Jacky Vimond : un livre, une histoire, une légende à St Jean ! ABONNÉ

Premier pilote Français à avoir décroché un titre de champion du Monde voilà 40 ans, Jacky Vimond reste impliqué dans ce sport qu’il vénère. Reconverti en coach de talent, embauché par le team Honda HRC, Jacky s’est confié sans frontières cet hiver dans un ouvrage qui lui est consacré. On vous en livre quelques extraits.

Jacky vit désormais en Italie, entre deux GP où il coache les pilotes du team Honda-HRC.

Voilà plus de cinq décennies que la vie de Jacky tourne autour de la moto, plus précisément du motocross. De ses débuts chez les Anglais jusqu’à la fin de sa carrière de pilote à l’été 90, avant d’aborder sa reconversion, Jacky revient dans cet ouvrage sur ses joies, ses peines, ses succès et sur cette terrible blessure survenue peu après son sacre. Un livre de 288 pages, riche en photos et en témoignages de proches, rivaux et partenaires.

 

Des débuts…sur trois roues

Que ce soit dans le garage familial de Tribehou durant la journée ou le soir autour de la table, on parle moto, moteur et motocross chez les Vimond ! Depuis que Jules a découvert ce sport à l’armée, le virus a fait son oeuvre Denis l’ainé des trois frères, avant que Jacky puis Christian ne se passionnent eux aussi pour le motocross. Pour Jacky, tout a débuté….dans le panier d’un side ! « Tout a vraiment commencé pour moi le jour où j’ai vu Manuel Vattier faire une exhibition avec un petit side-car, sur un circuit français. Son père, Roger, avait récupéré ce side après la guerre, et Manuel faisait des démonstrations sur la ligne de départ, pendant les entractes. J’avais 11 ans, et je voulais aller faire le singe dans le panier de Manuel. Papa est allé voir Roger, et c’est parti comme cela. On se retrouvait sur les épreuves en Normandie, et on faisait nos exhibitions. Ce furent mes vrais débuts, » se remémore Jacky qui marchera ensuite sur les traces de Denis en traversant la Manche pour rouler chez les ‘school boys’ à une époque où il fallait avoir 16 ans pour rouler en France. « Papa avait su, grâce à des pilotes anglais qui venaient rouler en Normandie que, dès l’âge de 7 ans, des compétitions étaient possibles en Angleterre. Denis a donc commencé, et quand il a eu une vraie moto de cross pour passer en 125, j’ai hérité de sa Puch et j’ai suivi. J’avais 14 ans, pour mes premières courses, les Anglais acceptaient que je roule avec cette 125, dans la catégorie des 50cc, avec des pilotes entre 7 et 8 ans. J’ai fait les deux premières courses comme ça, je partais souvent devant avec ma 125, pour finir quatrième ou cinquième, face à des garçons plus forts que moi. Les Anglais m’ont rapidement fait changer de catégorie, pour passer avec les 100cc où roulaient les jeunes de 10 à 14 ans. »

Un petit café chaque matin dans son village transalpin…

 

De l’échec à la gloire

En septembre 85, nombreux sont les fans et médias qui ont fait le voyage jusqu’à Goldbach, pour assister au sacre de Jacky. Arrivé en Allemagne leader du championnat depuis le premier GP, Jacky va décrocher le titre, c’est sûr…. « Je m’étais préparé de façon un peu bizarre, influencé à l’époque par le film sur Rocky Balboa et sa préparation. J’avais pris la décision de quitter mon confort pour aller dans la maison d’un oncle, maison qui était vide puisqu’elle était en vente. J’avais pris mes agrès pour continuer la musculation, j’étais parti seul, c’était ma volonté, et avec le recul, c’était une sottise. Par manque de confiance en moi, j’avais cru, en m’isolant, trouver une force mentale supplémentaire. Je suis donc arrivé à Goldbach regonflé et confiant, » se remémore Jacky qui va littéralement craquer. « Avant la seconde manche, on est quasi-ex aequo avec Kini. Celui qui finit devant l’autre est champion. Encore un mauvais départ, suivi d’une remontée laborieuse. À un moment, je vois une KTM devant moi, je la prends pour celle de Kini. Là, c’est bien clair, celui qui finit devant l’autre est champion du monde ! Je concentre toute mon énergie et mes motivations pour un ultime assaut, je délire en pensant : la vie ou la mort ! Et c’est dans une lutte acharnée envers moi-même que, tour après tour, je me rapproche de celui qui en réalité est Klaus Kinigadner, pas Heinz ! La déception s’empare de moi, l’effondrement est total, je termine ma course devant Klaus, mais Heinz était bien loin devant. »

Les parents de Jacky, à la base de ses années « school boy » en Angleterre…

Le titre, enfin !

