ou Thaïlande, sans que l’on puisse en deviner l’origine (en fabriquant en Thaïlande, H-D contourne les diverses taxations).
Les peintures sont profondes, pailletées, l’assemblage impeccable et Harley Davidson a beaucoup travaillé sur la dissimulation des câbles et la qualité de la visserie, deux aspects réclamés par les clients en Europe. Des belles motos, mais reconnaissons que nous n’en attendions pas moins vu le positionnement très haut de gamme. Enfin, le style général est tout de même sans réel audace, elles sont dans la continuité de ce que l’on connait chez Harley-Davidson et, de ce fait, elles n’apportent pas un vrai sentiment de renouveau.
Vie à bord, position, ergonomie : 4/5
Là encore, il faut considérer ces Harley Davidson Street Glide et Road Glide Limited 2026 dans leur contexte. Ce sont d’imposants cruisers réfléchis et conçus outre Atlantique. Les dimensions sont donc hors normes avec plus de 2,60 m de long et plus de 400 kg sur la balance. A elles deux, elles pèsent le poids d’une petite voiture thermique d’il y a quelques années ! Harley-Davidson cherche tout de même à limiter le poids de ces modèles « vitrines de la marque », mais pas au point de recourir à l’aluminium pour le châssis ou au plastique pour l’habillage. Non, ici, c’est du métal et même du heavy métal !
Le heavy métal, vous pouvez aussi l’avoir dans les oreilles avec le nouvel ensemble audio haute définition. Les motos ne sont pas démarrées, l’essai n’a pas débuté, que déjà, nous sommes plusieurs à tester les basses et l’amplitude du système audio… Inutile de mesurer 1m80 pour grimper à bord avec la selle très basse, mais, ne croyez pas que ces engins là se destinent uniquement aux petits gabarits car il va falloir relever la moto de son unique béquille latérale et là, il faut déclencher un bon coup de hanche et d’épaule pour relever chacune d’elles. Bigre, c’est du lourd !
Quelque part, le poids de ces motos constitue aussi l’un de leurs problèmes majeurs. Certains clients, plus tout jeune ou pas, se détournent d’elles simplement en raison de leurs poids. Clairement, c’est dissuasif !
En parallèle, la position de conduite est relaxante, avec des formes de guidon qui sont très distinctives d’une moto à l’autre. Sur la Road Glide, le guidon est vraiment plus haut et les poignées reviennent vers le pilote. On roule alors bras ouverts, écartés et les coudes en semi hauteur. La direction apparait plus éloignée du pilote que sur la Street Glide qui possède un guidon bien plus bas et avancé de quelques centimètres. Nous le verrons plus tard, mais la Street Glide est plus à l’aise lors des évolutions lentes.
Dans tous les cas, la position de conduite est sénatoriale, assis sur un fauteuil de président avec les reins bien maintenus… C’est quand même la classe ! En détaillant les commodos et le tableau de bord semi tactile, on devine qu’il faudra un peu de temps avant de parfaitement connaître l’ensemble des fonctions de bord, un peu à la manière d’un avion de ligne, mais cela fait partie du plaisir de ces motos et, après coup, la Motor Company s’est bien débrouillée de la navigation dans les menus.
Tous les moteurs sont allumés, les twins vrombissent, mais dans une sonorité d’échappement contenu. Et oui, ces belles américaines respectent scrupuleusement les normes alors n’en attendez pas trop côté sonorité. C’est conforme au genre custom, c’est dans la philosophie Harley-Davidson, mais la bande son ne vous abimera pas les tympans… Et à titre perso, je la trouve un peu fade pour le mythe Harley-Davidson, mais il parait que cette notion est totalement dépassée de nos jours, soit… et tant pis si je m’apparente à un dinosaure.
Au moment de partir, il y a deux virages à effectuer en descente dans les graviers et il est évident que ces manœuvres demandent un peu de concentration avec ces porte-avions sur roues… Pour partir de l’hôtel, ça passera, au retour, un confrère que je ne nommerai pas aura allonger une Road Glide sur le flanc. Je n’ai pas fait mieux en cours de journée sur un demi-tour sur un parking présentant une vicieuse pente latérale… sans dommage lorsque ces motos sont posées à vitesse nulle, mais il faut trouver des bons samaritains pour les relever. Seul et avec le dévers, c’est impossible.
Moteur, agrément, performances : 4/5
Dieu soit loué, nos motos jouissent de la présence du double sélecteur et j’adore ça ! Monter les rapports au talon s’avère très plaisant, mais ça ne séduit pas tout le monde. A ce titre, la sélection est impeccable, ferme juste ce qu’il faut avec un verrouillage franc et sonore. L’ensemble mécanique Milwaukee Eight VVT 117 est, il est vrai, bourré d’agrément. Harley-Davidson, afin de réussir à passer les normes tout en conservant de la puissance et du couple, a utilisé certaines technologies comme le refroidissement mixte (culasses refroidies par eau) du bloc qui reçoit aussi une distribution variable. Bref, les chiffres sont éloquents : 117 Cubic Inches, soit 1923 cm3, une puissance de 107 ch à 5 020 trs/min et un couple de 175 Nm à 3 500 trs/min. Du costaud, de l’épaisseur, de la densité, mais le comportement moteur est très linéaire à l’usage et presque feutré eu égard aux données chiffrées. Point de vibration et une ambiance très lisse.
