Méconnaissable ces dernières semaines, Eli Tomac arrive à Nashville en co-leader du SX US 2026, mais avec de vives inquiétudes le concernant. Comment expliquer la soudaine baisse de forme de celui qui semblait parti pour dominer le championnat ?
Tout souriait à Eli Tomac il y a quelques semaines. Vainqueur de 4 des 8 premières épreuves de la saison de SX US, pour 6 podiums au total, le nouveau pilote KTM avait le vent en poupe. Outre l’absence de Jett Lawrence, il bénéficiait des contre-performances du champion en titre Cooper Webb, de l’irrégularité du couple Chase Sexton-Kawasaki, ou encore des difficultés de Ken Roczen et Hunter Lawrence à s’imposer à répétition. Mais tout ça, c’était avant. Depuis, Lawrence et Roczen ont mis en route la machine à gagner. Et celle de Tomac s’est enrayée.
Daytona, dernier moment de grande joie en date pour Tomac. © Align Media/Racer X Illustrated
Son dernier succès remonte à Daytona, le 28 février. Ses résultats affichent depuis une courbe descendante – 2e à Indianapolis, 3e à Birmingham, 5e à Détroit, 6e à Seattle. Les trois dernières soirées inquiètent particulièrement, car l’Américain n’a pas été en mesure de lutter avec ses rivaux pour litre. Méconnaissable à Détroit (17 secondes de retard sur le vainqueur), « ET3 » a été encore moins compétitif à Saint-Louis, se faisant déposé par Justin Cooper et Webb dans le peloton. Si Tomac a récupéré la plaque rouge au profit d’une erreur de Lawrence, les choses sont loin d’être gagnées : il est co-leader du championnat avec l’Australien, et n’a plus que 5 longueurs d’avance sur Roczen. L’Allemand a repris 19 points à l’Américain sur les trois derniers rounds, et ce à la régulière.

Mais que se passe-t-il, Eli ? « Je devais améliorer certaines choses, mais j’ai aussi eu du mal lors de mes deux dernières venues dans ce stade. […] Je n’étais pas trop dans le coup et j’ai dû me contenter de la 5e place. C’est un peloton relevé, et c’est parfois comme ça », disait le principal intéressé après Détroit. Mais la seconde contre-performance d’affilée à Saint-Louis a écarté l’idée d’une simple mauvaise soirée, et dirigé les débats vers d’autres hypothèses.
Option n°1 : La blessure
Première piste évoquée dans les nombreux débats suscités par cette situation : une blessure que Tomac chercherait à cacher. L’Américain roulerait diminué. Plusieurs observateurs appuient cette réflexion en étudiant son style de pilotage, moins agressif que d’habitude.
Interrogé sur le sujet, Eli a balayé ces rumeurs en brandissant un argument : il a testé en Californie durant la semaine entre les épreuves de Détroit et Saint-Louis. Or, un pilote blessé ne roule pas, privilégiant plutôt le repos. CQFD, d’après le pilote originaire du Colorado. S’il ne ment pas, alors la réponse est à chercher ailleurs.
Ce n’est pas tous les jous qu’on voit Justin Cooper déposer Eli Tomac. C’est le cas en ce moment. © Align Media/Racer X Illustrated
Option n°2 : Les réglages
Deuxième piste discutée ces derniers jours : un souci de réglages qui empêcherait Tomac d’être aussi offensif qu’à l’accoutumée sur sa KTM. Ricky Carmichael observe que « quand on le regarde, on a l’impression qu’il n’est pas coulé avec sa moto, il a du mal, mais aussi… Je ne le vois simplement pas en position d’attaque, pas aussi confiant que plus tôt dans la saison ». Une analyse qui peut également, d’une certaine manière, s’insérer dans l’option n°1.
Il est déjà arrivé de voir « ET3 » passer à travers une finale par le passé, mais cela ne durait généralement qu’une soirée. Ce serait d’autant plus étonnant que cela surviendrait en deuxième partie de saison, après que des victoires aient été obtenues sur des terrains bien différents, et dans des conditions distinctes. L’association Tomac-KTM n’avait d’ailleurs plus montré de telles faiblesses depuis le Grand Prix d’Australie, leur seconde sortie en compétition, fin novembre. Et cela avait été rapidement réglé ensuite.
Et si Eli était tombé malade ? © Red Bull KTM Factory Racing
Option n°3 : La maladie
Et si Tomac n’était ni blessé, ni perdu dans ses réglages, mais plutôt malade ? Telle est la troisième piste avancée dans les débats qui concernent le pilote de 33 ans. Ce ne serait pas inédit dans l’histoire récente du sport – Roczen lui-même est passé par là. « Physiquement je vais bien », assurait Eli au Dome at America’s Center de Saint-Louis, avant d’échouer à la 6e place quelques heures plus tôt.
« Ce fut une dure journée mais le côté positif est que nous n’avons pas perdu trop de points et sommes toujours co-leaders du championnat. J’ai hâte d’être aux cinq dernières courses et de faire ce qu’on peut pour être de retour au top », concluait-il en quittant le Missouri. L’épreuve de Nashville, ce samedi 11 avril, lui offre l’opportunité de rebondir et éteindre les rumeurs. Ou, dans le cas contraire, entériner définitivement que quelque chose ne tourne pas rond.
