Itw Jett Lawrence : « Je n’ai jamais pensé être invincible ! » ABONNÉ

Avant de se blesser, nous avions passé quelques minutes avec Jett Lawrence. Un entretien toujours intéressant entre 2025 et 2026. La star australienne est revenue sur ses blessures, sur les Nations aux US, son futur avec Honda ou encore sa vision de Deegan/Prado sans oublier l’argent dans sa vie. À lire ! 

 

Depuis tes débuts chez les pros, ton objectif est de gagner le plus d’argent et de battre les records, c’est toujours ce qui te motive ?

« Oui, c’est toujours le gros objectif. Mais je dois énormément travailler pour y arriver. Je veux vraiment m’améliorer chaque année, que ce soit sur la moto ou en dehors. Je dois travailler chaque année sur la moto et avec mon team pour être le meilleur pilote possible. Je déteste perdre. Ça m’a mis une claque l’an dernier sur la saison de Supercross, mais ça me motive encore plus pour revenir plus fort et gagner d’autres titres. Moi, la moto, le package… être le meilleur possible. (ndla avant de se blesser à nouveau avant la saison …) »

En fin de carrière, tu serais satisfait si tu faisais tomber les 7 titres de McGrath, les records outdoor de Carmichael ou les 72 wins de MC en SX ?

« Si ça se passe bien, je prendrai peut-être conscience que je marque l’histoire dans quelques années, donc je ne me projette pas trop vers la fin de ma carrière. Franchement, je serais content avec n’importe quel record battu. Si j’arrive à me hisser au niveau des pilotes que tu viens de citer, alors je serai fier de ma carrière. Je ne veux pas sortir de mon sport avec le sentiment d’avoir échoué. J’ai de très gros objectifs, mais même si je m’en approche, je serai content. Tu me parles des records de McGrath ou de Carmichael, mais avec l’arrivée du SMX, les championnats changent. On a moins de courses outdoor, donc ce n’est pas facile d’aller chercher le record de victoires de Carmichael. Mais on verra bien, on va déjà voir jusqu’où je peux aller. »

Jett Lawrence Supercross Honda 2025

Il faudra encore attendre un peu avant de revoir le numéro 18 en piste pour Jett Lawrence qui a seulement reposé le pied ce week-end © Math Brunner

Ta blessure au genou en 2025 était difficile à gérer et à digérer ?

« Oui, clairement. J’ai dû faire beaucoup plus de rééducation, de physio, de travail pour revenir à la normale. Et là encore, à l’heure où je te parle (ndla : décembre), ce n’est pas 100 %, je ne me sens pas encore comme avant et j’ai parfois un peu de douleur. Mais c’était un vrai challenge, un bon cap à passer. Ça m’a fait chier de regarder tout le Supercross depuis mon canapé, surtout en tant que champion sortant. Mais au moins, j’ai pu revenir pour l’outdoor et remettre Honda devant pour gagner. Je n’ai jamais pensé être invincible. Ce sport est hyper exigeant, tu n’as pas le droit à l’erreur. »

En début de saison 2025, Hunter et toi n’étiez pas contents des réglages de votre moto. Vous avez beaucoup bossé à l’entraînement pour gagner à nouveau. Tu es fier du travail accompli et de l’entraide avec ton frère ?

« Oui, vraiment. Je suis fier de mon frère, fier de l’équipe qui a bossé comme des acharnés pour qu’on soit à nouveau bien sur la moto. Je ne mâche pas mes mots. L’équipe s’est saignée pour nous. Ils ont fait des heures pas possibles. C’est cool d’avoir retrouvé des réglages moteur, châssis et suspensions qui nous permettent de gagner. Mais surtout de gagner en se sentant en sécurité sur la moto. »

En 2024, tu m’avais dit que gagner les Nations en Angleterre, c’était un des plus gros moments de ta carrière. Et aux USA ?

« C’est encore plus énorme. Ce n’était pas seulement gagner aux États-Unis, c’est monter sur la plus haute marche du podium avec une marge de dingue. En Angleterre, c’était serré et à l’arrivée, on ne savait pas si c’était bon. À Ironman, on gagne avec 19 points. Refaire ça avec la même équipe, c’était juste incroyable. J’aurais aimé gagner la troisième course. Mais remonter troisième face aux meilleurs pilotes du monde, c’était quand même cool. J’étais surtout super content pour mon frère, de le voir faire le doublé. Il a été très bon. Je suis fier de son week-end. »

Quand on te regarde rouler, tu as l’air tout en contrôle avec une marge de sécurité. Mais aux Nations, on t’a vu faire des erreurs en piste. Tu étais à 100 % en fait ?

