Comme l’an dernier, Cyril Genot est mal parti. Comme l’an dernier le pilote Honda est bien revenu. Mais comme l’an dernier et comme plus de 1300 concurrents, le pilote belge a été battu par la machine Kellett. Une sacrée frustration pour le team Honda, victime trop souvent d’un manque de vitesse au départ pour espérer contrer l’YZF du british. Milko Potisek sauve un podium sans jamais avoir été dans le coup pour s’imposer…
Photos M. Brunner
Départ sous une météo exécrable et un trio au bout de la ligne droite avec Martens, Hauquier et Bal !
« C’est juste le début !« . Plus excité à l’arrivée qu’au départ, survolté par ce 4ème succès consécutif et finalement l’apparente facilité avec laquelle il l’a emporté, Todd Kellett a désigné comme challenge futur une série sans fin d’autres succès. Il faut dire que le Britanique, à 28 ans, peut envisager le meilleur. Il écrit un chapitre historique dans l’histoire de l’épreuve et se hisse au palmarès devant un paquet de légendes. Il dépasse Potisek, Van Beveren ou Béthys et n’est plus qu’à une longueur de Kees Van Der Ven. Quatre succès, c’est énorme.
Todd Kellett a survolé les obstacles autant que ses adversaires du début à la fin de la course sans jamais faiblir !
Kellett a assommé ses adversaires aujourd’hui comme il a pris l’habitude de le faire quasiment sur chaque course, en se mettant en action très rapidement. On le savait, une grande partie de la victoire allait se jouer au bout de ligne droite après le départ. Kellett allait-il virer dans le bon paquet ? Ses adversaires principaux – Potisek et Genot- allaient-ils être dans sa roue pour espérer ne pas être débordé dès le premier quart de la course ? On a vite eu la réponse. Kellet a déboulé dans le groupe de tête pendant que Potisek étaient déjà débordé et que Genot, comme trop souvent depuis deux ans, pointait loin, très loin derrière (30ème !). Impossible d’espérer quoi que ce soit dans ces conditions si ce n’est des chutes ou un pépin mécanique. Mais le leader du team Dragon’Tek a pu une fois encore compter sur l’exceptionnelle fiabilité du team et de l’YZF, l’expérience accumulée après tant d’années de succès, une solidité physique impressionnante, un pilotage aérien, on vous en passe et des meilleurs. Kellett a semblé volé quand Potisek donnait le sentiment de décliner et galérer tour après tour, manquant de « jeu de jambes » et de tonicité sur la moto. Seul Cyril Genot aura réussi à tenir tête au Britanique d’un point de vue « chrono », mais évidemment beaucoup trop loin derrière après ce départ raté.
Milko Potisek s’est battu, comme à son habitude mais il a souffert et n’a pas pu tenir le rythme de Kellett.
Cyril Genot peut être déçu. Il semblait avoir la caisse pour tenir la cadence de Kellett mais un départ « cata » lui a coupé tout espoir de succès.
Le voilà une fois encore deuxième, satisfait du travail effectué mais… battu ! Derrière Genot et Potisek, il faut souligner la belle 4ème place de Lars Van Berkel sur Fantic. L’ex membre du team Honda SR est bien revenu après un mauvais départ. Il est parvenu à prendre le meilleur sur son successeur chez les rouges, Hakon Fredriksen. Dans le top-10, d’autres héros. On pense à Camille Chapelière, qui a enfin réussi à rallier l’arrivée après trop d’abandons. Il place la 450 Suzuki à une magnifique 7ème place, ce qui incitera peut-être les « jaunes » à revenir avec plus de moyens sur la course. Knuiman et Callens pour Yamaha représentent une partie de l’avenir. Honda peut être fier de Van Beveren (8ème), aligné au dernier moment au guidon de la 450 CRF alors qu’il visait initialement un holeshot avec sa 500 CR du vintage. Enfin il y a la 11ème place méritoire de Collignon.
Autre homme fort de l’épreuve, Jeremy Hauquier qui a joué en tête à tête avec Kellett durant les deux premiers tours et qui tenait une belle place sur le podium, bénéficiant d’une impressionnante vitesse de pointe dans la grande ligne droite, mais une fuite du radiateur a nécessité un passage trop long au stand pour espérer un podium. Il aura eu le mérite de revenir dans le top-10. Et puis comment ne pas saluer la 21ème place d’Antoine Méo ! 11 ans après sa dernière « pige » au Touquet, le quintuple champion du monde d’enduro a un peu galéré pour mettre la 450 Ducati dans une configuration performance-fiabilité au top. Il a du changer de moteur la veille de la course avant de connaître des soucis techniques à 15 secondes du départ. Sorti de la première ligne, parti dans les derniers, il a aligné des chronos dignes du top-10 pour remonter jusqu’à cette 21ème place formidable. Vivement l’année prochaine et bravo à la 450 Desmo.
Fantastique Antoine Méo revenu à la 21ème place après être parti au-delà de la 800ème place !!!
Pendant que Kellett bouclait 1/3 du circuit, Antoine Méo cherchait la solution pour prendre le départ…
Mathilde Martinez, 67ème et première fille au sein du team Honda-SR !
Rendez-vous en 2027 pour la 51ème édition de l’Enduropale avec un Kellett sans doute ultra favori. Sur quelle moto ? Ah, la bonne question. Guillaume Davion, boss de Dragon’Tek ainsi que Yamaha espèrent garder Kellet dans leur rang pour continuer de planer sur l’épreuve. Mais c’est une autre histoire…
