Le parlement fume les ZFE

Depuis deux ans, on leur promettait un enterrement de première classe. L’inhumation n’est pas complète (elle doit être validée par le Conseil constitutionnel) mais depuis mi-avril, les ZFE (Zones à faibles émissions, présentes dans les grandes métropoles, interdites d’accès aux véhicules estimés trop polluants) ont les deux pieds dans la tombe.

C’est en effet le 14 et le 15 avril que l’Assemblée nationale puis le Sénat ont entériné leur suppression. Ce double vote met fin à une séquence législative sinueuse, pour ne pas dire tortueuse : le gouvernement n’ayant cessé de louvoyer afin que la mesure ne soit pas complètement mise au rencart (dernière tentative en date : celle de l’amendement de compromis qui devait laisser à chaque métropole le libre choix de garder ces zones ou pas : amendement rejeté). À moins d’une censure par le Conseil constitutionnel (perspective à ne pas écarter, la rédaction de la loi ayant été de l’avis de plusieurs juristes assez bancale), les Zones à faibles émissions disparaîtront donc des 25 agglomérations où elles étaient en vigueur, pour certaines depuis 2020 (voire depuis 2015 si l’on considère leurs devancières : les Zones à circulation restreinte).

Si beaucoup voient dans cette suppression une victoire contre une injustice sociale, se pose tout de même une question : par quel autre moyen continuer à améliorer la qualité de l’air dans les grandes villes ? Car durant les dix ans de ZFE qu’ont connu ces agglomérations, leur pollution atmosphérique a globalement décru (en Île-de-France : – 30 % d’émissions de particules fines et d’oxyde d’azote entre 2017 et 2023) : ce n’est peut-être pas une coïncidence. Cette question, qui au-delà de notre liberté de circuler est aussi celle de notre santé, il serait assez peu responsable de l’éluder.


Analyse


2026-05-10 13:25:13

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