Tout au long de sa carrière, Jacky s’est relevé plus fort après un problème. Embolie pulmonaire, fracture tibia péroné, échec, rien n’a pu entamer sa détermination. « J’ai mis une semaine pour analyser les choses, penser aux erreurs commises, et définir ce que je voulais et ce que je ne voulais pas pour la saison suivante. La saison 86 avait débuté par un stage aux États-Unis, stage organisé par la Fédération. Nous étions partis avec Yannig Kervella nous préparer aux côtés de Dean Miller et de Roger De Coster. Dean avait entraîné des pilotes de vitesse comme Kenny Roberts, mais aussi des crossmen comme Brad Lackey. Pour la première fois de ma carrière, je suis rentré en France avec un programme précis, quoi faire lundi, mardi, chaque jour de la semaine, avec l’intensité du travail. »

Vainqueur des trois premiers GP de la saison 86, Jacky va dominer ses rivaux pour décrocher le titre en Allemagne, dixième des douze GP. « En passant le drapeau à damiers en seconde manche, je suis titré ! Dans la tête à ce moment-là, c’est un aboutissement, où en quelques secondes tout défile : l’échec de l’année précédente, les souffrances, les joies, les remises en question, la revanche ! C’est étonnant, mais la joie fut momentanée : ça y est, je l’ai fait ! Je reviens d’une défaite où j’avais perdu le titre, l’année précédente, pour deux points, et ce titre-là était important, une revanche. Cela me donnait raison de m’être accroché. Un soulagement, un aboutissement, un rêve qui se réalise. Mais ce qui est marrant, c’est que, peu après, je pensais déjà à la suite. »

Extrait d’un ouvrage historique à découvrir en dédicace ce week-end à St Jean d’Angély.

Le drame, la reconstruction et la victoire en Suède

Pour fêter ce titre qui fait suite à ceux décrochés avec Patrick Pons et Christian Sarron en vitesse, Sonauto Yamaha organise une soirée au Paradis Latin. Et pour clore la soirée, Jacky doit descendre du plafond sur sa 250 YZ. « Quand je monte sur la moto, le portique me tire en arrière, je sens la moto un peu instable. Quand la roue arrière se retrouve dans le vide, la moto va mieux, les câbles étant en tension. La moto recule encore, et dès que la roue avant quitte la plateforme, elle bascule de l’avant et je fais un plongeon de 9m de haut. La suite, je n’ai aucun souvenir… Je me suis réveillé quelques heures après à l’hôpital, et la chose étrange, c’est qu’après ce trou noir, je reviens deux mois en arrière, je revois la fête après le titre alors que je ne peux bouger… Au réveil, je ne sais plus le temps qui s’est écoulé entre le moment de fête, où tout le monde est joyeux, et ce moment où je suis dans ce lit, incapable de bouger un bras, une jambe. Je ne savais pas encore que ma colonne vertébrale était fracturée, et, du fait que j’étais tombé sur le côté, une épaule avait été impactée, le pilier de l’omoplate était rompu. Un genou avait tapé une chaise que j’avais explosée, les apophyses étaient touchées, le bassin était fracturé au niveau de l’os ilien et de l’os pubien, sans oublier un traumatisme crânien… Tout le corps avait été impacté. »

Dans son malheur, Jacky aura la chance d’être soigné par le professeur Saillant, celui-là même qui a soigné moult sportifs de haut niveau, de Laurent Fignon à Michael Schumacher en passant par Jacky. Il témoigne. « Quand je l’ai rencontré pour la première fois, Jacky souffrait d’une fracture de la colonne vertébrale assez importante. Il y avait des risques de paralysie, si on ne faisait rien. Dès nos premiers contacts, j’ai vu que c’était quelqu’un qui en voulait, qui était volontaire et exigeant. C’est vrai que chez les sportifs de haut niveau ou de niveau moindre, quand ils chutent, il y a deux catégories. Soit ils prennent cela comme une occasion de repartir, soit ils se retrouvent au fond du trou, et dépriment. Jacky est évidemment de la première catégorie ! Après de telles opérations, il y a une question de patience, parce que, souvent, il faut des mois et des mois pour consolider la fracture. Et ensuite, retrouver sa condition physique et sa ré-athlétisation, puis toutes ses sensations pour gagner de nouveau. Cela dure un temps plus ou moins long, et le fait que Jacky gagne à nouveau un GP en 88 a été une grande satisfaction. Cela n’a pas été vraiment surprenant ! J’ai connu beaucoup d’autres sportifs qui étaient au fond du trou, et qui sont revenus très fort. Et compte tenu du caractère de Jacky, cela ne m’a pas surpris ! »

Le livre événement

« Un titre, à quel prix ! Mon combat, ma vie »

Édité en quantité limitée, l’ouvrage est disponible sur le site www.motocrossgpalbum.com au prix de 34,90€ (plus frais de port). Il sera également en vente le weekend de Pâques sur le circuit de Saint Jean d’Angely où, en marge du championnat Elite, sera fêté le 40ème anniversaire de son titre mondial. Une exposition est organisée (motos, tenues, photos, vidéos) et plusieurs séances de dédicace seront programmées en présence de Jacky qui aura à ses côtés Daniel Péan, Jean Jacques Bruno, Patrick Fura et Christian Vimond. Un rendez-vous immanquable !


Analyse


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