Selon un communiqué de plusieurs acteurs de la formation à la conduite, le permis de conduire pourrait être aménagé sur certaines erreurs éliminatoires, à savoir le respect total de l’arrêt au stop ou le contrôle visuel lors d’un changement de voie. Des « assouplissements » évoqués par la Délégation à la Sécurité Routière qui ont été immédiatement dénoncés par les organisations professionnelles des formations à la conduite. Moto Station fait le point sur la situation.
Le permis de conduire est sous le feu des critiques depuis de nombreux mois : coût de la formation en hausse (laquelle dépend beaucoup des zones géographiques), temps d’attente jugé trop long pour obtenir une date d’examen… le précieux sésame qui ouvre la voie à une mobilité motorisée se fait parfois désirer.
En outre, le taux de réussite à l’examen pratique du permis de conduire (auto, permis B) est également pointé du doigt avec une moyenne de 58,2% (source Codes Rousseau), contre 85,4 % pour le permis moto (A1 et A2), source Mobilians. Si les apprenti(e)s motardes et motards semblent bons élèves, il s’avère que le taux d’échec au permis auto est également un facteur qui allonge la durée de la formation : il faut alors reprendre des heures de conduite et passer à nouveau l’examen. D’où l’idée qui aurait jailli par le service de la Délégation à la Sécurité Routière en ce début d’année d’assouplir certaines erreurs jugées éliminatoires lors de l’examen. Les erreurs éliminatoires qui pourraient faire l’objet d’un aménagement sont :
Le non respect d’un stop deviendrait admis, s’il n’y avait personne à l’intersection. Le fameux « stop glissé » ne serait alors plus un motif d’ajournement. A la rédaction, nous ne voyons pas comment cette mesure pourrait passer. Un stop impose de marquer l’arrêt, à l’inverse d’un panneau ou marquage de « cédez le passage », avec ce possible aménagement, les règles du code de la route sont bafouées. En outre, les statistiques d’accidents entre auto et moto dans le cas du non respect d’un stop par une automobile sont très élevées et parfois même dramatiques.
Le changement de voie sans contrôle ne serait plus pénalisé, sous réserve d’absence de danger. Selon nous, un non sens total, comment peut on savoir que le changement de voie est sans danger si l’on effectue aucun contrôle visuel ?
Renseignements pris auprès des instances de formation à la conduite (Fédération Nationale de l’Automobile, Union Nationale Intersyndicale des Enseignants de la Conduite, et L’UNIC, branche de la sécurité routière de la FNA), le projet d’aménagement a été mis en « stand by » suite à la fronde des organisations à l’issue d’une réunion de présentation. Toutefois, il convient de rester vigilant sur la question. Le permis de conduire, et naturellement le permis auto, est très politisé en France. Raccourcir le délai d’obtention comme son coût sont des motifs de rattrapage politique et nous sommes à un an de l’élection présidentielle.