Lien copié

23 fév 2026

Fashion Week : que retenir des défilés automne-hiver 2026-2027 à Londres ?

Découvrez notre récap de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 à Londres, avec les défilés Tolu Coker, Harris Reed, Erdem, Simone Rocha et Richard Quinn.

  • Par Camille Bois-Martin, 

    Photo par Victor VIRGILE/Gamma-Rapho via Getty Images. .

  • googletag.cmd.push(function () {
    googletag.display(‘div-gpt-ad-1757521738078-0’);
    googletag.pubads().addEventListener(‘slotRenderEnded’, function (event) {
    if (event.slot.getSlotElementId() === ‘div-gpt-ad-1757521738078-0’) {
    const iframe = document.querySelector(‘#div-gpt-ad-1757521738078-0 iframe’);
    if (iframe) {
    iframe.style.width = ‘100%’;
    iframe.style.aspectRatio = iframe.getAttribute(‘width’) + ‘ / ‘ + iframe.getAttribute(‘height’);
    iframe.style.height = ‘auto’;
    const doc = iframe.contentDocument || iframe.contentWindow.document;
    if (doc) {
    const img = doc.querySelector(‘a img.img_ad’);
    img.style.width = ‘100%’;
    img.style.height = ‘auto’;
    }
    }
    }
    });
    });

    <!–

    –>

    Que s’est-il passé à la Fashion Week de Londres ?

    Alors que New York clôturait, ce lundi 16 février, sa Fashion Week après cinq jours remplis de défilés et de soirées, Londres inaugurait sa semaine de la mode dès le jeudi suivant. Un répit de courte durée, qui a donné aux professionnels et aux mannequins le temps de traverser l’Atlantique afin de découvrir les nouvelles créations de créateurs comme Tolu Coker, Steve O Smith, Harris Reed, Simone Rocha ou encore Masha Popova. Numéro revient sur les collections qu’il ne fallait pas manquer à la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 de Londres, organisée du 19 au 23 février 2026.


    Tête couronnée et héritage londonien au défilé Tolu Coker

    Tolu Coker lançait, ce jeudi 19 février, en grande pompe la Fashion Week londonienne avec un défilé qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. La raison ? La présence du roi Charles III parmi les invités présents au premier rang. Une tête couronnée rarement – voire jamais – présente à de tels évènements, et qui braque ainsi la lumière sur la créatrice britannico-nigérienne, finaliste du Prix LVMH en 2025.

    Et la collection est à la hauteur de l’engouement. Sur le podium, des silhouettes aux coupes et aux motifs sixties (témoin de sa passion pour cette décennie) se succèdent dans une explosion de couleurs et de motifs printaniers. À l’instar de damiers bleu et blanc, d’un tartan rose, violet, orange et noir, ou encore d’ensembles jaune beurre irrésistibles. On adore les jupes plissées, les chemises cintrées comme des corsets et les robes bustiers à col Bardot, façon pin-up des temps modernes. On retrouve également sa maîtrise du tailoring au gré de manteaux, de vestes et de costumes, où l’oversized et le près du corps dialoguent à la perfection.


    Les looks baroques et dramatiques d’Harris Reed

    Si l’esthétique glamour et coquette d’Harris Reed se déploie dans ses collections qu’il imagine pour Nina Ricci chaque saison à Paris, rien n’équivaut ses créations pour sa propre marque. C’est ici que son esprit semble librement divaguer et s’exprimer sans concession.

    Pour l’automne-hiver 2026-2027, le créateur anglo-américain dévoile en effet une série de robes baroques, ponctuées de corsets aux motifs irisés ou brodés de plumes rouge vif, d’un ensemble de costume zébré pourpre et bleu ciel. Ici, le jacquard côtoie le damas, dans une profusion de sublimes étoffes de soie, juxtaposées à des moirés, des lamés et des dévorés, mais aussi combinés à des franges et à des plumes dans une association de motifs animaux et floraux surprenants.


