En pleine période de guerre au Moyen-Orient, la question de motos destinées aux champs de bataille émerge de nouveau, en provenance du Canada cette fois.
C’est depuis les Rocky Mountains albertaines qu’émerge une nouvelle venue dans l’univers de la moto militaire. NorthForge Mobility, spinoff de la société eOutdoors Ltd., a officiellement été lancée le 3 mars 2026 avec un projet ambitieux : la Dispatch, une moto tactique légère 100 % électrique, conçue et fabriquée entièrement au Canada.
Partir d’une page blanche — et d’un constat de terrain
L’idée ne sort pas de nulle part. Les conflits récents en Afghanistan, en Syrie et en Ukraine ont mis en évidence les limites des véhicules lourds face aux IED, aux drones et à la détection acoustique. Dans le même temps, les forces de l’État islamique, russes et ukrainiennes ont démontré l’efficacité tactique de la moto légère — avec du matériel commercial, certes, mais avec de bons résultats. Problème : ces engins grand public ne sont pas taillés pour un usage militaire intensif, encore moins pour des conditions arctiques.
La Dispatch se veut la réponse à toutes ces limitations. NorthForge la présente comme le premier véhicule électrique pensé dès le départ pour les missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance) — pas un deux-roues civil adapté à la va-vite.
Silencieuse, robuste, et souverainement canadienne
Concrètement, la moto devra opérer entre -35°C et +45°C, offrir une discrétion acoustique et infrarouge maximale grâce à sa motorisation électrique, et encaisser dix ans de service militaire avec une architecture modulaire réparable sur le terrain. Elle pourra également alimenter d’autres équipements électroniques. Cerise sur le gâteau : toute la chaîne d’approvisionnement est canadienne, incluant le système de batterie fourni par SysNergie (Magog, Québec), déjà éprouvé auprès de la Garde côtière canadienne.
Le projet tombe à pic politiquement : en février 2026, le Premier ministre Carney lançait la toute première Stratégie industrielle de défense du Canada, avec l’objectif d’atteindre 2 % du PIB consacré à la défense, voire 5 % d’ici 2035 — et une forte volonté de privilégier les fournisseurs locaux.
Une équipe qui connaît la moto
Côté profils, NorthForge ne manque pas d’arguments. Le développement produit est assuré par Michael Uhlarik, designer de réputation internationale passé par Yamaha, Piaggio, BRP et Damon Motorcycles — 26 ans d’expérience et des programmes menés sur trois continents. Il est épaulé par le fondateur Trevor Hayter et le CFO Greg Campbell, tous deux issus du monde de la tech et de l’industrie automobile.
Aucune spec technique précise n’a encore filtré — puissance, autonomie, poids restent à confirmer. La Dispatch est toujours en phase de développement, mais le projet a de quoi retenir l’attention bien au-delà des frontières canadiennes. Elle s’annonce surtout comme une sérieuse alternative à la Atom utilisée par l’armée ukrainienne et la Kalachnikov de l’armée russe.

