MotoGP Austin : Bezzecchi empile les records

Parfois fébrile le samedi, Marco Bezzecchi fait preuve d’un réalisme sans fail le dimanche pour aller chercher au Texas sa troisième victoire de la saison devant son coéquipier Jorge Martin. Il n’est désormais plus interdit de rêver au titre.

Cette fois, le doute n’est plus permis. Après deux victoires remportées dans des conditions particulières en Thaïlande et au Brésil, c’est cette fois sur les terres de Marc Marquez (7 fois vainqueur au COTA) que Marco Bezzecchi a une nouvelle fois donné la leçon à tout le paddock. Mieux, avec la deuxième place de Jorge Martin mais aussi un Ai Ogura assuré d’un Top 4 avant la défaillance technique de sa RS-GP, il est désormais clair que l’Aprilia a non seulement fait un nouveau pas en avant important cet hiver, mais qu’elle est même devenue meilleure que la Ducati. Une arme au combien fatale entre les mains d’un Bezzecchi qui n’a pourtant pas vécu un week-end des plus faciles aux États-Unis après avoir chuté en Sprint et s’être vu pénalisé de deux places sur la grille pour avoir gêné Marc Marquez aux essais. Mais comme son illustre idole de jeunesse Valentino Rossi, l’Italien semble être un homme du dimanche, lui-même étonné des performances qu’il est capable de produire au moment le plus important du week-end. « Je suis très surpris, confie Bez. Je l’étais déjà à Goiânia, mais je le suis encore plus ici après ce qui s’est passé hier. Ça a été dur à digérer et je dois dire que toute l’équipe m’a beaucoup soutenu hier. J’étais assez triste après mon erreur et je ne m’attendais pas à rebondir comme ça. »

Et quel rebond ! Passé en tête dès le premier tour au prix d’un contact musclé avec Pedro Acosta qui laissait sa RS-GP orpheline de son aileron arrière, le leader du championnat n’aura finalement jamais été inquiété jusqu’au drapeau à damier malgré la pression de Martin. De quoi porter son total de tours consécutifs menés sur les 5 dernières courses à 121 (nouveau record absolu) et surtout devenir le troisième homme de l’ère moderne des Grands Prix à s’imposer 5 fois de suites aux côtés de Valentino Rossi et Marc Marquez. Des statistiques qu’il peine à croire. « Ça me laisse sans voix, c’est très dur de décrire mes émotions et ce que je ressens, surtout aujourd’hui. C’est assez étrange d’entendre mon nom parmi ces légendes comme Vale et Marc, et d’avoir la chance de pouvoir me battre contre Marc qui est le plus fort et le plus rapide de la grille MotoGP actuellement. C’est une pression mais c’est aussi un privilège. Je suis très fier d’être ici et de pouvoir faire ça. J’ai travaillé très dur, comme tous les pilotes MotoGP évidemment, pour essayer d’obtenir ce genre de résultat, mais au final on ne s’attend jamais à faire quelque chose comme ça. »

Un succès qui a de quoi rendre jaloux son compagnon de box Jorge Martin, qui n’a encore jamais terminé un Grand Prix devant lui depuis son arrivée chez Aprilia, et regrettait un mauvais choix stratégique à Austin. « J’ai un peu mal compris la situation. Je pensais que la meilleure option était de me tenir derrière Pedro et Marco, mais ensuite j’ai réalisé que j’ai un peu surchauffé le pneu avant et je n’ai plus réussi à rien faire. J’ai essayé de pousser Marco jusqu’au bout, mais il était incroyablement rapide, il a un niveau incroyable. J’ai essayé de ne pas baisser les bras, comme toujours. » De quoi tout de même faire le bonheur de Massimo Rivola qui savoure un nouveau doublé de ses hommes pendant que dans le clan Ducati, on faisait grise mine au Texas.

La marque championne du monde en titre manque une nouvelle fois le podium et était même la troisième force du plateau derrière la KTM de Pedro Acosta, grâce à Fabio di Giannantonio. Comme au Brésil, le pilote VR46 devance Marc Marquez à l’arrivée, l’octuple champion du monde étant toujours aussi peu à l’aise sur sa Desmsoedici depuis son retour aux affaires en début d’année. « Le manque vient de moi, pas de la moto. Dans les premiers tours, quand les pneus sont neufs, la moto devient plus agressive et je n’arrive pas à piloter en ce moment. Je dois bien comprendre comment améliorer les premiers tours. Je ne me sens pas bien sur la moto. » L’Espagnol, que l’on a vu se manipuler l’épaule à plusieurs reprises, a quatre semaines pour travailler sa condition physique et enrayer la machine Bezzecchi devant son public, à Jerez.
 