    Steve O Smith expose ses créations automne-hiver 2026-2027

    Face à une création de Steve O Smith, on ne saurait dire si l’on observe un tableau ou un vêtement. Sur des costumes en organza ou des robes volumineuses en tulle, de larges découpes noires épousent les coutures et dessinent une silhouette à l’allure chimérique. Des pièces poétiques et picturales qui ont séduit le jury de la douzième édition du prix LVMH en 2025, dont les membres ont choisi de remettre le prix Karl Lagerfeld au jeune créateur britannique.

    L’occasion, pour ce dernier, d’organiser un déjeuner et une exposition de ses vêtements et de proposer ainsi une petite bulle de calme pendant cette Fashion Week londonienne. Cette saison, il dévoile des silhouettes fidèles à son esthétique picturale, qui trouve aujourd’hui son inspiration dans un triptyque de 1928 de l’artiste Otto Dix – dont on retrouve en effet la patte crue et les couleurs intenses dans les robes rouges de Steve O Smith. “La collection s’inspire de la représentation du glamour et du malaise, d’un espace où les corps et les vêtements qui les ornent se frôlent dans des états de tension et de performance.” écrit ainsi le créateur à propos de ses pièces.


    Masha Popova défile dans la Chartreuse de Londres

    Entre les pierres séculaires de la Chartreuse de Londres, érigée au XVe siècle, Masha Popova présente une collection automne-hiver 2026-2027 résolument contemporaine. Sous les boiseries et les dorures de l’incontournable édifice londonien, la créatrice propose en effet des looks colorés, rythmés de rose bonbon, d’imprimés orange, bleu ou vert, mais aussi de coupes à l’allure démesurée.

    Entre les vestes en jean surdimensionnées (semblables à des fourrures glamours) et portées seulement avec des collants, ou encore les longs manteaux aux cols exagérés, on découvre un vestiaire romantique et décadent, nourris d’associations de vêtements dépareillés et de layering – une tendance très présente ces dernières saisons.


    KNWLS organise une exposition pendant la Fashion Week

    En lieu et place d’un onéreux défilé, KNWLS opte pour une courte exposition, ouverte le temps de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027 de Londres, du 20 au 23 février 2026. Au sein de l’espace The Painting Rooms sur la Flitcroft Street, la marque fondée en 2016 dévoile ainsi sa nouvelle collection parmi des meubles vintages mais aussi des œuvres de Shaan Bean et d’Anousha Payne, aux côtés de compositions florales séchées de l’artiste botanique Emilie Pria, ainsi que d’une bibliothèque de livres rares…

    Bref, tout un univers imaginé sur-mesure pour mettre en valeur le vestiaire KNWLS, où le même éclectisme graphique et esthétique s’exprime au travers des looks. Un imposant bomber en cuir se recouvre ainsi de délicats motifs fleuris, assorti à un mini-short orné de volants. On remarque également une fine robe en crochet noir, marquée par un corset ultra-sexy, ou encore une élégante robe en soie beige ornée d’un sensuel porte-jarretelle.


    Le vestiaire multifonction et minimaliste de Johanna Parv

    Pour l’automne-hiver 2026-2027, la créatrice éponyme de Johanna Parv explore les dimensions multifonctionnelles et minimalistes de ses créations. Elle livre ainsi un défilé rythmé de vêtements techniques, dont les coupes et les matières s’adaptent au quotidien urbain d’une femme contemporaine. La silhouette se fait plus allongée et ajustée qu’à l’accoutumée, dans le sillage de la tendance officewear, et est ponctuée d’une palette de couleur sombre, oscillant du rouge au bordeaux, en passant par le marron, le violet foncé et le noir.

    Au fil des looks, on découvre ainsi des sous-vêtements en laine associés à des cols roulés et à des écharpes à capuche, des ourlets de pantalons fourrés dans des collants, ou encore un blazer à fermeture éclair à double curseur, dont la coupe longue et les poches arrières 3D se démarquent par des détails réfléchissants. Aussi pratique que chic.


