Itw Cooper Webb : « Même à 30 ans, je ne lâche jamais rien ! » ABONNÉ

Triple champion de Supercross 450, Cooper Webb fait partie des meilleurs pilotes de la discipline, derrière McGrath (7), Carmichael (5), Dungey (4) et Villopoto (4). Il ne faut pas oublier ses trois titres en 250, qui soulignent encore un peu plus le travail accompli par l’officiel Yamaha. Comme il l’a montré à Houston, Cooper Webb ne lâche jamais rien et fait partie des favoris à sa propre succession cette année. Nous avons pu échanger avec le pilote Yamaha.

 

Cooper, comment on se sent en tant que pilote à 30 ans ? 

« Je me sens bien, pas de problèmes ! C’est un peu fou de voir qu’à 30 ans je me sens aussi bien qu’à 25 ans, en ayant eu autant de succès, en faisant une aussi longue carrière, en ayant remporté encore une fois le championnat à 29 ans, en étant papa de deux enfants et bientôt trois. Cette saison 2025 a été incroyable pour moi. J’espère en faire une aussi bonne l’an prochain avec Yamaha ! »

C’est important d’être bien dans sa tête pour performer ?

« Oui, bien sûr. J’ai une belle famille à mes côtés. Ma femme et mes parents prennent du plaisir et c’est cool de les avoir derrière moi. Quand on est aux US, les enfants viennent souvent avec nous sur les courses, ils s’amusent et c’est cool qu’ils voient et comprennent ce que je fais. »

Quand on a des enfants, on est le même homme quand on met le casque sur la tête ?

« Pour moi, c’est pareil, ça ne change rien ! C’est encore plus motivant, ça me donne encore plus envie de performer, pour eux. La compétition est ce qui nous fait vivre, ce qui nous motive, qui nous pousse à nous dépasser, mais quand tu as eu une mauvaise journée ou que tu rentres d’une journée d’entraînement à la maison, ça te change les idées de redevenir père de famille. »

Verra-t-on un jour Webb junior sur une piste de MX ?

(rires) « Peut-être ! Mes enfants viennent avec moi de temps en temps à l’entraînement. On a deux filles, donc c’est un peu différent… On verra ce qu’ils veulent faire ! »

Cooper Webb Supercross 2025

Cooper Webb a toujours dit que le championnat ne commence qu’à partir de Daytona … © Math Brunner

As-tu changé ta préparation, ton entraînement en vieillissant ?

« Pas vraiment. Je continue à travailler avec Garet Swanepoel qui était déjà mon entraîneur quand je roulais en 250. On s’entraîne toujours dur chaque année, de plus en plus dur je dois dire et je sens ce que cela m’apporte, que ce soit pour l’entraînement physique ou à moto. D’un autre côté, l’expérience acquise au fil des années t’aide bien sûr pour les courses mais aussi pour le testing. »

Tu as entamé la saison de SX doucement, avant de commencer à gagner lors du sixième SX à Détroit. Parle-nous de cette saison 2025 ?

« Une belle saison. Je me suis blessé en décembre (NDR : ligament du pouce de nouveau touché lors d’un SX en Australie) si bien que j’ai été un peu en retrait sur les premières épreuves. À vrai dire, j’ai même failli rater Anaheim 1 du fait de cette blessure. Je suis allé à l’ouverture en me disant qu’on verrait comment cela se passerait puis je suis monté en puissance au fil des épreuves pour gagner mon premier SX à Détroit. Après, il y a bien sûr eu quelques blessés, mais avec Chase (Sexton), on s’est battu pour le titre jusqu’à la fin. Ce fut une saison sympa même si ce ne fut jamais simple. »

Il y avait du stress avant la finale de Salt Lake City que tu as abordée avec seulement neuf points d’avance sur Chase ?

« Le dernier mois a été assez stressant car c’était Chase ou moi. Chase roulait vraiment bien en fin de saison (NDR, quatre succès lors des cinq derniers SX, contre un seul pour Cooper) et j’ai dû m’investir à fond chaque week-end, surtout face à lui. J’ai fait une super saison, mais quand il était en forme, il était intouchable. Ces dernières courses ont été difficiles, avec autant d’enjeu. Il a fallu être performant, mais sans se mettre en position de faiblesse, il a fallu tout donner, mais aussi rester lucide et se positionner au mieux. Ça a été stressant. Ce n’est jamais facile, ce n’est pas la période la plus agréable que la fin de saison, mais quand j’ai franchi la ligne d’arrivée à Salt Lake, c’était une sensation formidable que d’y être arrivé. »

C’est toujours difficile de comparer des titres, mais décrocher celui-ci, quatre ans après ton deuxième titre, doit avoir une autre valeur ?