Sprint : Martin gagne à nouveau
 
Cela faisait 511 jours que Jorge Martin n’avait plus passé l’arrivée d’une course en vainqueur. Presque autant de jours de blessures, de douleurs, de travail acharné pour revenir en forme et opérer son comeback. Un retour au premier plan qui a connu une étape importante à Austin avec une première victoire en Sprint depuis Sepang en 2024, grâce à une course parfaitement maitrisée mais aussi la chute inattendue de Marco Bezzecchi. Une médaille que savoure particulièrement le n°89, dont l’histoire avec Aprilia est décidément étonnante. « Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’étais au plus bas la saison dernière, à quel point j’étais déconnecté de ce monde, du MotoGP. Je ne voulais vraiment pas revenir, et maintenant, me voilà. Je suis tellement heureux, tellement reconnaissant envers Aprilia. Ils m’aident énormément à retrouver mon niveau, alors merci beaucoup à eux. »

Une course qui a également fait du bien au moral d’un Pecco Bagnaia qui avait besoin de confirmer ses bonnes sensations sur la GP26 par un résultat probant avec la seconde place du Sprint, devant un Enea Bastiaini peut-être encore plus heureux de récupérer la troisième place finale à Pedro Acosta sur tapis vert après un début de saison catastrophique du pilote Tech3. « Je suis très content de ce podium un peu inattendu après les week-ends de Goiânia et de la Thaïlande. Ici, on a retrouvé la vitesse. Franchement, je pense que le fait de retrouver le pneu normal à l’arrière nous a aidés à être à revenir au top. » Il n’a pas aidé en revanche un Marc Marquez venu mettre fin à la course du poleman Fabio Di Giananntonio en chutant dès le 4e tour et en l’embarquant avec lui.
 
Le coin des Français
Week-end à oublier pour nos pilotes tricolores qui n’inscrivent qu’un seul petit point, grâce à Johann Zarco en course Sprint. Un maigre résultat ramené suite aux chutes qui ont eu lieux devant lui avant de lui-même partir à la faute le dimanche, loin du rythme affiché par les pilotes du team officiel. Une situation encore plus délicate du côté de Fabio Quartararo qui a peiné avec son pneu arrière en fin de course, mais n’était de toute façon pas dans le coup pour un résultat probant au guidon d’une Yamaha M1 dont il n’attend plus grand-chose malgré ses efforts. « J’essaie de faire des choses un petit peu différentes, d’essayer des choses en course, parce qu’au final, on était tellement loin que je pouvais essayer quelques petits détails, mais on voit que ça ne fonctionne pas. Et le team n’a pas vraiment d’idée de comment faire pour améliorer toutes les difficultés que l’on a avec la moto. »
 
La stat
2014. Marco Bezzecchi est le premier pilote à remporter les trois premiers Grands Prix de la saison depuis Marc Marquez en 2014.
 
La décla
« Je me sentais inutile sur la moto. Je me suis dit « Putain, qu’est-ce que je fous là ? » » Alex Rins, dernier en qualification, en Sprint et du Grand Prix.
 
Top
Transparent depuis le début de saison, Enea Bastianini a retrouvé un peu de sa superbe aux États-Unis en venant prendre la troisième place du Sprint puis la sixième du Grand Prix après une intense bataille avec Marc Marquez. Un soudain regain de forme que l’Italien devra confirmer au retour du MotoGP en Europe et qui doit en tout cas rassurer un Günther Steiner qui était jusqu’à là quelque peu désemparé par les performances de ses deux pilotes.
 
Flop
Pendant que son coéquipier enchaine les poles et les batailles pour le podium, Franco Morbidelli ne met plus un pied devant l’autre. Déjà totalement hors du coup au Brésil, l’Italien de la VR46 termine la course en 14e position derrière le rookie Diogo Moreira et juste devant la Yamaha Pramac de l’autre débutant Toprak Razgatlioglu. Quand on possède l’une des meilleures motos du plateau et que l’on joue sa place pour 2027, cela fait désordre…

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