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Park Chan-wook, président du jury à Cannes, en 3 films cultes et radicaux
Le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook présidera le jury du 79e Festival de Cannes, organisé du 12 au 23 mai 2026 sur la Croisette. Pour l’occasion, Numéro revient sur trois œuvres majeures qui dessinent la trajectoire d’un auteur viscéral et premier réalisateur coréen à occuper cette prestigieuse fonction.
par La rédaction.
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Le cinéaste coréen Park Chan-Wook nommé président du jury du Festival de Cannes
Pour sa 79e édition, le Festival de Cannes a choisi Park Chan-wook pour présider son prestigieux jury. Succédant à Juliette Binoche, le réalisateur entre ainsi dans l’histoire comme le premier cinéaste coréen à tenir ce rôle, Iris Knobloch, présidente du festival, et Thierry Frémaux, directeur général, ayant salué son “inventivité” et “sa maîtrise visuelle”. Souvent comparé à Brian De Palma ou David Fincher pour la beauté formelle de ses compositions, le cinéaste cite plutôt Hitchcock, Kurosawa et Visconti parmi ses inspirations. C’est d’ailleurs en découvrant Sueurs froides (1958) qu’il envisage une carrière de réalisateur…
Alors que son dernier long-métrage, Aucun autre choix (2026), comédie noire sur un cadre licencié qui entreprend d’éliminer méthodiquement ses rivaux à l’emploi, est actuellement en salles, Numéro revient sur trois films qui témoignent de la singularité de son œuvre.
Old Boy (2004) : l’incontournable trilogie sur la vengence
Tout a commencé à Cannes avec Old Boy (2004). Pièce maîtresse et second volet de sa trilogie The Vengeance, le film suit un homme séquestré pendant quinze ans sans explication, contraint d’apprendre depuis une télévision l’assassinat de sa femme, dont il est accusé, et l’adoption de sa famille. Il est finalement libéré sans raison apparente et affronte la dure réalité de sa nouvelle situation… Le film remporte le Grand Prix de Cannes en 2004, sous la présidence d’un jury mené par Quentin Tarantino qui souhaitait, selon plusieurs témoignages, lui décerner la Palme d’or, finalement attribuée à Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, à deux voix près.
Thriller brutal à la cruauté psychologique rare, Old Boy s’est depuis imposé comme une œuvre culte qui a révélé au monde la puissance d’un cinéma coréen en pleine effervescence. Sa célèbre scène de combat dans un couloir, tournée en un plan-séquence de trois minutes, a d’ailleurs nécessité quinze prises étalées sur deux jours de tournage. Notons également que c’est un certain Bong Joon-ho, futur Palme d’or pour Parasite (2019), qui avait recommandé à Park Chan-wook la lecture du manga dont le film est adapté…
Old Boy (2004) de Park Chan-Wook, disponible sur Canal VOD.
Decision to Leave (2022) : le vertige hitchcockien
Couronné du Prix de la mise en scène à Cannes, Decision to Leave (2022) achève de confirmer l’évolution du cinéaste vers un registre plus feutré, sans rien perdre de son intensité. Un inspecteur insomniaque enquête sur la mort suspecte d’un alpiniste et se prend de fascination pour sa veuve, d’origine chinoise, trop calme pour être innocente, trop insaisissable pour être coupable.
De fait, le film de Park Chan-wook tisse un jeu de séduction où chaque regard et chaque geste possèdent un double sens, et où la frontière entre enquêteur et amant finit par se dissoudre. L’influence d’Hitchcock, revendiquée par le cinéaste depuis ses débuts, y atteint son expression la plus limpide. L’obsession, fil rouge de toute l’œuvre du réalisateur sud-coréen, irrigue également son dernier film, Aucun autre choix (2025), satire noire sur le déclassement social dans la Corée capitaliste.
Decision to Leave (2022) de Park Chan-Wook, disponible sur MUBI et sur Amazon Prime Video.
Mademoiselle (2016) : le désir comme arme de libération
Présenté en compétition à Cannes, Mademoiselle (2016) marque un tournant dans la filmographie de Park Chan-wook. Adapté du roman Du bout des doigts de Sarah Waters (2002) et transposé dans la Corée sous occupation japonaise, le film suit une pickpocket engagée pour devenir la servante d’une riche héritière et faciliter l’escroquerie d’un faux comte.
Mais entre les deux femmes naît un désir qui va faire dérailler le plan initial et renverser, un à un, tous les rapports de domination. La mise en scène du cinéaste sud-coréen, d’un raffinement extrême, y déploie une sensualité libératrice qui bouscule les codes du film en costumes. Salué pour sa dimension féministe et queer, car construit en trois actes qui retournent le récit sur lui-même à chaque fois, Mademoiselle a confirmé la capacité du cinéaste à placer de sublimes héroïnes au centre de ses récits.
Mademoiselle (2016) de Park Chan-Wook, disponible sur Amazon Prime Video.
Aucun autre choix (2026) de Park Chan-Wook, actuellement au cinéma.