PathAhead : le programme Honda qui va transformer le sable du désert en route

Nos routes sont de plus en plus dégradées et de moins en moins entretenues, mais Honda pourrait apporter une solution innovante pour construire des routes plus robustes et moins chères à mettre en oeuvre avec PathAhead, issu du programme Ignition, qui prévoit de transformer le sable du désert en un granulat entrant dans la composition des revêtements routiers.

Du sable au bitume, il fallait y penser ! Serait ce à force d’arpenter les dunes en Africa Twin que le géant de la moto a pensé à cette solution ? Blague à part, Honda Motor Company a annoncé la création de PathAhead Co., Ltd. (PathAhead), une start-up issue d’Ignition qui n’est autre que le programme de créations de nouvelles entreprises de Honda. Grâce à cela, Honda pourrait proposer le premier matériau de construction routière au monde à haute durabilité fabriqué à partir de sable de désert.

Non, ce n’est pas un poisson d’avril (lire le nôtre ici), mais une réalité avec la start up PathAhead que l’on pourrait traduire par la voie à suivre (Path Ahead) ou un peu plus loin (path a head), dans tous les cas, un programme qui s’inscrit clairement dans une démarche d’avenir. Honda, via cette start up, annonce avoir créé Rising Sand soit le premier granulat apte à rentrer dans la composition des routes asphaltées à partir de sable du désert. L’entreprise va développer et tester la durabilité de ce granulat en vu de vérifier sa compatibilité avec le projet de construction de routes de grande ampleur. Les tests auront lieu au Kenya, en Tanzanie et en Afrique du sud afin de mesurer la résistance des routes créées au sein de différents climats. Une usine de transformation en république du Kenya pourrait assurer la production en masse de Rising Sand dès 2028.  

Rising Sand par Honda PathAhead, comment ça marche ?

Honda Rising Sand

Le Rising Sand est un granulat artificiel obtenu en granulant les grains ronds de sable fin du désert, d’un diamètre d’environ 100 micromètres (μm)*3, pour former des agrégats de sable granulés plus gros, d’un diamètre de plusieurs dizaines de millimètres (mm) Ceci grâce à la technologie de granulation originale de PathAhead, en instance de brevet. Cette technologie confère des granulats en taille plus constante et en les renforçant par rapport aux granulats issus de ressources naturelles comme le sable et la pierre concassée extraits des montagnes et des rivières qui sont de plus en plus rares et donc plus onéreuses à exploiter.

Si les routes traditionnelles, utilisant des granulats conventionnels ont une durée de vie d’environ 10 ans, le programme PathAhead devrait atteindre, selon Honda, une durée de vie de plus de 20 ans. De quoi réduire la fréquence des réparations et nous pensons évidemment à nos fameux raccords en Europe, lesquels constituent un véritable piège pour l’adhérence et la sécurité des motards. En outre, Honda assure qu’en utilisant des ressources locales, sable de désert proche, le coût sera concurrentiel. Honda va aussi plus loin puisque le Rising Sand pourra être décliné pour la fabrication du béton et divers matériaux pouvant bénéficier à d’autres constructions.

Avec ce programme particulièrement ambitieux, Honda compte également reprendre la main sur l’industrie chinoise qui s’est largement développée en matière de travaux publics un peu partout en Afrique, mais dont la qualité n’a pas toujours été au rendez-vous avec des routes qui se sont rapidement dégradées. Le développement démographique étant très élevé en Afrique, les besoins sont nombreux et cela n’a pas échappé au leader de l’industrie moto qui a choisi d’étendre ses compétences avec son programme Ignition. Pour Honda, le projet semble bien avancé d’un point de vue technique, mais il pourrait être retardé par la conjoncture géo politique et/ou les conflits. Toutefois, si les routes élèvent leur niveau de qualité en Afrique avec ce procédé, Honda pourrait le développer ailleurs, y compris en Europe. En France, le réseau routier se dégrade régulièrement car l’état a choisi de confier cette mission d’entretien aux communes pour les routes communales, aux départements pour les départementales depuis la loi de décentralisation de 2007 soit 2/3 du réseau français – les routes nationales relevant encore de l’état tandis que l’entretien des autoroutes revient aux sociétés privées d’exploitation des autoroutes.  

Comment sont faites nos routes ?

La chaussée routière est fabriquée à partir d’un sol support (une lame très rigide et dure) sur lequel sont ajoutées plusieurs couches. Ces couches sont fabriquées à partir de granulats et d’un liant hydraulique ou hydrocarboné. Les différents granulats sont : le filler, le fine, le sable en béton et mortier, le gravillon, la gave… Les matériaux ont évolué au fil du temps en fonction des approvisionnements et des améliorations pour compenser le réchauffement climatique, source de dégradation des routes.


Analyse


2026-04-13 03:12:41

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