« Oui ! Je dois dire que c’est pour moi le meilleur, peut-être parce que j’ai dû attendre quatre ans pour le décrocher. J’ai eu des hauts et des bas pendant ces quatre saisons, j’ai changé de team, je me suis blessé à plusieurs reprises, je suis devenu père de famille… Comme je le disais précédemment, après être resté un mois sans faire de moto en décembre 2024, ce titre ne semblait pas à ma portée mais j’ai toujours tout donné et au final, j’ai été récompensé. »

Cooper Webb Supercross 2025

L’expérience et sa détermination font de Cooper Webb, un des adversaires les plus redoutables © Math Brunner

Tu as décroché ton premier titre en 450 avec KTM et Roger De Coster. Que t’a apporté Roger ?

« Roger a été incroyable. Mes deux premières saisons en 450 avec Yamaha n’ont pas été très bonnes, Roger et KTM m’ont donné une chance et cela a payé de suite. Roger a toujours été derrière moi, il m’a mis en situation de donner le meilleur de moi-même et dès notre première saison ensemble, j’ai décroché le titre. Il a été d’une grande influence dans ma carrière, et nous avons conservé de bonnes relations. »

Tu as gagné tes titres 250 avec Star Racing. Revenir chez eux et gagner avec eux ce titre 450 a une belle valeur ?

« Oui, tout à fait. Cela a été encore plus spécial de gagner avec eux. Ils sont venus me signer alors que je n’étais qu’un amateur et gagner de nouveau avec eux et Yamaha, ce que je n’avais pas réussi à faire en passant en 450, était super. Je connais tout le monde chez Star Racing. C’est comme une seconde famille pour moi. J’étais bien aussi chez KTM, mais je suis entré chez Star Racing quand j’avais 17 ans et j’ai grandi avec eux, c’est différent. »

Les saisons US sont de plus en plus longues avec le SX, le MX et le Supermotocross. Ce n’est pas simple à gérer ?

« C’est de plus en plus dur. On voit que les pilotes ont de plus en plus de mal à faire des saisons complètes sans se blesser. Il y a beaucoup de courses, certaines pistes sont vraiment “sketchy” et ils devraient bosser sur le calendrier, avec un peu moins de courses, un peu plus de temps de répit mais on doit faire de notre mieux avec ce calendrier. »

Par chance pour nous, tu trouves le temps de venir à Paris pour le SX !

« Oui, cette course est définitivement différente des autres. J’aime venir à Paris, on est bien traité, ils prennent soin de nous et comme il n’y a pas de points pour le championnat, il n’y a pas de stress à venir rouler ici. Tu fais de ton mieux, c’est super bien organisé, les fans sont top, la piste est d’une taille similaire aux US, c’est la sixième fois que je viens ici et j’adore cette épreuve. »

Tu aimes voyager, découvrir de nouveaux pays, de nouvelles mentalités ?

« Oui. Voyager ne me dérange pas, voir de nouvelles choses, faire la connaissance de nouvelles personnes, prendre un bon café, bien manger, venir en Europe avec ma femme est toujours top ! » Tu vas devoir revenir l’an prochain à Ernée pour le Motocross des Nations ? « J’espère, vraiment. J’ai roulé là-bas aux Nations en 2015, on est passé pas loin de la victoire et ce serait un rêve qui deviendrait réalité que de porter de nouveau les couleurs US sur cette course en 2026. »

Cooper Webb Supercross 450

Cette plaque numéro 1 pourrait rester sur la Yamaha si la machine Webb est enclenchée © DR

Dans ta carrière, tu as eu beaucoup de succès en SX, moins en MX…

« C’est vrai, c’est plus compliqué. Je ne sais pas trop quoi dire. J’ai eu une blessure en cours de saison qui m’a obligé à quitter le championnat. J’ai une préférence pour le SX, mais j’espère que cet été prochain, je performerai un peu plus en MX. »

Je ne sais pas si tu suis le MXGP, mais voir Romain Febvre champion à 33 ans, cela te surprend ?

« Oui et non ! Ici aux US, on a Eli Tomac qui performe à 33 ans, et il y en a eu d’autres avant lui. C’est cool de voir Romain – on a roulé ensemble quelques GP, les Nations et Sugo en 2015 – remporter un titre à 33 ans, et cela n’est pas si surprenant. Le niveau de compétition est tellement élevé aujourd’hui que c’est impossible de toujours gagner. Tu as des hauts et des bas, des bonnes et des mauvaises saisons, et c’est tout cela qui fait que tu es encore plus motivé pour travailler et enchaîner les saisons ! »

Romain s’est battu contre Lucas Coenen (18 ans), et toi tu t’es battu contre Jett Lawrence (22 ans), c’est difficile de battre ces jeunes ?

« Jett est vraiment spécial et représente un tel talent, il est réellement difficile à battre, tout comme Chase. Hunter est un super pilote, dur à battre, mais tu sais que tu te bats contre l’un des tout meilleurs pilotes au monde. Mais il n’est pas le seul. Chaque année, le niveau de compétition augmente, que ce soit en termes de vitesse, de fitness ou de motos. Tu dois être au top chaque week-end. »

Une idée du futur ?

« J’aime ce que je fais, et je compte continuer tant que je serai compétitif. Mon contrat se termine fin 2026 mais j’espère bien rester là où je suis, avec Yamaha et Star Racing. On a quelques idées pour le futur… » 


Analyse


2026-02-13 02:24:04

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