« Oui, j’étais à fond tout le week-end. C’est juste que le terrain s’est défoncé différemment de ce qu’on connaît en outdoor. Il y avait beaucoup plus de trous cassants, des pièges, des changements d’adhérence, et ça nous surprenait tout le temps. Je l’ai trouvé vraiment plus dur que pour le championnat outdoor. »

Jett Lawrence Supercross de paris 2025

Malgré ses blessures, Jett Lawrence n’a que 22 ans et a encore de belles saisons à venir © Math Brunner

On parle beaucoup d’une future rivalité avec Haiden Deegan. Ça t’impacte ou tu t’en fiches ?

« Honnêtement, je me concentre sur moi. Ce qu’il se passe autour, ce n’est pas mon problème. Si je roule comme je sais le faire, je n’ai aucun souci pour gagner. Je dois juste mettre tout bout à bout le jour J et ça se passera bien. »

Tu le trouves trop confiant en 450 ?

« Je ne sais pas et sincèrement, je n’y porte pas du tout attention, pour rester poli. Lui et son entourage, ça ressemble à un cirque sur les courses. Moi, je suis là pour gagner des courses et remporter le plus d’argent possible. »

Afin de bien gérer ton argent et garder les pieds sur terre, tu m’avais avoué avoir une carte bancaire avec un plafond de 2 000 dollars l’an dernier. Tu as augmenté ton plafond cette année ?

« Non, c’est toujours pareil. C’est court une carrière de motocross. Je ne vais pas gagner de l’argent comme ça éternellement. Je me limite volontairement. Mon conseiller financier et mes parents me fixent une somme à ne pas dépasser tous les mois. Ça m’aide à gérer mon argent pour après ma carrière, quand je serai en retraite. Ça m’aide à garder les pieds sur terre aussi. »

Jett Lawrence et Hunter Lawrence Honda 2025

Jett est le premier heureux de voir son frère gagner comme aux Nations et attend sa première victoire en SX US 450 ! © Math Brunner

Ton frère reste un adversaire comme un autre ?

«  On veut tous les deux gagner. Mais ce n’est pas un adversaire comme un autre. C’est sûr qu’on est parfois dans une situation complexe. J’ai envie de voir mon frère performer et gagner, mais au final, c’est moi qui l’en empêche. On a vécu une nouvelle situation à la SMX dans laquelle on a appris. Il n’y avait aucune tension entre nous. À la fin, terminer premier et deuxième de la SMX, c’est plutôt cool. »

Dans une précédente interview dans MX Magazine, Romain Febvre évoquait ta capacité à augmenter ton rythme en course, quand tu le décides, et sans faire d’erreurs. C’est une force chez toi ?

« Oui, c’est quelque chose que j’ai beaucoup travaillé. Je sais rester dans mes limites. Je sais exactement où je peux pousser plus fort si j’en ai besoin, à quel moment, et où je dois rester tranquille parce qu’il y a peu d’adhérence. Tout est une question de feeling : où tu peux aller vite, où tu ne peux pas. J’analyse beaucoup la piste dans les premiers tours et ensuite j’applique ce que je viens de dire. »

En parlant des pilotes européens, qu’as-tu pensé de la saison de Jorge Prado aux USA ? Tu as été surpris de sa contre-performance ?

« Ça a été une surprise un peu pour tout le monde. Je pense qu’il s’attendait à être très fort en outdoor, vu qu’en MXGP ils ne font que ça et s’entraînent tout le temps en motocross. Il devait penser que ça allait être facile. Mais ici, il ne faut surtout pas sous-estimer le niveau. Les pilotes devant roulent très vite et sont capables de le faire toute la manche. L’intensité n’est pas la même. En Europe, tu as plus de contrôle, de flow, alors qu’en outdoor, on sprinte à 100 % quasiment toute la manche de 35 minutes. L’intensité est plus élevée. On verra ce que ça donne pour lui avec la KTM, mais il va devoir travailler. »

Qu’est-ce qui pourrait te faire partir de chez Honda dans la suite de ta carrière ?

« Je ne vois aucune raison de partir. S’ils continuent à bien travailler, s’ils continuent à me donner une bonne moto tout en poussant aussi fort que moi dans l’investissement, alors oui, je continuerai avec eux. Les résultats continueront à venir. En revanche, si l’on sent un manque de performance de leur part, ma décision pourrait changer. Mais je sens que la dynamique va rester la même et tant mieux, car c’est comme une famille pour moi. Je vois mon futur avec Honda et je ne pense pas changer de couleur, mais rien n’est figé. »

 Quel rôle joue ta copine dans ta carrière ?

« Elle me rend plus heureux et ça va m’aider à rester longtemps dans ce sport. Elle, mon frère, ils me permettent de garder du fun dans tout ça. Elle a pu voir la Tour Eiffel, on s’est fait une journée de repos lundi pour visiter et tester quelques restos. J’ai de la chance d’être à ses côtés. »

C’est a deuxième saison gachée par une grosse pour Jett Lawrence © DR


Analyse


2026-02-13 02:11:39

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