Après plusieurs années de développement aux côtés du fonds 21 Invest France présidé par Ludovic Dumont, FMA Group ouvre un nouveau chapitre avec l’entrée du canadien Synex Performance d’affaires à son capital, désormais actionnaire majoritaire.
Ludovic Dumont, président de FMA, au centre sur la photo entre le Emile Sauvageau (Partner – CFO chez Synex) et Yan Charbonneau (Président chez Synex).
Une opération qui marque la fin d’un cycle financier classique et le début d’une nouvelle phase, tournée vers l’accélération industrielle et le déploiement européen. Fort d’une croissance soutenue – à la fois organique et via des acquisitions comme Auvray Security ou Groupe Ouest Assurances – et d’un chiffre d’affaires proche de 45 M€ en 2025, le groupe s’est imposé comme un acteur de référence du courtage en France. L’enjeu était désormais de trouver un partenaire capable d’accompagner ce changement d’échelle. C’est dans cette logique que Synex, leader du courtage au Canada, a été retenu. Pour Ludovic Dumont, qui reste président et actionnaire engagé, ce rapprochement s’inscrit dans une vision claire : accélérer le développement du groupe tout en l’inscrivant durablement dans une trajectoire de croissance internationale.
Pouvez-vous nous en dire plus sur cette évolution du capital de FMA ?
Ludovic Dumont : Historiquement, j’ai racheté le groupe en 2009. En 2015, j’ai initié un premier LBO, avec l’entrée d’actionnaires personnes physiques, puis d’un institutionnel dans un second temps, en l’occurrence 21 Invest France. Tous les fonds d’investissement fonctionnent par cycles, généralement de 5 à 7 ans. Arrivés à l’échéance, entre 2019 et 2025, il fallait réfléchir à la suite. Mon objectif était d’apporter une dimension beaucoup plus industrielle au groupe, avec une nouvelle approche capitalistique. Initialement, nous avions envisagé un nouveau fonds, mais nous avons finalement fait le choix d’un industriel, aujourd’hui actionnaire majoritaire. Il s’agit d’un acteur majeur du courtage au Canada, avec plus d’1,3 milliard de dollars de primes collectées et environ 900 collaborateurs. Dans la stratégie qui est la mienne – doubler le chiffre d’affaires en cinq ans avec un rayonnement français puis pan-européen – un groupe comme Synex répond parfaitement à nos attentes. Je voulais inscrire FMA dans la durée, sans impact social pour les collaborateurs, mais avec une vraie logique d’accélération industrielle, que ce soit en croissance organique ou par acquisition de cabinets spécialisés.
Restez-vous impliqué dans l’entreprise ?
LD : Oui, bien sûr. Synex détient une très large majorité du capital, au-delà de 51 %, mais je reste président du groupe. On est dans une logique différente : cet industriel n’est pas soumis à des cycles courts, puisqu’il est lui-même soutenu par des structures comme ARES et une grande banque canadienne d’investissement. Cela nous permet de travailler sur le long terme, sans contrainte de sortie.
Qu’est-ce qui les a séduits chez FMA ?
LD : Notre capacité de développement, la scalabilité de nos plateformes et l’agilité de nos solutions. Notre cœur de métier, c’est le B2B et le B2B2C, avec la capacité à répondre très rapidement à des besoins en assurance, notamment dans l’univers de la mobilité et du deux-roues. C’est cette efficacité opérationnelle et cette valeur ajoutée qui ont fait la différence.
Concrètement, qu’est-ce que cela va changer pour FMA et ses partenaires ?
LD : Une capacité de déploiement pan-européen. L’objectif est de créer une marketplace capable d’alimenter plusieurs pays, avec des solutions qui seront ensuite localisées en fonction des réglementations. Toute notre offre, notamment autour de la protection des deux-roues, va devenir totalement scalable à l’échelle européenne.
Et la marque Auvray dans tout ça ?
LD : Auvray fait évidemment partie de l’équation. La marque est déjà présente dans une vingtaine de pays. Malgré un contexte géopolitique parfois complexe, nous poursuivons notre croissance avec un positionnement unique autour de la protection des deux-roues. Nous sommes notamment les seuls à proposer un écosystème combinant identification et assurance.
Le choix d’un acteur canadien pour un développement européen peut surprendre…
LD : En réalité, c’est très cohérent. Synex avait besoin d’une plateforme solide en France pour initier son développement en Europe. L’idée est d’abord de consolider leur position au Canada, puis de rayonner à l’international. FMA devient ainsi une tête de pont pour cette stratégie.
Quel sera votre rôle dans cette nouvelle phase ?
LD : Je reste président et je continue de piloter le groupe en France, avec un conseil de surveillance. Mon objectif est simple : continuer à prendre du plaisir dans ce que je fais et mettre mon expertise au service de cette nouvelle étape, qui est ambitieuse.
Où en êtes-vous aujourd’hui sur le marché ?
LD : Sur le segment de la mobilité, notamment le deux-roues, nous représentons environ 35 % des immatriculations sur notre périmètre. Le reste du marché est principalement adressé par des acteurs comme AMV. Notre ambition est d’atteindre 50 % à terme. Le soutien de Synex et la consolidation avec Auvray vont clairement nous donner les moyens d’y parvenir.
Vous êtes aussi très présents sur le terrain, avec les FMA Days notamment. Cette stratégie va-t-elle évoluer ?
LD : La proximité terrain reste essentielle. Les FMA Days ont été pionniers dans le secteur, mais aujourd’hui, il faut se renouveler. Nous travaillons sur des formats plus innovants, davantage orientés pédagogie et sécurité, plutôt que roulage pur. L’idée est de rester différenciants tout en étant cohérents avec notre rôle d’assureur. Rien n’est figé, mais cette présence terrain restera au cœur de notre stratégie.
Synex est-il sensible à cette dimension ?
LD : Totalement. C’est un acteur historiquement positionné sur le B2B et le B2B2C, donc ils maîtrisent parfaitement ces enjeux. Cette culture commune a clairement facilité notre rapprochement.
Comment s’est faite la rencontre avec Synex ?
LD : Par l’intermédiaire de la banque d’affaires Cambon Partners, une référence dans le courtage d’assurance en France. C’est un partenaire que je connais depuis plus de 25 ans. Le processus s’est fait naturellement, dans le cadre d’une démarche de prospection. Synex s’est positionné assez rapidement.
Un dernier mot sur la suite ?
LD : Nous entrons dans une nouvelle phase, plus ambitieuse, avec des moyens renforcés. L’objectif est clair : accélérer notre développement tout en restant fidèles à notre ADN.