Des mégots pour renforcer nos routes ?

Des chercheurs des universités de Grenade (Espagne) et de Bologne (Italie) ont collaboré pour parvenir à mettre au point un asphalte durable et plus résistant en y intégrant des mégots de cigarettes. Si le projet devient une réalité, il faudra remercier les fumeurs de rendre le goudron plus solide…
 
Comment rendre nos routes plus résistantes tout en étant plus écologiques. Une question à laquelle semblent avoir répondu les chercheurs du laboratoire d’ingénierie du bâtiment de l’Université de Grenade, accompagnés de leurs homologues de l’université de Bologne grâce à des travaux en commun. Et la solution vient d’un véritable fléau pour l’environnement, les mégots de cigarettes. Pas moins de 9 000 milliards, oui, 9 billions de mégots sont générés chaque année, dont une grande partie n’est pas recyclée et finit dans la nature. Une catastrophe pour l’environnement.
 
Le projet de recherche des deux universités, curieusement financé par le gouvernement chinois, propose de recycler ces mégots (y compris ceux des cigarettes électroniques) comme additif dans la construction de routes. La recherche menée a ainsi démontré la faisabilité d’incorporer ces déchets pour améliorer la résistance aux fissures des chaussées et la réutilisation de taux plus élevés de matériaux recyclés.

Transformer les mégots pour les utiliser sur nos routes, comment ça marche ?

Pour ce faire, l’extrémité du mégot de cigarette (composé de cendres organiques) a été jetée, tandis que le reste (presque tout le poids, composé de fibres de cellulose et de plastique PLA) a été écrasé et mélangé avec une cire de type Fischer-Tropsch (qui agit comme un liant) et soumis à un processus de pressage, de chauffage et de coupe à froid pour produire les granulés.
 
Concrètement, lors de la fabrication de l’asphalte, lorsque les pastilles entrent en contact avec le bitume chaud, la cire fond et libère la cellulose recyclée et les fibres plastiques des mégots de cigarettes. Ces fibres agissent comme un renforcement dans la matrice d’asphalte, augmentant sa résistance à la fissuration, mais aussi comme un liant, permettant d’augmenter son contenu, rendant le matériau plus ductile et flexible.
 
De plus, la présence de cires permettrait de modifier la viscosité du bitume et de réduire la température de fabrication du mélange, réduisant ainsi la consommation d’énergie et les émissions de polluants. Quand on sait que l’état des routes françaises serait responsable d’un accident sur deux, la promesse est intéressante. L’étude complète est visible ici.

YouTube video


Analyse


Post not analysed yet. Do the magic.