    Un défilé Joseph très sculptural

    Il s’agit probablement de l’une des plus courtes notes d’intentions proposées au cours des récentes Fashion Week. Mais sa simplicité permet ainsi d’appréhender parfaitement l’inspiration et l’intention de Joseh Ettedgui. “Cette saison, j’ai exploré l’art de la sculpture et son idéal philosophique : ‘Trouver la forme là où elle n’existe pas’.” écrit-il à propos de sa collection automne-hiver 2026-2027, qui “s’inspire du savoir-faire des sculpteurs pour créer de la douceur et de la légèreté dans des supports plats,[…] réinventés en pièces fluides aux formes structurées, aux plis profonds et au mouvement.”

    Plus concrètement, cette inspiration se traduit notamment par des vêtements aux matières épaisses (de la laine, du cuir, des broderies 3D), dont les coupes épousent le corps et les pas des mannequins, offrant l’impression d’une veste ou d’une robe légère, qui s’avèrent pourtant ultra-couvrantes. L’ensemble est élégant et nourri d’accessoires imposants (une ceinture à grosse boucle, un large pendentif ronde) composant un vestiaire contemporain, désirable et, littéralement, prêt-à-porter.


    Erdem célèbre ses 20 ans avec un défilé à la Tate Britain

    Après avoir défilé entre les colonnes du British Museum en septembre dernier, Erdem s’empare cette saison d’un second musée londonien : la Tate Britain. À l’occasion des vingt ans de la marque, Erdem Moralıoğlu réunit toutes les figures qui ont inspiré ses collections depuis deux décennies et les mêle ainsi dans une seule et même garde-robe.

    Des robes et manteaux de Maria Callas et de Radclyffe Hall en passant par les robes de bal de la reine Elizabeth II dans les années 50, toutes les références glamours et historiques du créateur se rencontrent aujourd’hui dans les coupes et les motifs. Et l’ensemble est plus que réussi : impossible de détacher nos yeux d’une veste de costume recouverte d’un fragile voile blanc brodé, ou encore d’une volumineuse robe immaculée, accentuée par des cerceaux bas – une référence à la mariée du tout premier défilé de la marque en 2006.


    Simone Rocha collabore avec Adidas

    À l’origine de ce nouveau défilé Simone Rocha, deux inspirations : le mythe celtique Tír na nÓg et le livre de photographies Pony Kidgs de Perry Ogden (1999). Tous deux ont en point commun le cheval, que la créatrice anglaise décide d’explorer à travers le prisme de l’équitation. Oscillant entre le masculin et le féminin, le sportswear et le formel, cette collection automne-hiver 2026-2027 s’inscrit ainsi en adéquation quasi parfaite avec la marque Adidas, qui dévoile justement une collaboration sur ce même podium.

    Vêtements, chaussures, accessoires et bijoux révèlent les célèbres trois bandes aux côtés de détails romantiques et en dentelle brodée, signature de Simone Rocha, tandis que les vestes de survêtement et les justaucorps côtoient des jupes en tulles et à volants. On découvre également, sur certaines pièces, des déchirures et des accrocs, en écho au vécu des vêtements de sport, ainsi que des rosettes (médailles remises lors des compétitions d’équitation) qui ornent çà et là une pièce, voire composent une robe toute entière.


    Les looks glamours du défilé Richard Quinn

    Dans un décor quasi futuriste marqué par de grands néons blancs et par une entrée hexagonale plongée dans le noir, les silhouettes du dernier défilé Richard Quinn semblent à la fois puisée dans le passé et issue d’un avenir proche. Les looks misent sur des color-block audacieux : une jupe rose fuchsia orne une robe moulante à sequins noirs, tandis qu’un nœud en satin bleu turquoise décore le col d’une combinaison en velours noir.

    Les coupes sont structurées et se démarquent par des textiles opulents et des ornements précieux – façonnant ainsi des silhouettes, à la fois fortes et séduisantes, qui semblent destinées à de prestigieux tapis rouge et cérémonies. À l’instar des BAFTA qui se tenaient justement le soir-même à Londres.