MotoGP Jerez : Alex Marquez gagne sur ses terres

Si l’on attendait son propre coéquipier Jorge Martin ou la star du clan Ducati Marc Marquez pour venir enrayer la série de victoires de Marco Bezzecchi au retour du MotoGP en Europe, c’est finalement Alex Marquez qui aura été le plus fort à Jerez, comme en 2025.
 
Toutes les séries ont une fin. Marco Bezzecchi en était le premier conscient en arrivant à Jerez, sur les terres de Jorge Martin, Pedro Acosta et Marc Marquez. Mais Jerez, c’est surtout le nouveau jardin d’Alex Marquez depuis la saison passée où le pilote Gresini avait remporté sa première victoire en MotoGP, profitant – déjà – de la chute de son frère ainé. Un scenario qui s’est reproduit ce dimanche 26 avril en Andalousie même si, comme en 2025, l’erreur du champion sortant n’enlève rien à la performance du n°73 qui aura vécu un week-end de rêve à domicile après un début de saison bien en deçà de ses attentes. Le résultat de petites nouveautés sur sa Desmosedici, mais surtout d’un nouvel état d’esprit. « Je pense que j’ai piloté en surmontant les problèmes, juste en pensant au positif, en attaquant avec l’équipe, avec Ducati, raconte Marquez. Je me suis concentré pour remettre les choses à plat. Je ne pensais pas à la victoire mais c’est Jerez, il y a quelque chose de magique. Dès vendredi, je volais, je me sentais très bien sur la moto, très à l’aise. J’étais vraiment sur les trajectoires, dans le rythme, facilement. Aujourd’hui, j’ai pu dérouler mon plan à la perfection. » Une sorte d’état de grâce que le désormais quadruple vainqueur en MotoGP a pu mieux savourer que la saison passée où il avait été submergé par l’émotion. « Cette année, j’ai pris plus de plaisir. Je suis plus les pieds sur terre, je partage plus avec les gens. J’ai pu profiter au virage Nieto-Peluquí et avec ma tribune. L’an dernier, je n’avais pas vraiment conscience de ce qu’il se passait jusqu’au lundi. »

Un succès qui pourrait surtout signer un retour au premier plan du vice-champion du monde s’il parvient à conserver la même dynamique face à un Marco Bezzecchi qui continue de démontrer qu’il a l’étoffe et les épaules d’un potentiel champion. Perturbé dans sa mise au point par des conditions météos changeantes au cours du week-end, le pilote Aprilia a une nouvelle fois répondu présent le dimanche, au meilleur moment. De quoi aller chercher la deuxième place et son sixième podium d’affilé, le meilleur résultat possible face à un Alex Marquez intouchable. « C’était une course importante, dure, parce que ce week-end n’a pas été idéal, raconte le leader du championnat. Il a bien débuté vendredi mais on a eu la stratégie d’utiliser le tendre, on s’attendait à travailler avec le medium samedi, mais malheureusement la pluie nous en a empêchés. J’avais quelques doutes sur mes sensations dimanche mais heureusement, dès le début la moto était bonne. Álex était trop fort pour moi aujourd’hui, je l’ai immédiatement remarqué quand il m’a doublé. Je l’ai vu au virage 10 et je me suis dit que c’était sûr qu’il allait gagner, parce qu’il roulait très, très bien. »

Et ce n’est pas la fin de sa série de victoires qui va chagriner l’Italien. « Les trois premières courses ont été une période merveilleuse pour moi, en menant tous les tours, mais il était normal que ça s’arrête à un moment. Ça s’est quand même bien terminé, en faisant une bonne course. On va essayer de rester à ce niveau. » Un niveau et une régularité que touche du doigts un Fabio di Giannantonio qui est la belle surprise du clan Ducati depuis le début de saison. L’Italien est d’ailleurs le meilleur représentant de la marque au championnat grâce à son podium ibérique et termine devant trois Aprilia avec Jorge Martin, Ai Ogura et Raul Fernandez. Signe que, même sur un petit circuit sans grandes courbes rapides, la RS-GP demeure la référence actuelle.

Sprint : Marquez au coup de chance

Avec 73 victoires en MotoGP, le succès de Marc Marquez ne doit rien à la réussite, mais plutôt à un talent qui en fait l’un des plus grands pilotes de l’histoire. Mais pour la quatrième course Sprint de la saison, le pilote Ducati a cette fois eu incontestablement de la chance. Alors qu’il ferraillait avec son frère pour la première place et que les gouttes de pluie se faisaient de plus en plus insistantes, le nonuple champion du monde avait choisi d’effectuer un tour de plus en pneus slicks contrairement aux autres pilotes plus inspirés qui l’accompagneront sur le podium quelques minutes plus tard. Mais une chute dans le dernier virage alors qu’il avait passé l’entrée des stands a soudainement remis en cause sa stratégie pour lui faire prendre, de façon quelque peu forcée par le destin, la décision de couper dans l’herbe et rentrer changer de moto. Un choix payant qui permet au champion 2025 de s’imposer devant son coéquipier Pecco Bagnaia lui aussi sauvé d’une nouvelle course moyenne par une décision pertinente. « Aujourd’hui, j’ai survécu bizarrement, parce qu’une erreur m’a offert l’opportunité de gagner la course, sourit Marquez. À un moment, quand j’étais dans le dégagement, je me suis dit ‘Qu’est-ce que je fais ?’. J’ai décidé de patienter, de laisser les autres pilotes passer pour ne créer aucun danger, et quand j’ai vu que plus personne n’arrivait, je suis entré dans la voie des stands. Et j’ai changé de moto, ce qui était le moment clé de la course. » Une chance que n’a pas eu Alex Marquez, parti à la faute en tentant de survivre avec ses gommes slicks, alors que Franco Morbidelli et Brad Binder profitent eux aussi de leur nez creux pour réussir un joli coup et scorer un Top 4.

Les Français

Le retour en Europe a manifestement fait du bien à Johann Zarco. Bien aidé par des conditions de piste délicates en qualification qui lui offre une place en milieu de première ligne, le Français a sans doute réussi son plus beau week-end depuis bien longtemps. Septième à l’arrivée derrière deux Ducati et quatre Aprilia intouchables, le pilote LCR a fait le plein de confiance avant son épreuve nationale. « Partir deuxième et s’accrocher au maximum, c’est la course que je voulais faire. À chaque fois que quelqu’un me passait, j’essayais de rester derrière lui pour creuser l’écart avec ceux de derrière. Et ça se passait plutôt bien. » Pour son compatriote Fabio Quartararo en revanche, les week-end se suivent et se ressemblent. Si l’officiel Yamaha prend les deux points de la 14e place, sa moto parait faire du surplace. « Le problème, c’est qu’on n’a aucun point fort. Je ne peux pas dire que je me sens bien au freinage, ni à l’entrée, ni au milieu du virage, ni à la sortie, parce qu’il n’y a pas de grip, pas de rotation. Donc il y a énormément de problèmes à tous les niveaux. »

Le classement complet

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2026-07-12 11:55:57

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