La moto rend elle heureux ? La réponse de la science.

Pratiquer la moto, au quotidien ou de façon plus épisodique, rend il plus heureux dans la vie ? C’est la question que s’est posée des chercheurs de l’UCLA et ils ont apporté leurs réponses dans une revue scientifique. Moto Station ne pouvait rester indifférent à celle-ci. Alors ?

La moto est indéniablement un sujet de partage et un motif de ralliement. Tout autour du globe, la passion de la moto unit les passionnés qui trouvent du plaisir au guidon de leur monture. Cependant, s’il s’agit d’un loisir-passion, c’est aussi un loisir dangereux par nature. Il faut donc, pour bien des motard(e)s, être en mesure de justifier cet amour du deux-roues auprès de l’entourage. Et pour ce faire, quoi de mieux que d’invoquer notre bien-être psychique, avec de surcroît le soutien de la science. Des chercheurs de l’UCLA (University of California Los Angeles) ont vérifié pour nous si la moto rendait heureux. Reste à voir si ces scientifiques nous donnent de quoi nous défendre autour de la table à l’heure du souper auprès des détracteurs de la pratique du deux roues motorisé.

En 2020, un groupe de neuro-chercheurs composé de 9 spécialistes envoie à l’UCLA un article sur les effets prodigués par la moto à son conducteur. L’article est sobrement intitulé : “Modulation of attention and stress with arousal : the mental and physical effects of riding a motorcycle”. Titre qui pourrait se traduire en français par : “Les variations d’attention et de stress avec l’excitation : les effets physiques et psychiques de conduire une moto”. Supervisé en octobre, validé en novembre par le comité éditorial de la revue, l’article paraît en janvier 2021. Le cheminement a donc été dès plus attentionné.

Une passion irrationnelle qui ne demande qu’à être expliquée

L’étude part de l’idée selon laquelle parvenir à modérer son niveau d’excitation améliore l’attention sélective (ou le fait que le cerveau se concentre sur l’information qu’il juge la plus pertinente). Cet état prendrait effet dans le cadre d’une pratique sportive à haut niveau ou d’activités à sensations fortes. Pour essayer de vérifier cette théorie, l’équipe universitaire a lancé une série d’expériences. La question était donc : en quoi conduire une moto, donc une activité physique qui demande un bon niveau de concentration, peut affecter le processus sensoriel du traitement de l’information ?

Une expérience, 77 motard(e)s étudiés, un résultat sans appel.

Les chercheurs ont utilisé un électroencéphalogramme couplé à une méthode qui mesure la réactivité cérébrale en action et au repos. Ils ont prélevé des mesures sur un échantillon de 77 motards et motardes entre 18 et 70 ans. Tous devaient être stables mentalement et à l’aise sur une moto. Nous retenons aussi la variété et la richesse de cet échantillonnage.

Selon les chercheurs de l’UCLA : « Cette étude vérifie des hypothèses existantes concernant les interactions entre les systèmes d’attention et d’excitation. Pour en arriver là, plusieurs méthodes scientifiquement éprouvées ont été utilisées pour quantifier l’expérience subjective de la conduite d’une moto. » Les résultats sont les suivants :

  • La moto aide à diminuer le stress. C’est symbolisé par la réduction d’environ 28% des biomarqueurs hormonaux du stress (comme la cortisol). (ndlr : on parle sans doute de l’abaissement du stress qui pèse sur une période donnée, car la conduite d’une moto sous certaines conditions peut sans doute en générer).
  • Le pilotage d’une moto provoque une stimulation physique équivalente à un exercice léger. Une augmentation de la fréquence cardiaque de 11 % et du taux d’adrénaline de 27 % sont observés.
  • Enfin, faire de la route à moto permet d’accroître son niveau d’attention et d’avoir une meilleure résistance à la distraction, avec des effets proches de ceux de la méditation. ndlr : rien d’étonnant à ce niveau, la concentration doit être plus élevée à moto qu’en auto…
  • Cependant, rouler n’affecte en rien le «bonheur» du pilote, cette métrique restera à l’appréciation de chacun.

Pour information, l’UCLA est la neuvième université mondiale dans le domaine des neurosciences si l’on se base sur le nombre de publications et de citations de revues scientifiques. Attention, il faut tout de même mentionner que cette étude a été, en partie, financée avec le soutien du constructeur Harley-Davidson qui n’a exigé aucune contrepartie. L’UCLA a précisé la participation du constructeur nord américain en toute transparence, qui, on le sait, a des budgets pour ce type d’opération. On peut donc espérer que cette étude a été menée avec sérieux. Il vous convient d’en juger.

Lien de l’article UCLA .


Analyse


2026-10-15 12:10:41

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