Certes, si vous basculez du mode moteur route à sport, l’accélération se montre plus tonique et plus instantanée, mais sans jamais devenir « sauvage » comme on pourrait l’imaginer. On le comprend, Harley-Davidson ne souhaite pas bousculer sa clientèle cible qui l’utilisera en mode balade à deux et en amoureux, mais ce bloc Milwaukee Eight VVT 117 brille bien davantage par sa rondeur, sa souplesse pour la cylindrée, sa disponibilité de 2 200 à près de 5 500 trs/min plutôt que par un envoutant caractère. Les normes, je vous le dis, n’y sont pas étrangères. Alors, à défaut de s’extasier à chaque rotation de la poignée à 3 000 trs/min, on se régalera de l’utiliser aux allures usuelles sur le réseau secondaire avec son côté élastique, sa force naturelle. Attention tout de même aux excès de vitesse car ce gros moteur a besoin de rouler à plus de 90 km/h en sixième pour donner le meilleur de lui-même, et à l’usage, on roule souvent entre 110 et 130 km/h, un peu vite pour les départementales.
Comportement, confort, sécurité : 4/5
Qui a dit que les Harley ne tenaient pas la route ??? Certainement pas nous et cela depuis un moment. En effet, depuis de nombreuses années, plus de 10 ans, Harley-Davidson a réellement pris en considération les attentes et les besoins des motards qui « tournent », donc, les motards Européens. Désolé de ce raccourci un rien arrogant, mais les motards américains sont plus habitués à prendre des itinéraires rectilignes que nous autres, motards du vieux continent. En cela, la tenue de route est saine, les prises d’angle ne sont pas si contraignantes que cela grâce à une garde au sol vraiment convenable pour ce genre de motos.
Le freinage est également performant. Certes, les motos sont très lourdes et cela se ressent lors des ralentissements en descente par exemple, mais compte tenu du gabarit, c’est vraiment satisfaisant. La sécurité est donc au rendez-vous. D’ailleurs, elle a évolué d’un point de vue électronique avec des assistances plus fines : contrôle de traction et freinage qui prend en compte le degré d’inclinaison… Certes, en roulant relax, elles ne servent pas à grand chose, mais les revêtements humides ne seront plus le piège d’il y a quelques années avec ces motos très coupleuses – rouler sur les pavés mouillés avec autant de couple peut réserver des vilaines surprises.
Côté confort, au delà du superbe accueil réservé à l’équipage, les suspensions font un bon boulot sur les bons et moyens revêtements. Sur les bitumes très fripés, les nids de poule dignes d’être dénoncés par la FFMC, il n’y aura pas de miracle à la Donald Trump pour préserver vos vertèbres. Normal avec si peu de débattements, mais on s’y attendait et les pilotes de méga cruisers savent les éviter.
Equipement : 4/5
L’équipement global de ces motos est pléthorique, bien conçu, bien pensé. Pour voyager loin et à deux, c’est le top du genre et la capacité d’emport est très bonne avec le généreux Tour Pack et les sacoches latérales qui peuvent engloutir beaucoup de vêtements bien pliés dans des sacs souples. Musique, playlist, GPS, protection des occupants, ce sont des motos faites pour rouler loin et si bien.
En revanche, l’absence de marche arrière est un vrai préjudice. A deux, on s’en sort toujours avec le passager qui peut pousser la moto depuis le phare ou la tirer depuis le porte paquet, mais seul et si l’on se gare au mauvais endroit ou ne serait ce que sur des graviers, l’affaire peut vite tourner à la vraie galère. Monsieur Harley-Davidson, si Honda dote sa GoldWing d’une marche arrière, vous en êtes capable pardi !
Conclusion : Les tourers ont évolué, on ne les achète plus pour les mêmes raisons ?
Les nouvelles tourers ou Grand American Touring de chez Harley-Davidson sont toujours des motos fabuleuses dans leur genre. Belles, bien fabriquées, iconiques, elles répondent parfaitement au besoin d’aventure à l’américaine qu’elles véhiculent. En cela, elles sont en progression à de nombreux niveaux, aussi bien sur l’aspect dynamique que la dotation d’équipement ou les performances du moteur. Bref, ce sont de très bonnes motos. Deux vrais regrets selon nous (ou selon moi), l’absence de marche arrière et le fait que ce moteur aussi complet soit il ne délivre au final que peu de sensations rapporté à sa cylindrée ou à son blason. Si on appelle la marque la Motor Company, c’est avant tout pour avoir des sensations moteur et c’est de moins en moins le cas alors que les moteurs n’ont jamais aussi gros et performants. C’est bien dommage… Nostalgie des good vibrations quand tu nous tiens, Euro5+ quand tu nous tues…










