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27 fév 2026

Gucci par Demna : que faut-il retenir du premier défilé ?

Ce vendredi 27 février 2026, la Fashion Week de Milan retient son souffle. À 14h, Demna présente son premier défilé pour Gucci. Nommé à la direction artistique de la maison italienne il y a un, le créateur de mode géorgien va-t-il la sauver ?

 

© Daniele Venturelli/Getty Images for Gucci.

  • par Léa Zetlaoui.

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    Chez Gucci, all-in sur Demna

    Ce vendredi 27 février 2026 à 14h, le premier défilé Gucci par Demna va sceller le destin de la maison italienne. Nul n’ignore les difficultés que rencontre la marque du groupe Kering depuis 2022, suite au départ de son directeur artistique Alessandro Michele.

    Le retour de l’audace à l’italienne ?

    Avant que le créateur géorgien ne quitte Balenciaga pour rejoindre Gucci en mars 2025, la direction artistique avait été confiée à Sabato De Sarno, passé par Valentino. Chargé d’ouvrir un nouveau chapitre, il s’est efforcé d’épurer l’héritage flamboyant de son prédécesseur et d’imposer une vision plus minimaliste. Une transition délicate qui n’a pas su enrayer l’essoufflement de la marque.

    Mais attend-on vraiment de la sobriété quand il est question de Gucci ? Rien n’est moins sûr. La maison italienne fondée en 1921 a bâti son mythe sur l’exubérance, l’audace et une théâtralité assumée. De l’opulence glamour de Tom Ford à l’esthétique baroque insufflée par Alessandro Michele, Gucci n’a jamais prospéré dans la retenue. Et cela tombe bien : Demna non plus.

    Nouvelle vision et nouveau style

    Repéré avec son disruptif label Vetements, il débarque chez Balenciaga en 2015. Rapidement, Demna galvanise l’héritage de la maison fondée en 1937. Sous son ère, le chiffre d’affaires explose, atteignant 1,18 milliard d’euros en 2021. On comprend alors pourquoi Kering a souhaité confier son joyau italien à son bienfaiteur géorgien. Même si son impertinence n’a pas toujours été du goût de tous, Demna a démontré son habilité à fédérer une large communauté, adepte de sa mode radicale et de son luxe ironique.

    Tandis que la saison précédente marquait les débuts d’une dizaine de nouveaux directeurs artistiques , durant cette Fashion Week, tous les regards sont braqués sur le nouveau tandem Gucci/Demna. “Demain, c’est l’anniversaire de ma vision pour Gucci. Une maison qui a connu de multiples vies. Une marque qui a défini et redéfini le luxe et les audaces de la mode,” expliquait Demna dans un post publié hier sur Instagram. Après avoir passé dix ans chez Balenciaga, on mesure l’enthousiasme qui accompagne ce nouveau chapitre, à la fois créatif et stratégique.

    Un avant-goût avec La Famiglia

    Sommé de présenter une première collection en septembre dernier, Demna s’en était sorti avec adresse. Dévoilé sous la forme d’un film réalisé par Spike Jones, et d’un lookbook façon portrait de famille, cet avant-goût intitulé La Famiglia, revient sur l’héritage légué par les précédents directeurs artistiques.

    Sommé de livrer une première proposition dès septembre dernier, Demna s’en était acquitté avec habileté. Dévoilé sous la forme d’un film réalisé par Spike Jonze, accompagné d’un lookbook conçu comme un portrait de famille, la collection La Famiglia revisitait l’héritage légué par ses prédécesseurs. Une série de silhouettes entre hommage et relecture contemporaine. “L’année dernière, je me suis plongée dans l’essence même de Gucci. J’ai partagé des fragments de cette recherche à travers les collections La Familia et Generation Gucci. Je me suis rendue aux archives de Florence, j’ai visité les usines Gucci et j’ai été témoin de la puissance industrielle de la marque.”

    Que retenir du premier défilé Gucci par Demna ?

    Art italien et ambiance muséale

    Aux alentours de 14h à Milan, les invités se pressent au Palazzo Delle Scintille, espace d’exposition monumentale, décorée pour l’occasion de sculptures de marbre immaculé. Personnage principal du film Gucci, Demi Moore retrouve ainsi au premier rang Romeo Beckham, Shawn Mendes, Philipppine Leroy-Beaulieu, Nadia Lee Cohen, Paris Hilton, mais aussi Donatella Versace et Alessandro Michele.

    Passé maitre dans l’art de proposer des mises en scènes évocatrices pour ses défilés, Demna annonce la couleur en choisissant la sobriété. Épurée, la scénographie invite ici à se concentrer sur les vêtements, et surtout, sur l’émotion qu’ils procurent. Dans cette atmosphère muséale, la bande-son composée par Ioki (ex-BFRND), évolue avec la nouvelle garde-robe Gucci.

    Un nouveau printemps chez Gucci

    S’intitulant Privamera (le printemps en italien), cette première collection inaugure donc un nouveau chapitre sous forme de renaissance. Point de retour à l’époque baroque de Michele, mais plutôt une relecture du glamour sophistiqué de Tom Ford. Mais en plus contemporain.