Debrief Riola : Un vrai circuit, quel bonheur ! ABONNÉ

Avant dernier GP avant une trêve inhabituelle, à cette période de l’année, de cinq (longues) semaines entre Arco ce weekend et Lacapelle Marival les 23-24 Mai, le GP de Sardaigne a un bel avenir devant lui. Et on s’en réjouit, car même si elle n’a pas évolué depuis cinq ans cette piste est une vraie piste de motocross, si vous voyez ce que je veux dire !

Premier virage, sans doute la seule section du circuit pas trop défoncée! (Pic@PH)

La Sardaigne, c’est une épreuve que l’on aime ou que l’on déteste quand on est pilote. Certains l’adorent car le circuit permet vraiment de faire la différence, d’autres se passeraient bien de ce déplacement tellement les conditions de course sont difficiles. Et si le sable est toujours aussi exigeant pour les organismes, la chaleur n’était pas là cette fois pour compliquer la tâche des pilotes !

La Sardaigne va rempiler

Depuis une première édition en 2021, la Sardaigne est devenue l’une des destinations du début de campagne des championnats, et cela devrait durer encore quelques années ! Si ce GP ne bat pas des records d’affluence côté public, il permet à cette région, peu fréquentée par les touristes à cette période de l’année, de bénéficier de retombées directes grâce au motocross. Avec plus de 150 pilotes présents et les importants staffs déployés par les teams officiels, restaurants et hôtels font le plein, sans oublier les fans venus d’Italie, de Slovénie et de France, qui mixent GP et vacances sur cette belle destination. Les autorités sardes sont d’ailleurs pleinement derrière le motoclub local (ce qui n’est plus forcément le cas partout en France, par exemple), ayant bien compris qu’au-delà de la période du GP, nombreux sont les teams qui viennent passer quelques semaines sur l’île en janvier-février. Du coup, le club a confirmé qu’avec le soutien continu des politiciens, une nouvelle phase de travaux allait être engagée au niveau du « crossodromo » afin d’améliorer les structures d’accueil. Il reste à espérer que la piste elle-même bénéficie également de quelques modifications, car depuis la première édition du GP, rien n’a changé au niveau du tracé.

 

Reparti quasi dernier en seconde manche après un accrochage au départ, Kay De Wolf est revenu chiper la troisième place à Romain Febvre. Peu de circuits permettent de telles remontées! (Pic@PH)

Une participation stable

Certains se sont émus, et on peut les comprendre, de ne voir que vingt-deux pilotes présents ce weekend en MX2. Si le MXGP continue d’attirer pas mal de monde, ils étaient 28 en piste, le MX2 n’est toujours pas au mieux de sa forme. Bon, ce n’est pas une nouveauté quand on regarde les chiffres de ce GP Sarde les années passées, puisqu’on dénombrait 19 engagés l’an dernier, 29 en 2024 (il n’y avait pas l’Europe 250 en même temps) et 23 en 2023. La règle d’âge maxi instaurée en Europe 250 (21 ans) voici plusieurs années n’a rien changé au problème du MX2, une catégorie où les usines engagent onze motos ‘factory’ contre quinze en MXGP. Si l’on fait la moyenne du nombre de pilotes MX2 présents en Sardaigne ces quatre dernières années, on arrive au chiffre de 23. Du côté de l’Europe 125, ils étaient 62 en 2024, 44 en 2025 et 62 ce weekend ; l’Europe 250 n’était pas invitée en 2024 et 2025, pour rappel ils étaient 40 en 2023 et 47 cette fois. La situation reste donc globalement stable, pour une épreuve couteuse du fait qu’il faut prendre un ferry et avaler pas mal de kilomètres pour rejoindre Riola Sardo. Nul doute que les grilles seront plus remplies à Arco ce weekend.

Une grosse vingtaine de pilotes derrière la grille en MX2, cela n’est hélas pas nouveau (Pic@PH)

Ou sont les Italiens ?

Que ce soit du côté des constructeurs ou des pilotes, les Italiens sont à la peine en ce début de saison ! Ce weekend les Ducati ‘factory’ se sont classées douzième (Vlaanderen, 15/10), vingt-quatrième (Bonacorsi de retour de blessure, 25/23) et vingt-cinquième (Seewer, 23/24) en MXGP alors qu’en MX2 Ferruccio Zanchi qui faisait lui aussi son retour de blessure se classe dix-huitième sur vingt-deux. On entend dire que ça gronde sévère du côté de l’usine devant se manque cruel de performance notamment de leur pilote phare Seewer. Il y a du mieux chez Fantic où Alberto Forato (8/7) accroche une belle sixième place, Brent Van Doninck (19/12) se classant lui seizième. Chez Beta on n’a pas le sourire, avec une vingt et unième place pour Jago Geerts (17/DNF) et une vingt septième pour Rick Elzinga (DNF/DNF)….. Et ce n’est pas franchement plus brillant côté pilotes, avec une onzième place pour Andrea Adamo (6/18) et une dix-huitième pour Mattia Guadagnini (21/16) en MXGP, alors qu’en MX2 Valerio Lata se classe quinzième (10/20) et Ferruccio Zanchi dix-huitième (20/14). La situation n’est pas plus brillante en Europe 250 où un seul transalpin, Nicolo Alvisi, pointe dans le top 20 (huitième ce weekend, septième du championnat), la situation étant un peu meilleure en 125 où ils sont cinq dans le top vingt avec un premier podium pour Riccardo Pini, troisième sur sa TM ce weekend.

Trois Ducati en piste pour la première fois cette saison en MXGP, mais les résultats ne sont toujours pas à la hauteur des attentes (Pic@PH)

 

Montevarchi en suspens ?

Après Riola Sardo, c’est Arco di Trento – un GP que tout fan de motocross doit voir au moins une fois dans sa vie, à la fois pour le cadre au pied des montagnes et pour l’ambiance qui y règne chaque année – qui va recevoir la caravane du Mondial ce week-end. Mais, selon notre bon dicton « jamais deux sans trois », il y a un troisième GP programmé en Italie, à Montevarchi plus précisément, le 21 juin. Ce sera, ou serait, la neuvième étape du calendrier, une étape qui reste à confirmer définitivement si l’on en croit la rumeur qui enfle dans le paddock. Cela fait 20 ans que ce circuit n’a plus accueilli de GP (David Philippaerts s’était imposé en MX2, Stefan Everts en MX1), et depuis cette période, plus grand monde ne vient qu’avec son petit fourgon. En cause : une infrastructure, notamment le paddock, pas vraiment adaptée aux GP modernes, ce qui a d’ailleurs conduit Infront Moto Racing à n’ajouter qu’une catégorie annexe (et non deux comme sur chaque GP) aux côtés du MX2 et du MXGP. Si Lacapelle-Marival a fait de gros travaux cet hiver pour agrandir son paddock, Montevarchi ne l’aurait pas encore fait, alors que ce GP est programmé dans un peu plus de deux mois. Y aura-t-il un troisième GP en Italie ? À Montevarchi ? À Faenza ou à Mantova, le cas échéant, afin d’avoir les 19 GP au programme ? Affaire à suivre… car, comme on le sait, il n’y a jamais de fumée sans feu !

Il n’a pas le gabarit le plus ‘light’ du plateau, mais Alberto Forato a été le meilleur Italien ce weekend (Pic@PH)


Analyse


2026-08-09 08:26:09

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