S’il a plutôt réussi aux Français qui sont passés pas loin du triplé en MXGP, ce Grand Prix de Suisse aura été marqué par la déveine qu’ont successivement connu Mathis Valin, Lucas Coenen, Jeffrey Herlings et Andrea Adamo. La faute encore une fois à un tracé qui a bien mal vieilli, pas adapté aux motos modernes.
On pourra dire que ce n’est pas de chance d’avoir une météo quasi hivernale et de la boue sur un GP. Oui, mais il ne faut pas rêver Réchauffement climatique ou pas, quand on va à un peu plus de 400 mètres d’altitude en mars…. Les anciens se rappelleront qu’un GP500 s’était disputé sous des flocons de neige à Payerne en avril 1981, et qu’un autre avait été carrément annulé en avril 1986 !
Frauenfeld, dernier acte ?
Cadre du GP de Suisse 125 au début des années 80, puis de GP de side au début du siècle, Frauenfeld était revenu au calendrier en 2016, sur un nouveau tracé construit à proximité d’une sucrerie industrielle. Pendant trois saisons (2016-17-18), on y a vécu de beaux GP, en présence d’un nombreux public, mais nos amis écolos ont tué ce projet en exigeant que le site soit remis dans sa situation initiale après chaque épreuve. Pas de quoi décourager Willy, le chef d’orchestre de ce GP, qui mettra cinq ans à relancer l’épreuve selon un format des plus…tordus avec un paddock dans la cour de la sucrerie, et un retour sur l’ancienne piste située à 1,5 kilomètre du paddock. Pour cela, il s’est investi à 200%, a dû convaincre les autorités et riverains, faire barrer des routes pour que les motos puissent rejoindre le circuit depuis le paddock, sans aucun doute un travail monstrueux pour que vive ce GP de Suisse. Programmé successivement en avril, en août puis de nouveau en avril l’an passé (avec des essais le samedi, rien le dimanche de Pâques, et les courses le lundi), l’épreuve n’a jamais convaincu les fans qui chaque année sont de moins en moins nombreux. Il faut dire que les parkings sont situés à perpette, que la visibilité est limitée, et que le paddock est…. loin ! On ne sait comment Infront peut annoncer sur son site une affluence de 25351 spectateurs quand ils n’étaient que quelques milliers à avoir bravé les éléments…
Jeffrey Herlings aimerait-il retourner à Frauenfeld? (Pic@PH)
Même question pour Mathis Valin? (Pic@PH)
Payerne à la rescousse ?
Quand on parle de circuit de motocross en Suisse, un pays où les sports mécaniques sont aussi mal vus qu’ils le seront bientôt en Belgique, deux noms viennent immédiatement à l’esprit : Roggenburg et Payerne. Le premier, cadre des Nations en 1994 (là où les Britanniques ont mis fin à la série de treize succès d’affilée des Américains) n’a plus reçu de GP solo depuis 2008, alors que le second a stoppé l’aventure des GP dix ans plus tôt. Ces deux circuits existent toujours. Ils reçoivent chaque année une étape du championnat Suisse, et cela fait quelques années que l’on reparle de Payerne pour accueillir de nouveau un Mondial. Selon nos infos, et cela nous a été confirmé par David Luongo, ce retour pourrait avoir lieu dès l’an prochain, les organisateurs ayant fait plusieurs tests afin d’aménager un paddock digne de nom à quelques centaines de mètres du tracé. Un émissaire d’Infront a participé à ces tests, le principe étant de recouvrir le sol de plaques (métal où autre matériau) afin de ne pas labourer et polluer le sol. Affaire à suivre !
En 81, à Payerne, départ du GP500 sous les flocons (Pic@PH)
Un coach chez les Suisses
Après les Britanniques qui se sont structurés récemment pour encadrer leurs jeunes espoirs (voir le tour du paddock du MXGP d’Espagne) voilà que les Suisses s’y mettent eux aussi. Manifestement les exemples des fédérations Italiennes, Néerlandaises, Espagnoles et Françaises notamment ont donné des idées, et c’est ainsi que j’ai retrouvé le weekend dernier Philippe Dupasquier ! Excellent pilote de cross et de Supermoto, avec une quinzaine de titres nationaux à son actif, Philippe avait été en 2002 avec Steve Ramon et Patrick Caps l’un des plus coriaces rival de Mickael Maschio, qui sera finalement titré. Passé ensuite au Supermoto, puis accompagnant son fils Jason en vitesse jusqu’à son tragique décès voilà bientôt cinq ans, Philippe qui a la cinquantaine est le nouveau coach de la fédération Suisse. « J’ai pris ce poste à l’automne, après avoir été approché par la fédération. Ayant touché au motocross, au supermoto et à la vitesse je suis multi discipline, c’est une des raisons pour laquelle la fédération m’a recruté et cela me fait plaisir de revenir à mes bases, le motocross. Avec la fédération et Swiss Olympic qui est bien connu dans le monde du ski, on travaille avec les jeunes, à partir de 10 ans en motocross comme en vitesse. Mon rôle est d’encadrer les jeunes, les conseiller eux et leurs parents pour qu’ils fassent le moins d’erreurs possibles. Ce weekend, j’étais là en observateur, je me tiens en retrait mais je prends des notes. Mon objectif est d’apporter mon expérience, de bâtir des programmes d’entrainement, de conseiller les jeunes que l’on regroupe une fois une fois par mois dans des stages multi disciplines, » confie Philippe motivé à l’idée de professionnaliser les sports mécaniques. « Parallèlement à cette action, nous avons réussi à faire homologuer par Swiss moto trois pistes de motocross qui sont désormais des centres sportifs, et nous avons mis en place une formation dédiée pour les entraineurs, qui vont devoir être certifiés pour pouvoir exercer, » poursuit-il.
Alors que Jeremy Seewer, qui était jusque-là le meilleur performer Suisse en Mondial, peine en ce début de saison, voilà une initiative porteuse d’espoirs pour l’avenir. Car ce weekend à Frauenfeld, on n’a pas vu de pilote Suisse aux avant-postes, le prometteur Ryan Oppliger étant le plus performant avec une sixième place en seconde manche de l’Europe 125, après avoir chuté dans la première.
L’arrivée de Philippe Dupasquier au sein du staff de Swissmoto est incontestablement une bonne nouvelle (Pic@PH)