« Tout le monde sait qui a gagné » : Deegan répond après sa pénalité ABONNÉ

Spectaculaire vainqueur du Showdown Est/Ouest de Birmingham, Haiden Deegan a ensuite été pénalisé d’une position pour avoir coupé la ligne de la « split lane », la section où deux couloirs distincts s’offrent aux pilotes. Danger Boy a profité de la conférence de presse pour revenir sur cette sanction, sur sa remontée pleine de panache ou encore sur son programme en 450 avant le début du Pro Motocross en mai.

Qu’as-tu à dire concernant la pénalité ?
Haiden Deegan : « Franchement, je m’en fiche. Le seul hic, c’est que ça va compromettre ma série de six victoires d’affilée, mais bon, tout le monde sait qui a gagné. Je suis parti 10e, j’ai heurté une balise (de la « split lane ») et j’ai été pénalisé. Un petit cadeau pour les pilotes de l’Est, mais je les ai quand même bien battus. »

Peux-tu revenir sur la façon dont tu as effectué en quelques secondes non pas un, mais deux dépassements dans le trafic. Avais-tu beaucoup d’options à ce moment-là ?
« Je faisais des dépassements rapides. Il fallait que je sois agressif et je pense que j’ai bien géré ça, comme en manche qualificative. En repensant aux qualifications, d’autres pilotes me gênaient, ils se prenaient un peu pour moi. Du coup, j’ai été assez agressif en manche qualificative, j’ai piloté de la même manière en finale et ça a bien fonctionné. Je suis un peu déçu (pour la pénalité) mais c’est comme ça. »

Tu étais 11e ou 12e avant la fin du premier tour, et je sais à quel point tu es en confiance, mais pensais-tu vraiment pouvoir y arriver ?
« Oui. Je suis dans une telle dynamique, et même pendant ces semaines de repos, je m’entraînais comme un fou. J’ai roulé en 450, j’ai pris du poids à la salle pour devenir plus fort, je me disais que je pouvais dominer cette course et c’est exactement ce que j’ai fait. Du début à la fin, j’ai sprinté sans problème. Je voyais les autres (dans les enchaînements qui suivaient) et ils ne me reprenaient rien. Je revenais clairement dessus. Donc tout allait se résoudre vers la mi-course. »

Haiden Deegan SX US 250

Haiden Deegan n’a pas le n°1 par hasard et il l’a rappelé à Birmingham. © Align Media / Racer X Illustrated

Rouler en 450 t’a vraiment beaucoup aidé ? Tu es probablement l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, en 250…
« Sois honnête, dis que je suis le meilleur. »

D’accord, on va dire le meilleur, tu l’as mérité. Mais ce temps sur la 450 t’a visiblement grandement aidé ?
« Oui, à 100 %. Ça te rend plus fort. Cette moto, c’est une bête. Une Yamaha Star Racing 450 , c’est du sérieux. Ça m’a vraiment musclé et ça m’aide aussi à mieux piloter. Ça m’aide à avoir une meilleure fluidité dans mes mouvements et ça améliore vraiment ma technique. »

Était-ce un effort à 100 % ce soir ? Ton effort le plus intense jamais fourni pour arriver en tête ?
« Je ne dirais pas ça, car c’était un effort maîtrisé. Je ne me suis pas fait de frayeur. J’ai pu gérer sans prendre de risques. C’était une très bonne course, mais je crois que j’essayais plutôt de maintenir mon niveau à 90 %, car je ne voulais pas faire d’erreur. Honnêtement, je laissais la course se dérouler naturellement. »

À quel moment as-tu compris que cette finale était pour toi ?
« Dès que j’ai vu Hammaker, Joe (Shimoda) et Davies se battre côte à côte, je me suis dit que j’allais en profiter. Ensuite ils ont commencé à s’affronter un peu plus et j’ai pu faire quelques dépassements. »

En remontant le peloton comme tu l’as fait, est-ce que ça t’a permis de trouver des trajectoires que tu as utilisées plus tard en course, qui t’ont peut-être permis d’améliorer tes temps ou même de préparer des dépassements ?
« Oui, j’ai réussi à me faufiler entre les autres pilotes dans les whoops et je dois dire que je suis assez fier de moi : c’est un endroit où je peux maintenant doubler. J’ai fait pas mal de dépassements dans les whoops ce soir. J’étais vraiment bon dans la « split lane ». J’ai l’impression que c’est là que j’ai gagné beaucoup de temps sur les autres. »

Danger Boy a fait du SX en 450 cet hiver avant de repasser en 250 pour une dernière saison. Place ensuite au MX US 450. © DR

Même hier, lors de la journée presse, on t’a vu couper la piste et faire des virages serrés. Est-ce que tu essaies instinctivement d’aborder un week-end de course en réfléchissant à différentes trajectoires à suivre tout au long de la journée ?
« Oui, j’ai toujours l’impression que même pendant les qualifications, l’objectif est de se qualifier premier, mais j’aime profiter de ce temps pour m’acclimater au circuit. C’est comme si beaucoup des autres étaient des dieux des qualifications, mais ensuite ils ne gagnent pas en course. Pendant la journée, évidemment, on veut se qualifier en premier. Mais pour moi, l’important est de bien connaître la piste, de bien ressentir chaque détail, et c’est sur ça que je base ma stratégie. »

La piste était rocailleuse. Je pense que c’est peut-être de la nouvelle terre fraîche de l’année dernière, mais les conditions sont assez différentes de ce que tu as connu sur la côte Ouest jusqu’à présent,…
« Ouais, carrément. Je me suis dit qu’on se serait cru à Salt Lake City ! Comme lors de ces manches qualificatives où la piste est glissante et où la couche supérieure colle aux pneus. Mais je me suis dit que la dernière fois que j’étais venu ici, ma performance n’avait pas été terrible, alors il fallait me rattraper. »

Après avoir dominé la compétition comme tu l’as fait, qu’est-ce qu’il te reste à accomplir dans cette catégorie ? Comment fais-tu pour rester motivé alors qu’il reste encore quelques manches ?
« Je crois que c’est juste… Tu gagnes, tu empoches un max de fric. J’espère que je ne vais pas devoir couper mon chèque de paie avec cette pénalité. Parce que j’essaie de me faire construire une maison de malade en ce moment ! (rires) À part ça, je suis juste un gamin super motivé. En qualifications, des pilotes se prennent un peu au jeu (face à moi), ou alors sur internet, c’est moi contre tel ou tel pilote. Je me dis : Ok, faut que je leur prouve qu’ils ont tort. J’ai tendance à me prendre au jeu. Du coup, ça me motive à faire de grandes choses. »

Une autre petite pause arrive (avant la prochaine finale à l’Ouest). Tu as eu une longue pause et maintenant une petite. Tu continues le Supercross ou tu retournes en 450 ? À quoi ressembleront les prochaines semaines ?
« Je suis à peu près sûr qu’on va continuer à rouler en Supercross jusqu’à Saint-Louis. Ces pauses sont longues. J’étais super content d’avoir pu enchaîner les manches à l’Ouest et de passer beaucoup de temps sur ma moto pour bien la préparer. Les réglages étaient au point. J’ai beaucoup travaillé avec Gilly. C’était ma première expérience avec lui et ça se passe bien. J’ai enfin trouvé les bons réglages pour ma 450. Je pense faire du Supercross jusqu’à Saint-Louis, puis reprendre la 450 et m’entraîner pour le motocross. »


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