Le nom de Bonneville évoque immédiatement la vitesse, les records et une certaine idée de la liberté sur deux ou quatre roues. Mais le site légendaire situé dans l’Utah, temple des records de vitesse depuis des décennies, est en train de disparaître. Et plus vite qu’on ne le croit.
C’est le sujet d’un court documentaire signé Canyon Chasers, en Anglais, qui retrace en une quinzaine de minutes l’histoire, la culture et surtout la lente érosion des Bonneville Salt Flats. Les chiffres qu’il met en avant sont éloquents : en 1960, l’épaisseur maximale de la croûte de sel mesurée par l’USGS atteignait environ 2,10 mètres. En 1988, elle était tombée à 1,67 mètre. En 2015, Scientific American rapportait une profondeur d’à peine 30 cm dans le bassin central. Aujourd’hui, selon le documentaire, certaines zones n’affichent plus qu’environ 1,3 cm d’épaisseur.
L’un des facteurs majeurs identifiés est le déséquilibre entre les pertes et le renouvellement naturel du sel, aggravé notamment par l’extraction de saumure liée à une exploitation potassique voisine qui a changé plusieurs fois de propriétaire au fil des années. Le changement climatique vient compliquer encore davantage l’équation. Des associations comme Save The Salt œuvrent depuis plusieurs années pour trouver des solutions concrètes, mais le problème reste multifactoriel et difficile à enrayer. Les conséquences sont déjà tangibles pour le monde du sport moto : les Bonneville Motorcycle Speed Trials ont ainsi été annulées deux années consécutives en 2022 et 2023, faute d’une surface praticable. Indian y a encore battu un record l’année dernière.