Alors que de plus en plus d’automobilistes se convertissent au E85 et profitent d’un carburant plus écologique et moins cher, c’est toujours légalement impossible pour les motards.
Le bioéthanol, ou Superéthanol, tout le monde en a entendu parler. Il est aujourd’hui présent, sous la forme de son abréviation E85, dans 40% des stations-services, à un prix très avantageux, en particulier en ces temps de conflit au moyen orient. Un carburant qui présente en plus l’avantage d’être plus vert, puisque fabriqué à partir de partir de betteraves, de céréales, de restes de vignes et de résidus d’usine sucrière et d’amidon. Mais si la conversion d’un moteur à l’E85 via un petit boitier est encadrée par décret pour les automobilistes depuis 2017, pour les motards il n’en est rien. Et même si les choses avancent, et qu’en Inde Suzuki vend par exemple une petite sportive fonctionnant au bioéthanol, il n’est toujours pas possible pour un motard français de convertir son deux roues à l’E85. Une anomalie que le gouvernement s’est pourtant engagé à corriger depuis 2023, s’agace la FFMC qui appelle la Ministre de la Transition écologique à agir.
Un communiqué conjoint avec Bioéthanol France rappelle également que la filière française de l’alcool agricole représente plus de 12 000 emplois et produit à partir de betteraves à sucre et de céréales 100% français. « Pour décarboner les véhicules légers immatriculés avant et après 2035, l’électrification ne suffira pas. Elle devra être combinée avec l’utilisation de carburants neutres en CO2 dans des hybrides comme l’E85 100% renouvelable. Il en va de même pour les 2RM. » Green Systems Automotives a par ailleurs déjà développé un boitier multi-carburants adaptable aux moteurs de motos, tout comme la marque finlandaise eFlexFuel. Il ne manque plus qu’une évolution de la législation pour que ceux-ci soient utilisables légalement sur la route.