Cyril Genot deuxième… Malgré un investissement conséquent, un gros travail sur les motos, des mois passés à chercher des solutions techniques pour contrer l’expérience et la performance des YZF de Kellett et Potisek, le team Honda-SR Motoblouz de Josse Sallefranque a été battu. La faute à qui ? A quoi ? On a creusé. On n’a pas trouvé de pétrole mais on a quelques explications…
50 mètres après le départ, Cyril Genot ne paraît pas largué même si les Yam sont aux avant-postes…
La lèvre inférieure explosée, le regard éteint, le souffle court, Cyril Genot avoue son impuissance à l’arrivée du 50ème Enduropale. Le voilà pour la troisième fois à la deuxième place, battu soit par Potisek, soit par Kellett. Cette seconde place illustre la formidable success story du team Yamaha autant que l’impuissance des rouges à remporter une course qui les fuit depuis 2010. 26 ans, un bail depuis la victoire de Mickaël Pichon. Dans les mots de Cyril Genot, le sentiment d’avoir bien roulé, de ne rien avoir à se reprocher mais aussi, ce qui est plus problématique, la sensation de ne pas posséder la même arme que Kellett. Traduction, une moto aussi performante. De quoi faire réagir Josse Sallefranque, boss du team Honda SR-Motoblouz, qui se coupe en 4 et se casse les dents depuis pas mal de saisons pour faire gagner la CRF : « Certes la Yam est très performante, on le reconnaît mais Cyril oublie de dire qu’il a coupé deux fois dans la ligne droite au départ, notamment parce qu’il a pris une pierre et qu’il est tombé dans le deuxième virage ! Sinon il était dans le sillage de Milko. On a des pilotes plus lourds que Kellett, c’est vrai, on accuse 2 à 3 km/h en vitesse de pointe aussi par rapport aux meilleures Yam mais le travail fourni est conséquent. Cyril n’est pas un starter. Et puis on est dans des années Kellett. Il est très bon, il maîtrise tout mais sans lui, on aurait largement dominé ce Touquet devant tous les autres pilotes Yamaha, dont Milko Potisek. C’est un peu dur de laisser entendre que les problèmes ne viendraient que de la moto« . Il faut reconnaître que c’est la même CRF préparée par le team qui a permis à Adrien Van Beveren de partir bien mieux et de virer dans le bon groupe à Stella. Si Josse Sallefranque reconnaît volontiers encore un écart entre l’YZF et la CRF, il n’est pas si grand que ça. Lars Van Berkel pensait ainsi trouver un remède à des résultats parfois décevants en passant de Honda à Fantic (moteur Yam) cette année. Il avait terminé sur le podium avec les rouges. Il n’a pris que la 4ème place cette année, en virant loin à Stella. Honda entend continuer à bosser pour combler son retard et gagner, 27 ans plus tard, cet Enduropale. En attendant, passée la déception d’une nouvelle deuxième place, le team SR et Honda France peuvent se féliciter d’avoir archi dominer le vintage (comme l’an passé) ou encore d’avoir vu Mathilde Martinez remporter la catégorie féminine. Les courses de sable et plus largement le motocross génèrent une passion de plus en plus débordante. On n’a pas fini d’entendre parler de rivalité entre Honda et Yamaha dans les mois à venir…
Le pilote belge a roulé avec une belle maîtrise technique. Il aurait largement dominé ce Touquet sans la présence de… Kellett !