Avril 1984, Jacky Vimond remporte sa première manche de GP à St Jean ! ABONNÉ

Le 8 Avril 1984, il y aura 42 ans dans quelques jours, Saint Jean d’Angely organisait son premier Grand Prix qui verra Heinz Kinigadner s’imposer devant Marc Velkeneers et Jacky Vimond, vainqueur de la première manche. Ce weekend, Jacky Vimond et Heinz Kinigadner sont de retour en Charente Maritime !

Les 7- 8 avril 1984, branle-bas de combat au Puy de Poursay où on a mis les petits plats dans les grands pour accueillir tout ce beau monde. Après avoir organisé moult championnats de France dans les années 70-80, le Moto Club Angérien s’était porté candidat à l’organisation d’une épreuve du championnat du Monde. Et c’est rien moins que l’ouverture du championnat du Monde 250 qui est confiée début 84 à l’équipe de St Jean ! Si Georges Jobe, le champion du Monde en titre, et son dauphin Danny Laporte sont passés en 500 et ne sont donc pas là, un petit nouveau va faire ses débuts dans la catégorie après plusieurs saisons en 125. Ce petit nouveau, c’est Jacky Vimond, qui défend les couleurs Sonauto-Yamaha face aux KTM de Jacky Martens, Heinz Kinigadner et Arno Drechsel, à la Gilera ‘usine’ de Marc Velkeneers, aux Suzuki de Jeremy Whatley et Gert Jan Van Doorn ou encore les Honda de Maurizio Dolce et Jean Claude Laquaye.

Un Dakar en hors d’œuvre

Mais avant même de disputer son premier Grand Prix dans cette catégorie, Jacky Vimond a du participer au Paris-Dakar, condition fixée par son employeur pour continuer à lui apporter un plein soutien. Pas forcément la meilleure préparation en vue d’une saison de GP !  « J’ai fini ce Dakar sans prendre vraiment de plaisir, ce qu’il ne fallait surtout pas dire. Aujourd’hui, je suis content de l’avoir fait, j’avais alors 22 ans et je ne sais pas si beaucoup de jeunes iraient aujourd’hui. Quand tu te retrouves tout seul dans le désert, c’est parfois flippant. On a dû faire 12.000 bornes en un mois, je pense qu’il y a mieux comme préparation d’une saison de GP, » confie-t-il dans son livre ‘Un titre, à quel prix’ récemment publié.  « Et comme j’avais toujours en tête la saison de motocross, le soir, à l’arrivée de l’étape, je faisais mes pompes. Il y a des nuits où je dormais tellement mal que, dans les liaisons, je m’arrêtais parfois pour dormir. Un jour, ce sont les journalistes d’Europe 1 qui m’ont réveillé, pensant que j’avais eu un problème. Cela mis à part, une telle épreuve te fait grandir, tu es seul sur ta moto et tu dois prendre des décisions. »

Une arrivée en fanfare

Jusque-là, Jacky n’avait roulé en Mondial qu’en 125, mais il avait montré de belles dispositions dans les autres cylindrées en France. Champion 250 en 1982, vainqueur du super championnat l’année suivante, il débarque donc début avril dans une nouvelle catégorie au niveau mondial. Ses résultats en Mondial 125 n’avaient rien d’exceptionnel, avec une seconde place de manche comme meilleur résultat (GP de France 125 à Lavaur en 1982) et deux podiums (3ème des GP d’Espagne en 1982 et 1983) en l’espace de quatre saisons. « On ne parlait plus de moto d’usine pour moi fin 83. Une raison de plus pour passer en 250 : pour cette cylindrée, Yamaha mettait à ma disposition une structure, avec Jean-Pierre Hosotte, comme mécanicien. On disposait d’une moto stock, avec un kit qui comprenait cylindre, échappement, allumage et culasse, » rappelle Jacky dans son livre. A Saint Jean, il va donc créer la surprise en s’imposant dans la première manche qu’il dispute en Mondial 250. « Au premier GP à Saint Jean, surprise totale ! Je signe un bon chrono aux essais, et au premier départ, on se retrouve trois Français devant avec Yannig (Kervella) et Patrick (Fura) ! Une situation qui nous a valu d’être attaqués par tout le monde, après cette manche, à commencer par les Italiens, qui nous accusaient de triche. Il y a prescription maintenant, je dois reconnaître qu’on nous avait indiqué que la grille se baisserait à cinq secondes, rien d’autre… C’était le seul avantage que nous avions sur nos adversaires. Je gagne cette première manche. Quand je suis rentré au paddock, j’avais l’impression que l’effort pour l’emporter n’était pas plus important que celui que je fournissais en 125, pour faire un top cinq. Ce fut une réelle surprise. Autant, il fallait se « déchirer » pour faire un résultat sur la 125, autant là, je jouais la gagne sans forcer davantage. En seconde manche, je pars en tête, mais je chute peu après. Quand je relève la moto, celle-ci a un problème, elle ratatouille, elle n’a plus de puissance. Dans une courbe dans le haut du circuit, le moteur s’arrête ! Je kicke, rien ne se passe. Elle est repartie après que je l’aie poussée dans une descente. À partir de là, je n’ai plus lâché l’embrayage pour finir péniblement onzième. À l’arrivée, la moto s’arrête, impossible de redémarrer. Après démontage, on constate qu’elle avait détonné, les segments étaient collés et il n’y avait plus de compression. Je repars de Saint Jean confiant, après être monté sur la troisième marche du podium. Du coup, l’objectif de la saison était tout autre qu’en 125. Dans cette catégorie, je n’avais décroché que cinq podiums de manche et n’étais monté que sur deux podiums de GP en l’espace de quatre saisons… À partir du moment où tu gagnes une manche, les prétentions ne sont plus les mêmes ! »

Jacky créera la surprise en s’imposant dès sa première manche en mondial 250 devant Heinz Kinigadner, ici sur ses talons (Pic@PH)

Les retrouvailles… à Saint Jean

Ce Grand Prix de France 84, le premier organisé à Saint Jean fut un réel succès, avec plus de 18 000 spectateurs présents. Côté course, c’est l’Autrichien Heinz Kinigadner (4/1) qui s’imposera devant le Belge Marc Velkeneers (2/6) et Jacky (1/11) qui va se révéler cette saison là en se classant vice-champion du Monde derrière ‘Kini’. Un redoutable adversaire, qui créera la surprise un an plus tard en décrochant un second titre lors d’une finale marquée par l’échec de Jacky. Une expérience amère dont Jacky tirera les enseignements, pour aller décrocher ce titre un an plus tard, en 1986. Quarante ans plus tard, Jacky retrouve ce weekend à Saint Jean d’Angely celui qui est devenu un ami, Heinz Kinigadner, mais aussi Daniel Pean, Jean Jacques Bruno, Patrick Fura et Christian Vimond qui ont tous roulé avec Jacky à un moment ou un autre. Séquence nostalgie !!!

L’équipe de France engagée dans ce GP 250 en 1984 avec Jacky, Yannig, Jean Jacques, Patrick et Gilles Friedrichs (Pic@PH)


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